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Recette




Recette
Nous vivons dans un monde globalisé. Pour s’en convaincre, il suffit de voir en France comment les populations – et pas seulement les élites – suivent avec un intérêt croissant les élections de nos voisins européens. Même les tweets de Trump sont suivis et commentés. Pourtant, c’est l’isolationnisme qui emporte les suffrages aux élections alors que les peuples n’ont jamais été aussi interdépendants.
Car il s’agit bien là de dynamiques de fond : interconnexion de personnes de cultures différentes grâce aux technologies de l’information et de la communication ; migrations de masse comme phénomène durable ; stratégies d’entreprises emportées par la révolution numérique qui poussent les startups à penser « monde ». Mais il y a un puissant déni de réalité de la part des électeurs travaillés par les populismes.
En France, les leaders politiques dénués de vision positive face aux changements de notre monde usent de vieilles recettes, en brandissant un « danger communautaire islamique » pour divertir et égarer les électeurs. Fillon devra à nouveau se servir de cette recette pour se hisser dans les sondages.
La mise en scène d’une prétendue menace de l’intérieur évite de s’attarder sur les enjeux extérieurs. La supercherie devient grotesque lorsque l’on voit dans le même temps des candidats qui, eux, semblent porter une vision optimiste et tournée vers la jeunesse. C’est très significatif chez Hamon et Macron, dont les propositions sont certes éloignées mais ont en commun d’essayer de tirer avantage des changements qui caractérisent notre époque. Comme par enchantement, les musulmans ne sont plus au centre des discours politiques de ces deux candidats à la présidentielle. Les musulmans de France leur en savent gré.

Mohammed Colin le Lundi 20 Février 2017


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Edito

Stop à la confusion

Mohammed Colin - 28/10/2019
Trente années de débats sur la laïcité qui semblent jamais n’en finir. Tel le serpent de mer, le voile alimente très régulièrement les débats dans les colonnes de nos journaux, sur nos écrans de télévision et nos dîners en ville. Pourtant, l’architecture de la laïcité repose sur deux principes simples rappelés très justement par le Premier ministre Edouard Philippe : « la liberté de croire ou de ne pas croire » et « la neutralité absolue des pouvoirs publics s’agissant de faits religieux ». Le reste ne serait que nuances d’interprétation et elles ont parfois tendance à faire dire tout et son contraire aux fameux principes cités plus haut. Ceux et celles qui, aujourd’hui, font valoir de nouvelles lois d’interdiction des signes religieux établissent délibérément des confusions sur le principe de séparation des Eglises et de l’Etat inscrit dans notre Constitution. Raison pour laquelle il est nécessaire de marteler que la laïcité est avant tout un principe de liberté, du culte et de la conscience pour chaque citoyen. Confondre l’Etat et ses fonctionnaires avec la société et les usagers des services publics, ce n’est plus possible. Ces confusions instrumentalisées à des fins politiques désignent le mouton noir : une femme (encore une femme) qui, en portant un voile, refuserait les règles du jeu commun. Faux si nous nous contentons de la simple lecture des deux principes. L’Etat autorise une maman voilée à accompagner ses enfants lors d’une sortie de classe, comme le stipule un arrêt du Conseil d’Etat en 2013. Le plus grave, c’est que ces confusions, qui entrainent de sempiternelles polémiques, produisent de la toxicité au sein de notre tissu social en dressant les gens les uns contre les autres et, au final, renforcent les éléments les plus archaïques au sein de notre société, c’est-à-dire les agents du communautarisme de tout bord, qu’ils soient d’extrême droite ou issus du rang des musulmans identitaires. Totalement contre-productif.