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Trois décennies de marche




Trois décennies de marche
Chères lectrices, chers lecteurs, à l’occasion des 30 ans de la Marche pour l’égalité et contre le racisme, nous avons le plaisir de vous présenter ce 1er hors-série de Salamnews. Cet événement qui a marqué l’Histoire contemporaine de la France se devait d’être au coeur de notre actualité tant les enjeux ont été déterminants pour les Français issus de l’immigration. Cette Marche, au départ de Marseille, à la fin de l’année 1983, qui a duré plusieurs semaines et s’est terminée par un défilé de 100 000 personnes à Paris, a mis sur le devant de la scène une nouvelle génération, les enfants des travailleurs immigrés. Jusqu’à cet événement, cette génération demeurait invisible, souvent confondue avec celle de leurs parents. Et ce, malgré leur scolarisation et leur socialisation en France. Ce sera la première génération à être confrontée au chômage de masse alors que les parents avaient vécu l’eldorado du plein-emploi…
Le racisme (comme les ratonnades), la double culture faisant que l’on est entre deux chaises sans trouver de fauteuil où s’asseoir…
Cette Marche est aussi un cas 
d’école de la meilleure récupération politique réalisée par une frange du Parti socialiste de l’époque : récupérer le mouvement antiraciste et le placer sous contrôle d’un côté, souffler sur les braises du Front national de l’autre… La Marche n’a donc pas triomphé. Contrairement à une autre Marche, celle de 1963 conduite par Martin Luther King à Washington, qui a su si bien inspirer le père Christian Delorme et le pasteur Jean Costil. Si le bilan n’est pas autant positif que celle d’outre-Atlantique, la Marche française a cependant la même portée symbolique dans notre mémoire collective. Trente ans plus tard, se la remémorer – pour mieux construire l’avenir – nous paraît indispensable.

Mohammed Colin le Mardi 3 Décembre 2013


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Edito

Le temps de la justice

Mohammed Colin - 18/11/2021
Par un hasard du calendrier, les commémorations des attentats du 11 septembre 2001 ont coïncidé avec le début du procès hors norme des attaques du 13 novembre 2015. Deux traumatismes provoqués par la même idéologie mortifère, le jihadisme, mais qui font appel à deux visions différentes pour répandre la justice. Si les profils et les modes d’actions changent avec le temps, le terrorisme islamiste s’inscrit dans le temps long en mettant au défi l’État de droit de nos sociétés. Chaque attentat coche à deux objectifs simultanés tels le fameux effet « kiss-cool ». Outre le fait de semer l’effroi auprès des populations conformément à la nature intrinsèque du terrorisme, le but est aussi de prendre en défaut nos systèmes démocratiques en les conduisant à renier leurs valeurs. La suspicion généralisée, la production de lois et de tribunaux d’exception sont des dommages qui font partie intégrante de leur stratégie. Le second effet serait donc une sorte de pousse à la faute qui soutiendrait l’idée que notre système démocratique n’est pas si vertueux qu’il n’y parait. C’est dans ce sens que la réponse va-t-en-guerre de Bush au Moyen-Orient après le 11-Septembre et son incapacité à traduire, 20 ans après, les inculpés devant un tribunal digne des standards de justice d’un État démocratique constituent de graves erreurs qui profitent aux jihadistes. En France, six ans après l’horreur du 13-Novembre, c’est une autre approche qui nous guide. Celle de la justice encadrée par notre État de droit. Face au déchaînement de violence qui a fait 131 morts, nous répondons par neuf mois d’un procès historique minutieusement préparé dans lequel sont jugés 20 accusés. Il représente une étape importante dans le processus de résilience des victimes directes mais aussi pour la communauté nationale. La captation vidéo entière du procès constituera un matériau d’importance pour la postérité. Une leçon pour les futures générations que le respect de l’Etat de droit doit demeurer notre boussole.