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Misère du monde, notre part




Comme souvent, il aura fallu la photo choc, celle qui figera toutes les émotions d’une situation dramatique pour faire basculer l’opinion publique. Ce fut, hélas, l’image d’un corps sans vie d’un petit garçon rejeté par la mer qui est venue de plein fouet percuter nos esprits confortablement installés devant nos multitudes d’écrans. Avant cela, l’opinion publique européenne ne voulait ni voir ni entendre.

Le peuple de France a compris qu’il devait prendre sa partface à cet exode le plus important depuis la Seconde Guerre mondiale. La France a su naguère intégrer 120 000 réfugiés arméniens et plus de 400 000 réfugiés républicains espagnols, alors qu’elle comptait 41 millions d’habitants en 1939.

Mais nous faisons face à un débat byzantin sur le statut des migrants, incongru au regard de l’urgence du drame humain. L’on voudrait distinguer les migrants économiques qui ont saisi l’opportunité de fuir la misère et les migrants politiques qui ont voulu échapper aux pires atrocités des pouvoirs en place. Bagatelle !


Les mosquées de France, tout comme les églises, ont manifesté leur solidarité et le souhait d’accueillir les réfugiés, quels qu’ils soient.

Mais nous ne pouvons sous-estimer leurs difficultés car elles butent sur ce statut des migrants pour des raisons de sécurité. Beaucoup de ces hommes et de ces femmes en attente du droit d’asile n’ont parfois pas de papiers qui puissent attester de leur identité et sont dans un état de précarité le plus extrême. Les responsables de mosquée savent que si quelque chose de malencontreux arrivait, on ne leur pardonnerait rien et ils seraient alors cloués au pilori par l’opinion publique. Leur marge d’action solidaire s’en trouve limitée et nécessite un encadrement des autorités.


Mohammed Colin le Vendredi 2 Octobre 2015


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Edito

L’arroseur arrosé !

Mohammed Colin - 28/06/2022
Dans ce numéro estival, nous abordons deux sujets d’importance qui n’ont strictement rien à voir l’un et l’autre : l’audiovisuel et le pèlerinage à La Mecque. Deux secteurs si éloignés, si différents, mais confrontés à la même problématique, celle de la transformation numérique de nos sociétés. Par le passé, la filière du pèlerinage était structurée par des intermédiaires. Dans l’organisation du hajj, les voyagistes captaient jusque-là la valeur, non sans défaillances pour certains sur la qualité et les engagements dus aux pèlerins. Saphirnews.com fut dès 2004 le premier site d’information à alerter sur ces dysfonctionnements. Des organisations se sont alors créées, œuvrant à éduquer les pèlerins sur leurs droits et les voyagistes sur leurs devoirs. Depuis peu, l’Arabie Saoudite a lancé sa plateforme numérique pour se lier directement aux pèlerins, suscitant de terribles inquiétudes chez les voyagistes, exclus de fait de la chaine de valeur. Ils n’ont pas manqué de se plaindre au nom des intérêts du pèlerin. Le plus comique, c’est que les griefs formulés sont les mêmes que ceux exprimés par les pèlerins à leur encontre en 2004. Dans le milieu du cinéma, le schéma est identique. Les plateformes de streaming, devenus aussi producteurs, ont accès directement au public et sont en mesure de se passer des exploitants de cinéma. Maintenant en position de faiblesse, ces derniers larmoient à leur tour sur le danger de la suprématie des « affreuses » plateformes avec, pour risque principal selon eux, de porter atteinte à la diversité du cinéma alors qu’eux-mêmes bloquaient la production de certains films pour éviter les publics ne consommant ni sodas ni pop-corn, dixit « les têtes à capuche ». Les séries type Lupin de Netflix et Oussekine de Disney+ nous démontrent l’inverse. Ceux qui ont largement profité des situations de rente auraient pu investir en créant des écosystèmes vertueux. Finalement, dans le business comme dans la foi, il y a divers degrés d’élévation. Il faut croire que celui qui domine chez les intermédiaires, c’est celui de la « foi du commerçant ». L’étage le plus bas.