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Une occasion ratée




Une occasion ratée
Oussama Ben Laden est mort. C’est un soulagement pour le monde entier et pour la majorité des musulmans. Depuis le 11-Septembre 2001, où des avions détournés par des membres d’Al-Qaïda ont percuté les deux tours jumelles du World Trade Center, coûtant la vie à près de 3 000 victimes – parmi elles, de nombreux musulmans, on l’oublie souvent –, le soupçon généralisé s’était abattu sur tous les enfants d’Ismaël.
Le terrorisme est en réalité une notion très éloignée de l’esprit de l’islam. Le Coran dit en substance que « quiconque enlève une vie, c’est comme s’il avait tué toute l’humanité ; et quiconque fait don de la vie, c’est comme s’il avait sauvé toute l’humanité ».
C’est toujours selon cet esprit qu’en 2004 feu Mansour Escudero, personnalité très influente de l’islam espagnol et responsable de la principale organisation musulmane d’Espagne, écrivit une fatwa de cinq pages très argumentée qui décréta : « Hors de l’islam Oussama Ben Laden, Al-Qaïda et tous ceux qui prétendent justifier le terrorisme en se fondant sur le Coran. » Une excommunication – très rare en islam – qui condamne sans appel le terrorisme.
Pour autant, la mort d’Oussama Ben Laden n’appelle pas à des réjouissances. Les conditions de sa découverte et de son exécution recèlent de nombreuses zones d’ombre. Son immersion en mer, prétendument en respect du rite islamique, est une farce politique de mauvais goût. Plutôt que de passer l’homme à la trappe, nous aurions souhaité que cet assassin et instigateur de mouvements terroristes puisse publiquement rendre des comptes devant la justice des hommes avant que de s’expliquer devant celle du Très-Haut.

Mohammed Colin le Dimanche 15 Mai 2011


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Edito

Le temps de la justice

Mohammed Colin - 18/11/2021
Par un hasard du calendrier, les commémorations des attentats du 11 septembre 2001 ont coïncidé avec le début du procès hors norme des attaques du 13 novembre 2015. Deux traumatismes provoqués par la même idéologie mortifère, le jihadisme, mais qui font appel à deux visions différentes pour répandre la justice. Si les profils et les modes d’actions changent avec le temps, le terrorisme islamiste s’inscrit dans le temps long en mettant au défi l’État de droit de nos sociétés. Chaque attentat coche à deux objectifs simultanés tels le fameux effet « kiss-cool ». Outre le fait de semer l’effroi auprès des populations conformément à la nature intrinsèque du terrorisme, le but est aussi de prendre en défaut nos systèmes démocratiques en les conduisant à renier leurs valeurs. La suspicion généralisée, la production de lois et de tribunaux d’exception sont des dommages qui font partie intégrante de leur stratégie. Le second effet serait donc une sorte de pousse à la faute qui soutiendrait l’idée que notre système démocratique n’est pas si vertueux qu’il n’y parait. C’est dans ce sens que la réponse va-t-en-guerre de Bush au Moyen-Orient après le 11-Septembre et son incapacité à traduire, 20 ans après, les inculpés devant un tribunal digne des standards de justice d’un État démocratique constituent de graves erreurs qui profitent aux jihadistes. En France, six ans après l’horreur du 13-Novembre, c’est une autre approche qui nous guide. Celle de la justice encadrée par notre État de droit. Face au déchaînement de violence qui a fait 131 morts, nous répondons par neuf mois d’un procès historique minutieusement préparé dans lequel sont jugés 20 accusés. Il représente une étape importante dans le processus de résilience des victimes directes mais aussi pour la communauté nationale. La captation vidéo entière du procès constituera un matériau d’importance pour la postérité. Une leçon pour les futures générations que le respect de l’Etat de droit doit demeurer notre boussole.