Connectez-vous S'inscrire
Salamnews

Les Convertis




Les Convertis
De Maurice Béjart à Diam’s, en passant par Éva de Vitray-Meyerovitch, Cat Stevens, Olivier Saint-Jean (1er basketteur français à être drafté en NBA), sans oublier René Guénon et tant d’autres célébrités mais aussi des anonymes, les chemins menant à l’islam sont multiples. Si le ticket pour embarquer est très facile à se procurer – quelques mots à prononcer suffisent pour attester de sa foi musulmane –, le voyage, lui, est très complexe, parfois même périlleux. Car la voie est jonchée d’épreuves aussi bien sociales qu’intimes, qui transforment ces êtres à jamais.
 
Longtemps ces convertis à l’islam étaient des intellectuels. Les petites gens ont suivi. Il y a chez eux moins de réserve, peut-être plus de spontanéité, et même de décisions, disons-le, impulsives. Il y a aussi beaucoup de sincérité, même s’il y a toujours la phase de vouloir « être plus musulman que les musulmans »... Néanmoins, il reste difficile de dresser un portait des convertis tant les visages sont pluriels. Et ce n’est surtout pas le portrait morbide que certaines émissions télévisées tentent depuis quelques mois de nous imposer.
 
Comparé aux autres religions, l’islam de France est pour le moment un islam indigent du point de vue tant matériel qu’éducatif. L’accueil des convertis est plein de bonnes intentions avec une volonté forte de bien les intégrer. Hélas, ce n’est pas suffisant. Tant les difficultés auxquelles sont confrontés les convertis peuvent parfois être nombreuses. C’est pourquoi les espaces de parole, les oeuvres de témoignages de 10, 20, 30 années, voire de toute une vie de cheminement, sont absolument nécessaires. Les références sont encore rares. Mais la prise de conscience est bien là. 
 

Mohammed Colin le Jeudi 6 Décembre 2012


Dans la même rubrique :
< >

Jeudi 18 Novembre 2021 - 18:19 Le temps de la justice

Jeudi 8 Juillet 2021 - 17:02 Interdépendance

Edito | Tête d'affiche | Une Ville, une mosquée | Beauté | Business | Sport | De vous à nous





Edito

Le temps de la justice

Mohammed Colin - 18/11/2021
Par un hasard du calendrier, les commémorations des attentats du 11 septembre 2001 ont coïncidé avec le début du procès hors norme des attaques du 13 novembre 2015. Deux traumatismes provoqués par la même idéologie mortifère, le jihadisme, mais qui font appel à deux visions différentes pour répandre la justice. Si les profils et les modes d’actions changent avec le temps, le terrorisme islamiste s’inscrit dans le temps long en mettant au défi l’État de droit de nos sociétés. Chaque attentat coche à deux objectifs simultanés tels le fameux effet « kiss-cool ». Outre le fait de semer l’effroi auprès des populations conformément à la nature intrinsèque du terrorisme, le but est aussi de prendre en défaut nos systèmes démocratiques en les conduisant à renier leurs valeurs. La suspicion généralisée, la production de lois et de tribunaux d’exception sont des dommages qui font partie intégrante de leur stratégie. Le second effet serait donc une sorte de pousse à la faute qui soutiendrait l’idée que notre système démocratique n’est pas si vertueux qu’il n’y parait. C’est dans ce sens que la réponse va-t-en-guerre de Bush au Moyen-Orient après le 11-Septembre et son incapacité à traduire, 20 ans après, les inculpés devant un tribunal digne des standards de justice d’un État démocratique constituent de graves erreurs qui profitent aux jihadistes. En France, six ans après l’horreur du 13-Novembre, c’est une autre approche qui nous guide. Celle de la justice encadrée par notre État de droit. Face au déchaînement de violence qui a fait 131 morts, nous répondons par neuf mois d’un procès historique minutieusement préparé dans lequel sont jugés 20 accusés. Il représente une étape importante dans le processus de résilience des victimes directes mais aussi pour la communauté nationale. La captation vidéo entière du procès constituera un matériau d’importance pour la postérité. Une leçon pour les futures générations que le respect de l’Etat de droit doit demeurer notre boussole.