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Perturbations 2




« J’AI PAS MAL HÉSITÉ À VOUS ÉCRIRE, MAIS JE ME SENS MAL et j’ai besoin d’un avis extérieur.

Deux amis de ma cité évoluent d’une façon bizarre : quand  on est en groupe, ils donnent des leçons de bon comportement, nous reprochent d’écouter certaines musiques, ont des avis sur tout et s’abritent derrière une attitude supérieure, sûrs qu’ils sont dans le vrai. Seulement, quand je les vois dans l’intimité, je m’aperçois qu’ils ne font pas ce qu’ils disent. Cela me choque et  j’aimerai leur parler, mais j’ai peur des représailles. Que feriez-vous ? »

Habib, 23 ans
 
 

Chams en Nour

À votre place, je me tairais. Je ne suis pas sûre qu’ils soient disposés à écouter un autre avis et être mis devant la réalité : ce sont des hypocrites. Une attitude
que le vrai islam ne peut tolérer. Il leur reste du chemin à faire, cela s’appelle le grand jihâd, comme vous le savez certainement, c’est-à-dire travailler sur ses défauts et apprendre à se connaître pour évoluer, améliorer son comportement, lutter contre les tendances tyranniques du moi : l’envie, la jalousie, le mensonge, les pulsions non maîtrisées.
 
Un sage a dit à ce propos : « Le recueillement de l’extérieur accompagné de la perversion du coeur ne génère que l’ostentation. » Le fait que vous vous sentiez mal à cause de cela prouve que votre âme a soif de sincérité. C’est vous qui êtes dans le vrai. 

Chams en Nour, psychanalyste le Lundi 1 Octobre 2012


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Edito

Une drôle de campagne

Mohammed Colin - 24/03/2022
On se souvient de la mise en garde d’Emmanuel Macron adressée en 2017 à Vladimir Poutine contre les actions russes de déstabilisation des élections françaises. Seulement 15 jours après son entrée en fonction à l’Élysée, Macron avait invité le président russe au château de Versailles sous le prétexte d’une exposition consacrée à Pierre le Grand afin d’amorcer une forme de détente tout en y abordant les sujets qui fâchent dont l’ingérence russe, la Syrie et l’Ukraine. Cinq ans plus tard, c’est encore la Russie qui vient semer la zizanie dans la campagne présidentielle, non pas cette fois-ci, sauf révélation ultérieure, par des « organes d’influence » et des cyberattaques mais par la guerre sur un Vieux continent marqué par les affres de deux guerres mondiales. Mais avant que la guerre en Ukraine ne vienne « percuter notre vie démocratique et la campagne électorale » selon les mots du chef de l’État, on voyait bien que depuis des mois, dans le contexte de crise sanitaire, la campagne était embourbée. De nombreux sondages montrent le désintérêt des Français. La présidentielle arrive seulement en 5e position des sujets abordés par les Français avec leurs proches, à domicile ou au travail ; une chute de 26 points par rapport à 2017 où l’on se remémore très bien les grands thèmes débattus comme la moralisation de la vie politique, le pouvoir d’achat, le Frexit. Là, rien ne semble imprimer dans l’opinion publique, pas même les propositions d’Eric Zemmour. Il aura peut-être fallu la guerre et son cortège de folies pour réveiller les Français et la vieille Europe. Ce qui est sûr, c’est que le prochain président français devra avoir le cuir suffisamment épais pour faire face aux brutalités croissantes de cette nouvelle époque.