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Qui pour représenter les musulmans en France ?



Emission "LE TÉLÉPHONE SONNE" du mercredi 11 février 2015 sur France Inter


Douze ans après la création du Conseil français du culte musulman, François Hollande a pointé la semaine dernière toutes les questions non résolues, et que le CFCM aujourd’hui, avec l’Etat doit urgemment affronter.

 

L’idée, en 2003 était qu’en organisant le culte musulman, naitrait peu à peu un islam de France. Un islam de France évidemment entièrement compatible avec les valeurs de la république française. Mais l’idée aussi, sous-jacente, était qu’au-delà de l’organisation du culte, cette instance pourrait à terme représenter tous les musulmans de France, comme s’ils n’étaient qu’un bloc, d’un seul islam,  croyants et non croyants.

 

Espoirs déçus donc… le CFCM n’a certes pas transigé avec les valeurs de la république, mais il n’a pas su faire émerger un islam hexagonal. faute de volonté sans doute, faute de moyens aussi, il reste aujourd’hui largement sous influence de pays extérieurs. Incapable de former des imams « républicains », il s’est également coupé peu à peu du terrain, mais aussi des nouvelles générations. Des jeunes générations de musulmans qui aujourd’hui cherchent parfois plus facilement des réponses sur internet et sur les réseaux sociaux qu’à la mosquée en bas de chez eux.


Alors, de qui aujourd’hui, le CFCM est il la voix ? Qui représente-t-il ? Comment peut-il et doit-il se réformer pour mieux organiser tout ce qui relève du culte? A-t-il vocation à faire plus ?

 

Invités :

Bernard Godard, ancien chargé de mission au Bureau central des cultes du ministère de l'Intérieur. Il a participé à la création du CFCM.

Mourad Latrech, co-fondateur de Saphirnews.com et de Salamnews, le premier mensuel gratuit des cultures musulmanes

 

En duplex d’Avignon : Mohammed Moussaoui, Président d'honneur du CFCM et Président de l'Union des Mosquées de France (UMF) 



par Hélène Jouan le Jeudi 12 Février 2015


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Edito

Une drôle de campagne

Mohammed Colin - 24/03/2022
On se souvient de la mise en garde d’Emmanuel Macron adressée en 2017 à Vladimir Poutine contre les actions russes de déstabilisation des élections françaises. Seulement 15 jours après son entrée en fonction à l’Élysée, Macron avait invité le président russe au château de Versailles sous le prétexte d’une exposition consacrée à Pierre le Grand afin d’amorcer une forme de détente tout en y abordant les sujets qui fâchent dont l’ingérence russe, la Syrie et l’Ukraine. Cinq ans plus tard, c’est encore la Russie qui vient semer la zizanie dans la campagne présidentielle, non pas cette fois-ci, sauf révélation ultérieure, par des « organes d’influence » et des cyberattaques mais par la guerre sur un Vieux continent marqué par les affres de deux guerres mondiales. Mais avant que la guerre en Ukraine ne vienne « percuter notre vie démocratique et la campagne électorale » selon les mots du chef de l’État, on voyait bien que depuis des mois, dans le contexte de crise sanitaire, la campagne était embourbée. De nombreux sondages montrent le désintérêt des Français. La présidentielle arrive seulement en 5e position des sujets abordés par les Français avec leurs proches, à domicile ou au travail ; une chute de 26 points par rapport à 2017 où l’on se remémore très bien les grands thèmes débattus comme la moralisation de la vie politique, le pouvoir d’achat, le Frexit. Là, rien ne semble imprimer dans l’opinion publique, pas même les propositions d’Eric Zemmour. Il aura peut-être fallu la guerre et son cortège de folies pour réveiller les Français et la vieille Europe. Ce qui est sûr, c’est que le prochain président français devra avoir le cuir suffisamment épais pour faire face aux brutalités croissantes de cette nouvelle époque.