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Misère du monde, notre part




Comme souvent, il aura fallu la photo choc, celle qui figera toutes les émotions d’une situation dramatique pour faire basculer l’opinion publique. Ce fut, hélas, l’image d’un corps sans vie d’un petit garçon rejeté par la mer qui est venue de plein fouet percuter nos esprits confortablement installés devant nos multitudes d’écrans. Avant cela, l’opinion publique européenne ne voulait ni voir ni entendre.

Le peuple de France a compris qu’il devait prendre sa partface à cet exode le plus important depuis la Seconde Guerre mondiale. La France a su naguère intégrer 120 000 réfugiés arméniens et plus de 400 000 réfugiés républicains espagnols, alors qu’elle comptait 41 millions d’habitants en 1939.

Mais nous faisons face à un débat byzantin sur le statut des migrants, incongru au regard de l’urgence du drame humain. L’on voudrait distinguer les migrants économiques qui ont saisi l’opportunité de fuir la misère et les migrants politiques qui ont voulu échapper aux pires atrocités des pouvoirs en place. Bagatelle !


Les mosquées de France, tout comme les églises, ont manifesté leur solidarité et le souhait d’accueillir les réfugiés, quels qu’ils soient.

Mais nous ne pouvons sous-estimer leurs difficultés car elles butent sur ce statut des migrants pour des raisons de sécurité. Beaucoup de ces hommes et de ces femmes en attente du droit d’asile n’ont parfois pas de papiers qui puissent attester de leur identité et sont dans un état de précarité le plus extrême. Les responsables de mosquée savent que si quelque chose de malencontreux arrivait, on ne leur pardonnerait rien et ils seraient alors cloués au pilori par l’opinion publique. Leur marge d’action solidaire s’en trouve limitée et nécessite un encadrement des autorités.


Mohammed Colin le Vendredi 2 Octobre 2015


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Edito

Stop à la confusion

Mohammed Colin - 28/10/2019
Trente années de débats sur la laïcité qui semblent jamais n’en finir. Tel le serpent de mer, le voile alimente très régulièrement les débats dans les colonnes de nos journaux, sur nos écrans de télévision et nos dîners en ville. Pourtant, l’architecture de la laïcité repose sur deux principes simples rappelés très justement par le Premier ministre Edouard Philippe : « la liberté de croire ou de ne pas croire » et « la neutralité absolue des pouvoirs publics s’agissant de faits religieux ». Le reste ne serait que nuances d’interprétation et elles ont parfois tendance à faire dire tout et son contraire aux fameux principes cités plus haut. Ceux et celles qui, aujourd’hui, font valoir de nouvelles lois d’interdiction des signes religieux établissent délibérément des confusions sur le principe de séparation des Eglises et de l’Etat inscrit dans notre Constitution. Raison pour laquelle il est nécessaire de marteler que la laïcité est avant tout un principe de liberté, du culte et de la conscience pour chaque citoyen. Confondre l’Etat et ses fonctionnaires avec la société et les usagers des services publics, ce n’est plus possible. Ces confusions instrumentalisées à des fins politiques désignent le mouton noir : une femme (encore une femme) qui, en portant un voile, refuserait les règles du jeu commun. Faux si nous nous contentons de la simple lecture des deux principes. L’Etat autorise une maman voilée à accompagner ses enfants lors d’une sortie de classe, comme le stipule un arrêt du Conseil d’Etat en 2013. Le plus grave, c’est que ces confusions, qui entrainent de sempiternelles polémiques, produisent de la toxicité au sein de notre tissu social en dressant les gens les uns contre les autres et, au final, renforcent les éléments les plus archaïques au sein de notre société, c’est-à-dire les agents du communautarisme de tout bord, qu’ils soient d’extrême droite ou issus du rang des musulmans identitaires. Totalement contre-productif.