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En cette période trouble où des actes effroyables sont commis au nom de l’islam, il n’est plus possible pour les musulmans de rester muets. Le silence n’est jamais neutre, contrairement à ce que pensent de nombreux cadres associatifs. Il est un acte du langage soumis au couple signifiant/ signifié et sujet donc à de multiples interprétations. Or, dans le contexte sociétal qui est le nôtre, l’interprétation qui en est faite n’est jamais favorable aux musulmans.
Dans la mesure où il n’y a pas de prise de parole collective, ce silence aurait pu battre en brèche l’accusation de « communautarisme musulman ». Pourtant, c’est tout l’inverse qui se produit.
Il est donc salutaire que les cadres associatifs et les responsables religieux puissent se faire entendre auprès de la communauté nationale. Maintenant que la crainte d’assignation communautaire est dissipée, progressivement les voix se libèrent et condamnent fermement et sans aucun complexe l’usurpation de la religion islamique. Les femmes d’abord, puis un collectif de musulmans issus des catégories socioprofessionnelles supérieures et, enfin, la tribune des 30 imams indignés avec pour chef de file Tareq Oubrou, le recteur de la Grande Mosquée de Bordeaux.
Cette prise de parole ne s’arrêtera par là. Elle témoigne de la maturation des musulmans de France et constitue un tison d’espoir dans cette période tourmentée.

Mohammed Colin le Vendredi 25 Mai 2018


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Edito

L’épreuve

Mohammed Colin - 24/04/2020
Lors des vœux de l’année 2020, aucun chef d’État n’aurait imaginé devoir faire face à une crise sanitaire hors norme et à une paralysie de l’économie mondiale du fait d’un simple micro-organisme. Pourtant, tel est le scénario, digne d’un film catastrophe, qui se produit sous nos yeux en raison du Covid-19. Pourtant, des alertes ont été lancées ces dernières années. En 2015, Bill Gates disait, au cours d’une conférence TED, que l’origine d’une possible catastrophe mondiale ne serait pas nucléaire mais biologique, provoquée par un virus hautement contagieux. Plus tôt encore, la CIA avait pointé, dans un rapport prospectif publié en 2009, le danger d’une pandémie mondiale décrite en ces termes : « L’apparition d’une nouvelle maladie respiratoire humaine virulente, extrêmement contagieuse, pour laquelle il n’existe pas de traitement adéquat. » A l’heure du Covid-19, ces mises en garde apparaissent comme des prophéties, qui sont d’ailleurs très bien exploitées par les complotistes de tous bords. Mais dans un contexte où les principales menaces étaient incarnées par le terrorisme islamiste et la prolifération des armes nucléaires, la mise en garde ne fut absolument pas considérée. Impréparés, les Etats et les populations s’adaptent comme ils peuvent à cette nouvelle réalité. Même les religions, caractérisées par des rituels immuables, ont dû tenir compte du nouveau coronavirus. Nul n’oubliera de sitôt les images impressionnantes de la Mosquée sacrée de La Mecque totalement...