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Noblesse d’État




Noblesse d’État
L’Assemblée nationale s’est largement féminisée. Ce sont 150 femmes qui siègent au Palais Bourbon. Elles n’étaient que 107 dans la précédente assemblée. Même si nous n’avons pas atteint la parité, le progrès est bien présent. Nous constatons aussi un progrès notable du côté de la représentation des minorités visibles. 11 candidats d’origine extra-européenne et ultramarins ont été élus députés. Certes, c’est un record historique mais il ne constitue pas un véritable tournant. Il ne faut pas oublier que ces élus ne constituent que le frontoffice, la vitrine politique, mais que le back-office, c’est-à-dire les hauts cadres des cabinets présidentiel et ministériels, les microprocesseurs de l’exécutif où transitent, voire s’élaborent, les grandes décisions de notre pays, manque cruellement de diversité : pas assez de femmes, de responsables issus des milieux populaires, de personnes issues des minorités visibles ; en revanche, une surreprésentation du mâle blanc quinquagénaire issu des milieux aisés et des grandes écoles.
 
La gauche revenue au pouvoir avec des intentions louables n’aura donc pas échappé au recrutement de la « noblesse d’État ». Cette lenteur à réduire le décalage dans la représentation des élus nationaux et le peuple s’explique par les mécanismes d’autoreproduction sociale, où s’exercent les solidarités de formation, de corps et de réseaux.
 
Pour mettre en phase le peuple et les élites, c’est sur un double front que le gouvernement devra prendre des mesures. Il passe par un plus large accès des
classes populaires aux grandes écoles et par le renouvellement du corps des élus en limitant le temps et le cumul des mandats politiques pour faciliter l’arrivée de nouveaux visages et de nouvelles idées.

Mohammed Colin le Jeudi 19 Juillet 2012


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Edito

Le temps de la justice

Mohammed Colin - 18/11/2021
Par un hasard du calendrier, les commémorations des attentats du 11 septembre 2001 ont coïncidé avec le début du procès hors norme des attaques du 13 novembre 2015. Deux traumatismes provoqués par la même idéologie mortifère, le jihadisme, mais qui font appel à deux visions différentes pour répandre la justice. Si les profils et les modes d’actions changent avec le temps, le terrorisme islamiste s’inscrit dans le temps long en mettant au défi l’État de droit de nos sociétés. Chaque attentat coche à deux objectifs simultanés tels le fameux effet « kiss-cool ». Outre le fait de semer l’effroi auprès des populations conformément à la nature intrinsèque du terrorisme, le but est aussi de prendre en défaut nos systèmes démocratiques en les conduisant à renier leurs valeurs. La suspicion généralisée, la production de lois et de tribunaux d’exception sont des dommages qui font partie intégrante de leur stratégie. Le second effet serait donc une sorte de pousse à la faute qui soutiendrait l’idée que notre système démocratique n’est pas si vertueux qu’il n’y parait. C’est dans ce sens que la réponse va-t-en-guerre de Bush au Moyen-Orient après le 11-Septembre et son incapacité à traduire, 20 ans après, les inculpés devant un tribunal digne des standards de justice d’un État démocratique constituent de graves erreurs qui profitent aux jihadistes. En France, six ans après l’horreur du 13-Novembre, c’est une autre approche qui nous guide. Celle de la justice encadrée par notre État de droit. Face au déchaînement de violence qui a fait 131 morts, nous répondons par neuf mois d’un procès historique minutieusement préparé dans lequel sont jugés 20 accusés. Il représente une étape importante dans le processus de résilience des victimes directes mais aussi pour la communauté nationale. La captation vidéo entière du procès constituera un matériau d’importance pour la postérité. Une leçon pour les futures générations que le respect de l’Etat de droit doit demeurer notre boussole.