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Rebelote




Rebelote
Un navet d’à peine 14 min posté sur YouTube aura une nouvelle fois, comme en 2005 avec « les caricatures de Mahomet », projeté les musulmans sur le devant de la scène médiatique mondiale. Évidemment, tout ce bruit et toute cette fureur ne sont pas dénués de fondements. Les caricatures, par le dessin ou par la vidéo, de la figure sacrée du Prophète de l’islam n’ont d’autre objectif que d’offenser les croyants musulmans et de provoquer des manifestations à répétition dans les pays arabo-musulmans.

 De provocation en provocation, les musulmans de par le monde ne seraient donc condamnés à réagir et à se faire entendre que par l’émotion et le chaos, quitte à entraîner la mort. Et, de toute évidence, en totale contradiction avec l’attitude même du Prophète de l’islam, que les biographes qualifient endurante et patiente envers les offenses de ses contemporains. Face à cette poussée de fièvre, certains esprits chagrins font déjà le procès du Printemps arabe,  regrettant le temps des dictatures. Qui a dit que le chemin qui sépare les régimes autoritaires des démocraties serait pavé de roses ?
 
Outre les masses populaires excédées par les difficultés socio-économiques des pays arabo-musulmans en transition et Charlie Hebdo préoccupé par des besoins de trésorerie, notons que cette vaste supercherie n’a trompé personne. Hillary Clinton a très vite dénoncé le caractère écoeurant de cette vidéo anti-islam. 

En France, les quelques pieds nickelés à manifester devant l’ambassade des États-Unis n’auront intéressé que les médias à court de sujet sensationnaliste. Retenons simplement l’attitude responsable et le discernement dont ont fait preuve les musulmans de France dans leur écrasante majorité. Voilà une attitude digne et républicaine.

Mohammed Colin le Samedi 15 Septembre 2012


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Edito

Le temps de la justice

Mohammed Colin - 18/11/2021
Par un hasard du calendrier, les commémorations des attentats du 11 septembre 2001 ont coïncidé avec le début du procès hors norme des attaques du 13 novembre 2015. Deux traumatismes provoqués par la même idéologie mortifère, le jihadisme, mais qui font appel à deux visions différentes pour répandre la justice. Si les profils et les modes d’actions changent avec le temps, le terrorisme islamiste s’inscrit dans le temps long en mettant au défi l’État de droit de nos sociétés. Chaque attentat coche à deux objectifs simultanés tels le fameux effet « kiss-cool ». Outre le fait de semer l’effroi auprès des populations conformément à la nature intrinsèque du terrorisme, le but est aussi de prendre en défaut nos systèmes démocratiques en les conduisant à renier leurs valeurs. La suspicion généralisée, la production de lois et de tribunaux d’exception sont des dommages qui font partie intégrante de leur stratégie. Le second effet serait donc une sorte de pousse à la faute qui soutiendrait l’idée que notre système démocratique n’est pas si vertueux qu’il n’y parait. C’est dans ce sens que la réponse va-t-en-guerre de Bush au Moyen-Orient après le 11-Septembre et son incapacité à traduire, 20 ans après, les inculpés devant un tribunal digne des standards de justice d’un État démocratique constituent de graves erreurs qui profitent aux jihadistes. En France, six ans après l’horreur du 13-Novembre, c’est une autre approche qui nous guide. Celle de la justice encadrée par notre État de droit. Face au déchaînement de violence qui a fait 131 morts, nous répondons par neuf mois d’un procès historique minutieusement préparé dans lequel sont jugés 20 accusés. Il représente une étape importante dans le processus de résilience des victimes directes mais aussi pour la communauté nationale. La captation vidéo entière du procès constituera un matériau d’importance pour la postérité. Une leçon pour les futures générations que le respect de l’Etat de droit doit demeurer notre boussole.