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Une fenêtre pour le CFCM




Une fenêtre pour le CFCM
Le 20 juin, soit dix ans après Nicolas Sarkozy, le président de la République Emmanuel Macron honora de sa présence l’iftar du Conseil français du culte musulman(CFCM). Pas une simple visite protocolaire en coup de feu, mais une véritable rencontre où le président prit le temps d’échanger avec les convives, tout en acceptant les nombreuses demandes de selfies.
C’est dans cette ambiance chaleureuse que le président, dans un discours empreint de réalisme mais aussi de fermeté, a appelé les citoyens de confession musulmane à prendre leur part de responsabilité dans la formation des imams sur le sol français, la lutte contre le fanatisme et le repli identitaire, sans oublier une meilleure représentativité dans le processus électoral du CFCM.
En vérité, ce quinquennat est une véritable opportunité pour le CFCM. On peut y voir deux raisons. La première tient au fait que le CFCM est en face d’un exécutif qui ne fait pas du sujet « islam/musulmans » l’épouvantail pour éclipser les fâcheux sujets socio-économiques. La seconde tient au constat que l’ombre menaçante du Front national sur l’échiquier politique s’est quelque peu dissipée. La lepénisation des esprits s’est enrayée dans le face-à-face Macron/Le Pen lors du débat pour la présidentielle.
Le défi est cependant de taille pour Ahmet Ogras, le nouveau président du CFCM qui succède à Anouar Kbibech, l’homme qui a su donner de l’épaisseur à l’institution face aux terribles attentats qui ont touché notre pays. Car les obstacles propres au CFCM sont toujours là : absence de moyens financiers de l’organisme et présence de calculs politiques des fédérations à seulement deux ans des élections qui mettront, de fait, un terme à la présidence tournante.

Mohammed Colin le Jeudi 24 Août 2017


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Edito

Stop à la confusion

Mohammed Colin - 28/10/2019
Trente années de débats sur la laïcité qui semblent jamais n’en finir. Tel le serpent de mer, le voile alimente très régulièrement les débats dans les colonnes de nos journaux, sur nos écrans de télévision et nos dîners en ville. Pourtant, l’architecture de la laïcité repose sur deux principes simples rappelés très justement par le Premier ministre Edouard Philippe : « la liberté de croire ou de ne pas croire » et « la neutralité absolue des pouvoirs publics s’agissant de faits religieux ». Le reste ne serait que nuances d’interprétation et elles ont parfois tendance à faire dire tout et son contraire aux fameux principes cités plus haut. Ceux et celles qui, aujourd’hui, font valoir de nouvelles lois d’interdiction des signes religieux établissent délibérément des confusions sur le principe de séparation des Eglises et de l’Etat inscrit dans notre Constitution. Raison pour laquelle il est nécessaire de marteler que la laïcité est avant tout un principe de liberté, du culte et de la conscience pour chaque citoyen. Confondre l’Etat et ses fonctionnaires avec la société et les usagers des services publics, ce n’est plus possible. Ces confusions instrumentalisées à des fins politiques désignent le mouton noir : une femme (encore une femme) qui, en portant un voile, refuserait les règles du jeu commun. Faux si nous nous contentons de la simple lecture des deux principes. L’Etat autorise une maman voilée à accompagner ses enfants lors d’une sortie de classe, comme le stipule un arrêt du Conseil d’Etat en 2013. Le plus grave, c’est que ces confusions, qui entrainent de sempiternelles polémiques, produisent de la toxicité au sein de notre tissu social en dressant les gens les uns contre les autres et, au final, renforcent les éléments les plus archaïques au sein de notre société, c’est-à-dire les agents du communautarisme de tout bord, qu’ils soient d’extrême droite ou issus du rang des musulmans identitaires. Totalement contre-productif.