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Paroles incantatoires




Paroles incantatoires
La harira qui mélange le vote des étrangers, la viande halal, les horaires de piscine n’attire plus grand monde. Car, depuis 2007, elle a eu le temps de bien se refroidir et même, à vrai dire, de se putréfier. Ce n’est désormais plus le bon agenda.

Le discours de Nicolas Sarkozy à Bordeaux l’atteste une nouvelle fois. Nos concitoyens, comme tous les sondages l’indiquent, sont désormais plus que jamais préoccupés par les questions socioéconomiques. Et, au fond, ils savent bien que la baisse du pouvoir d’achat, y compris le déclassement social, n’est en rien due aux travailleurs étrangers qui, le plus souvent, occupent un boulot si harassant que très peu de citoyens nationaux lorgneraient dessus. L’événement que représente la crise financière de 2008 leur a, en quelque sorte, ouvert les yeux.

Pourtant, au grand dam de Sarkozy, Marine Le Pen continue de séduire un bon paquet de voix avec son discours antiimmigrés, antimusulmans, alors que les Français ‒ répétons-le ‒ n’y voient pas là le principal de leurs soucis. Mais, en l’absence de programme politique chez les principaux partis, capable de susciter un enthousiasme populaire, les uns et les autres raisonnent désormais par la négative, avec une touche d’irrationalité. Le sujet de l’immigration apparaît donc comme une solution incantatoire que seul le Front national peut se limiter à prononcer.

 Les autres partis politiques devront, eux, convaincre sur les sujets éminemment liés à l’emploi, à l’habitat, au pouvoir d’achat. Le halal, dans tout cela, ne pèse que très peu de chose tant au sein des filières de distribution – contrairement aux propos de Le Pen – que dans les inquiétudes des Français. 


Mohammed Colin le Mercredi 7 Mars 2012


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Edito

Le temps de la justice

Mohammed Colin - 18/11/2021
Par un hasard du calendrier, les commémorations des attentats du 11 septembre 2001 ont coïncidé avec le début du procès hors norme des attaques du 13 novembre 2015. Deux traumatismes provoqués par la même idéologie mortifère, le jihadisme, mais qui font appel à deux visions différentes pour répandre la justice. Si les profils et les modes d’actions changent avec le temps, le terrorisme islamiste s’inscrit dans le temps long en mettant au défi l’État de droit de nos sociétés. Chaque attentat coche à deux objectifs simultanés tels le fameux effet « kiss-cool ». Outre le fait de semer l’effroi auprès des populations conformément à la nature intrinsèque du terrorisme, le but est aussi de prendre en défaut nos systèmes démocratiques en les conduisant à renier leurs valeurs. La suspicion généralisée, la production de lois et de tribunaux d’exception sont des dommages qui font partie intégrante de leur stratégie. Le second effet serait donc une sorte de pousse à la faute qui soutiendrait l’idée que notre système démocratique n’est pas si vertueux qu’il n’y parait. C’est dans ce sens que la réponse va-t-en-guerre de Bush au Moyen-Orient après le 11-Septembre et son incapacité à traduire, 20 ans après, les inculpés devant un tribunal digne des standards de justice d’un État démocratique constituent de graves erreurs qui profitent aux jihadistes. En France, six ans après l’horreur du 13-Novembre, c’est une autre approche qui nous guide. Celle de la justice encadrée par notre État de droit. Face au déchaînement de violence qui a fait 131 morts, nous répondons par neuf mois d’un procès historique minutieusement préparé dans lequel sont jugés 20 accusés. Il représente une étape importante dans le processus de résilience des victimes directes mais aussi pour la communauté nationale. La captation vidéo entière du procès constituera un matériau d’importance pour la postérité. Une leçon pour les futures générations que le respect de l’Etat de droit doit demeurer notre boussole.