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Une occasion ratée




Une occasion ratée
Oussama Ben Laden est mort. C’est un soulagement pour le monde entier et pour la majorité des musulmans. Depuis le 11-Septembre 2001, où des avions détournés par des membres d’Al-Qaïda ont percuté les deux tours jumelles du World Trade Center, coûtant la vie à près de 3 000 victimes – parmi elles, de nombreux musulmans, on l’oublie souvent –, le soupçon généralisé s’était abattu sur tous les enfants d’Ismaël.
Le terrorisme est en réalité une notion très éloignée de l’esprit de l’islam. Le Coran dit en substance que « quiconque enlève une vie, c’est comme s’il avait tué toute l’humanité ; et quiconque fait don de la vie, c’est comme s’il avait sauvé toute l’humanité ».
C’est toujours selon cet esprit qu’en 2004 feu Mansour Escudero, personnalité très influente de l’islam espagnol et responsable de la principale organisation musulmane d’Espagne, écrivit une fatwa de cinq pages très argumentée qui décréta : « Hors de l’islam Oussama Ben Laden, Al-Qaïda et tous ceux qui prétendent justifier le terrorisme en se fondant sur le Coran. » Une excommunication – très rare en islam – qui condamne sans appel le terrorisme.
Pour autant, la mort d’Oussama Ben Laden n’appelle pas à des réjouissances. Les conditions de sa découverte et de son exécution recèlent de nombreuses zones d’ombre. Son immersion en mer, prétendument en respect du rite islamique, est une farce politique de mauvais goût. Plutôt que de passer l’homme à la trappe, nous aurions souhaité que cet assassin et instigateur de mouvements terroristes puisse publiquement rendre des comptes devant la justice des hommes avant que de s’expliquer devant celle du Très-Haut.

Mohammed Colin le Dimanche 15 Mai 2011


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Mohammed Colin - 28/06/2022
Dans ce numéro estival, nous abordons deux sujets d’importance qui n’ont strictement rien à voir l’un et l’autre : l’audiovisuel et le pèlerinage à La Mecque. Deux secteurs si éloignés, si différents, mais confrontés à la même problématique, celle de la transformation numérique de nos sociétés. Par le passé, la filière du pèlerinage était structurée par des intermédiaires. Dans l’organisation du hajj, les voyagistes captaient jusque-là la valeur, non sans défaillances pour certains sur la qualité et les engagements dus aux pèlerins. Saphirnews.com fut dès 2004 le premier site d’information à alerter sur ces dysfonctionnements. Des organisations se sont alors créées, œuvrant à éduquer les pèlerins sur leurs droits et les voyagistes sur leurs devoirs. Depuis peu, l’Arabie Saoudite a lancé sa plateforme numérique pour se lier directement aux pèlerins, suscitant de terribles inquiétudes chez les voyagistes, exclus de fait de la chaine de valeur. Ils n’ont pas manqué de se plaindre au nom des intérêts du pèlerin. Le plus comique, c’est que les griefs formulés sont les mêmes que ceux exprimés par les pèlerins à leur encontre en 2004. Dans le milieu du cinéma, le schéma est identique. Les plateformes de streaming, devenus aussi producteurs, ont accès directement au public et sont en mesure de se passer des exploitants de cinéma. Maintenant en position de faiblesse, ces derniers larmoient à leur tour sur le danger de la suprématie des « affreuses » plateformes avec, pour risque principal selon eux, de porter atteinte à la diversité du cinéma alors qu’eux-mêmes bloquaient la production de certains films pour éviter les publics ne consommant ni sodas ni pop-corn, dixit « les têtes à capuche ». Les séries type Lupin de Netflix et Oussekine de Disney+ nous démontrent l’inverse. Ceux qui ont largement profité des situations de rente auraient pu investir en créant des écosystèmes vertueux. Finalement, dans le business comme dans la foi, il y a divers degrés d’élévation. Il faut croire que celui qui domine chez les intermédiaires, c’est celui de la « foi du commerçant ». L’étage le plus bas.