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Les illusions identitaires




Sans voix nous étions lorsque nous apprîmes l’effroyable massacre d’Oslo. 76 vies ont été enlevées sous le coup de la folie. Une folie meurtrière qui se nourrissait de la haine des musulmans.

Il faut dire que nous étions très inquiets sur l’identité du coupable lors des premières minutes qui ont suivi l’annonce du drame. D’autant qu’on se laissait surprendre à penser « pourvu que ce ne soit pas un musulman ! ». Comme si tous les attentats qui éclatent sur cette terre étaient forcément commis par un individu ayant de près ou de loin un lien avec l’islam.

C’est du moins ce que nous laissent entendre les récits médiatiques depuis ces 20 dernières années. Terrible erreur ! Ainsi, comme le relève le dernier rapport d’Europol, les attentats dits islamistes représentaient 3 % des attentats commis en Europe l’an passé. C’est évidemment trop. Et il reste toujours important que les musulmans, par le biais de leurs leaders, affirment haut et fort leur condamnation de tels actes, parce que l’amalgame est malheureusement trop facile. De fait, la majeure partie des attentats en Europe est, nous apprend le rapport, perpétrée par des séparatistes de type ETA ou des anarchistes.

Cette fois-ci, le tueur présumé nous est présenté comme un fondamentaliste chrétien. Cela change… Musulmans, chrétiens, basques…, lorsque les identités sont malmenées, et du coup exacerbées, elles deviennent facilement meurtrières… Ce drame vient nous le rappeler.

Enfin, nous nous réjouissons de vous revoir avec cette édition spéciale Ramadan. Le mois du jeûne est une véritable école de la patience, de l’empathie et de la solidarité. Des valeurs nobles que nous sommes heureux de promouvoir depuis bientôt 3 ans. Excellent Ramadan !

Mohammed Colin le Vendredi 5 Août 2011


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Edito

Le temps de la justice

Mohammed Colin - 18/11/2021
Par un hasard du calendrier, les commémorations des attentats du 11 septembre 2001 ont coïncidé avec le début du procès hors norme des attaques du 13 novembre 2015. Deux traumatismes provoqués par la même idéologie mortifère, le jihadisme, mais qui font appel à deux visions différentes pour répandre la justice. Si les profils et les modes d’actions changent avec le temps, le terrorisme islamiste s’inscrit dans le temps long en mettant au défi l’État de droit de nos sociétés. Chaque attentat coche à deux objectifs simultanés tels le fameux effet « kiss-cool ». Outre le fait de semer l’effroi auprès des populations conformément à la nature intrinsèque du terrorisme, le but est aussi de prendre en défaut nos systèmes démocratiques en les conduisant à renier leurs valeurs. La suspicion généralisée, la production de lois et de tribunaux d’exception sont des dommages qui font partie intégrante de leur stratégie. Le second effet serait donc une sorte de pousse à la faute qui soutiendrait l’idée que notre système démocratique n’est pas si vertueux qu’il n’y parait. C’est dans ce sens que la réponse va-t-en-guerre de Bush au Moyen-Orient après le 11-Septembre et son incapacité à traduire, 20 ans après, les inculpés devant un tribunal digne des standards de justice d’un État démocratique constituent de graves erreurs qui profitent aux jihadistes. En France, six ans après l’horreur du 13-Novembre, c’est une autre approche qui nous guide. Celle de la justice encadrée par notre État de droit. Face au déchaînement de violence qui a fait 131 morts, nous répondons par neuf mois d’un procès historique minutieusement préparé dans lequel sont jugés 20 accusés. Il représente une étape importante dans le processus de résilience des victimes directes mais aussi pour la communauté nationale. La captation vidéo entière du procès constituera un matériau d’importance pour la postérité. Une leçon pour les futures générations que le respect de l’Etat de droit doit demeurer notre boussole.