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Salamnews

Un coup de génie




La journée du lundi 15 juin 2015 qui a lancé l’instance de dialogue avec l’islam constitue un jalon de taille dans l’historiographie de l’islam de France. 

Il aura fallu beaucoup de conviction teintée d’idéal républicain et de courage face à la montée de tous les populismes qui vient renforcer les préjugés antimusulmans. 

En effet, la démagogie est désormais partout. Dans les discours électoralistes tenus par les candidats permanents mais aussi dans certains recoins de la muslimsphère où l’on prêche l’entre-soi musulman.

Alors, oui, l’instance de dialogue avec l’islam est une heureuse initiative. Elle est couronnée de succès pour une raison très simple : l’État, sous l’impulsion du ministre Bernard Cazeneuve, n’a pas cherché, contrairement à ses prédécesseurs, à s’ingérer dans la désignation des représentants musulmans dans l’optique de désigner un islam de France idéal à ses yeux. Au contraire, il a composé avec la réalité, avec les hommes et les femmes (encore insuffisamment représentées) qui font vivre au quotidien l’islam de France. Du plus libéral au plus fondamentaliste tant que la pratique prônée n’entrave pas les lois républicaines. C’est donc une forme de reconnaissance bienveillante à l’égard de ces acteurs en lien permanent avec les musulmans de France. 

C’est aussi la mise en oeuvre d’une laïcité inclusive dans la droite ligne de Jean Jaurès et d’Aristide Briand à l’origine de la loi de séparation des Églises et de l’État. Et c’est surtout un coup de génie qui a permis de légitimer à nouveau le CFCM tant décrié. L’institution, que l’on croyait expirée, est en bonne voie de survivre à ses hommes. 


Mohammed Colin le Lundi 13 Juillet 2015


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Edito

L’épreuve

Mohammed Colin - 24/04/2020
Lors des vœux de l’année 2020, aucun chef d’État n’aurait imaginé devoir faire face à une crise sanitaire hors norme et à une paralysie de l’économie mondiale du fait d’un simple micro-organisme. Pourtant, tel est le scénario, digne d’un film catastrophe, qui se produit sous nos yeux en raison du Covid-19. Pourtant, des alertes ont été lancées ces dernières années. En 2015, Bill Gates disait, au cours d’une conférence TED, que l’origine d’une possible catastrophe mondiale ne serait pas nucléaire mais biologique, provoquée par un virus hautement contagieux. Plus tôt encore, la CIA avait pointé, dans un rapport prospectif publié en 2009, le danger d’une pandémie mondiale décrite en ces termes : « L’apparition d’une nouvelle maladie respiratoire humaine virulente, extrêmement contagieuse, pour laquelle il n’existe pas de traitement adéquat. » A l’heure du Covid-19, ces mises en garde apparaissent comme des prophéties, qui sont d’ailleurs très bien exploitées par les complotistes de tous bords. Mais dans un contexte où les principales menaces étaient incarnées par le terrorisme islamiste et la prolifération des armes nucléaires, la mise en garde ne fut absolument pas considérée. Impréparés, les Etats et les populations s’adaptent comme ils peuvent à cette nouvelle réalité. Même les religions, caractérisées par des rituels immuables, ont dû tenir compte du nouveau coronavirus. Nul n’oubliera de sitôt les images impressionnantes de la Mosquée sacrée de La Mecque totalement...