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En cette période trouble où des actes effroyables sont commis au nom de l’islam, il n’est plus possible pour les musulmans de rester muets. Le silence n’est jamais neutre, contrairement à ce que pensent de nombreux cadres associatifs. Il est un acte du langage soumis au couple signifiant/ signifié et sujet donc à de multiples interprétations. Or, dans le contexte sociétal qui est le nôtre, l’interprétation qui en est faite n’est jamais favorable aux musulmans.
Dans la mesure où il n’y a pas de prise de parole collective, ce silence aurait pu battre en brèche l’accusation de « communautarisme musulman ». Pourtant, c’est tout l’inverse qui se produit.
Il est donc salutaire que les cadres associatifs et les responsables religieux puissent se faire entendre auprès de la communauté nationale. Maintenant que la crainte d’assignation communautaire est dissipée, progressivement les voix se libèrent et condamnent fermement et sans aucun complexe l’usurpation de la religion islamique. Les femmes d’abord, puis un collectif de musulmans issus des catégories socioprofessionnelles supérieures et, enfin, la tribune des 30 imams indignés avec pour chef de file Tareq Oubrou, le recteur de la Grande Mosquée de Bordeaux.
Cette prise de parole ne s’arrêtera par là. Elle témoigne de la maturation des musulmans de France et constitue un tison d’espoir dans cette période tourmentée.

Mohammed Colin le Vendredi 25 Mai 2018


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Edito

Stop à la confusion

Mohammed Colin - 28/10/2019
Trente années de débats sur la laïcité qui semblent jamais n’en finir. Tel le serpent de mer, le voile alimente très régulièrement les débats dans les colonnes de nos journaux, sur nos écrans de télévision et nos dîners en ville. Pourtant, l’architecture de la laïcité repose sur deux principes simples rappelés très justement par le Premier ministre Edouard Philippe : « la liberté de croire ou de ne pas croire » et « la neutralité absolue des pouvoirs publics s’agissant de faits religieux ». Le reste ne serait que nuances d’interprétation et elles ont parfois tendance à faire dire tout et son contraire aux fameux principes cités plus haut. Ceux et celles qui, aujourd’hui, font valoir de nouvelles lois d’interdiction des signes religieux établissent délibérément des confusions sur le principe de séparation des Eglises et de l’Etat inscrit dans notre Constitution. Raison pour laquelle il est nécessaire de marteler que la laïcité est avant tout un principe de liberté, du culte et de la conscience pour chaque citoyen. Confondre l’Etat et ses fonctionnaires avec la société et les usagers des services publics, ce n’est plus possible. Ces confusions instrumentalisées à des fins politiques désignent le mouton noir : une femme (encore une femme) qui, en portant un voile, refuserait les règles du jeu commun. Faux si nous nous contentons de la simple lecture des deux principes. L’Etat autorise une maman voilée à accompagner ses enfants lors d’une sortie de classe, comme le stipule un arrêt du Conseil d’Etat en 2013. Le plus grave, c’est que ces confusions, qui entrainent de sempiternelles polémiques, produisent de la toxicité au sein de notre tissu social en dressant les gens les uns contre les autres et, au final, renforcent les éléments les plus archaïques au sein de notre société, c’est-à-dire les agents du communautarisme de tout bord, qu’ils soient d’extrême droite ou issus du rang des musulmans identitaires. Totalement contre-productif.