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Un passé qui devra passer




Un passé qui devra passer
Le 5 juillet prochain, les Algériens et les amis de l’Algérie fêteront le cinquantenaire de l’Algérie indépendante. C’est l’occasion pour Salamnews de dresser un bilan.
La guerre d’Algérie tient en effet une place encore très importante dans la mémoire collective de notre France contemporaine. Les événements dramatiques, qui ont ponctué cette difficile décolonisation, constituent des points de mémoire auxquels s’identifient tous les Franco-Maghrébins, qu’ils soient d’origine marocaine, tunisienne ou algérienne, sans oublier les pieds-noirs et les harkis.
C’est dire l’importance de cette tragédie historique, qui, il faut le reconnaître, selon l’expression d’Henry Rousso, est « un passé qui ne passe pas ». D’ailleurs, ce passé ne passe pas des deux côtés de la Méditerranée. Sur la rive nord, il y a les porteurs de valises et les rapatriés à perpétuité qui n’ont su se  parler ; et sur la rive sud, on y trouve tout un peuple prisonnier depuis 50 ans d’une nomenklatura ayant fondé sa légitimité sur un récit mythifié de la libération.
Le discours de Bouteflika du 8 mai dernier, que l’on qualifie d’adieu, prend ici tout son sens. C’est le passage de témoin et l’annonce d’une génération nouvelle : les enfants de l’indépendance qui arrivent au pouvoir. On peut se prêter à espérer une relation nouvelle entre la France et l’Algérie : moins obsessionnelle, moins affective ; osons le dire : plus adulte. Car l’avenir de la France et de l’Europe se joue avec le Maghreb. La réciproque est vraie aussi. L’une des clés de cet enjeu est le dépassement des guerres mémorielles pour que ce passé douloureux puisse enfin passer.

Mohammed Colin le Lundi 11 Juin 2012


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Edito

Le temps de la justice

Mohammed Colin - 18/11/2021
Par un hasard du calendrier, les commémorations des attentats du 11 septembre 2001 ont coïncidé avec le début du procès hors norme des attaques du 13 novembre 2015. Deux traumatismes provoqués par la même idéologie mortifère, le jihadisme, mais qui font appel à deux visions différentes pour répandre la justice. Si les profils et les modes d’actions changent avec le temps, le terrorisme islamiste s’inscrit dans le temps long en mettant au défi l’État de droit de nos sociétés. Chaque attentat coche à deux objectifs simultanés tels le fameux effet « kiss-cool ». Outre le fait de semer l’effroi auprès des populations conformément à la nature intrinsèque du terrorisme, le but est aussi de prendre en défaut nos systèmes démocratiques en les conduisant à renier leurs valeurs. La suspicion généralisée, la production de lois et de tribunaux d’exception sont des dommages qui font partie intégrante de leur stratégie. Le second effet serait donc une sorte de pousse à la faute qui soutiendrait l’idée que notre système démocratique n’est pas si vertueux qu’il n’y parait. C’est dans ce sens que la réponse va-t-en-guerre de Bush au Moyen-Orient après le 11-Septembre et son incapacité à traduire, 20 ans après, les inculpés devant un tribunal digne des standards de justice d’un État démocratique constituent de graves erreurs qui profitent aux jihadistes. En France, six ans après l’horreur du 13-Novembre, c’est une autre approche qui nous guide. Celle de la justice encadrée par notre État de droit. Face au déchaînement de violence qui a fait 131 morts, nous répondons par neuf mois d’un procès historique minutieusement préparé dans lequel sont jugés 20 accusés. Il représente une étape importante dans le processus de résilience des victimes directes mais aussi pour la communauté nationale. La captation vidéo entière du procès constituera un matériau d’importance pour la postérité. Une leçon pour les futures générations que le respect de l’Etat de droit doit demeurer notre boussole.