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Le maire de Londres




Le maire de Londres

Londres a un nouveau maire. Et il n’a échappé à personne qu’il est musulman tant les médias français et internationaux n’ont cessé de le marteler. Le premier maire musulman d’une grande capitale occidentale, pratiquant sa religion et ne buvant pas d’alcool, avons-nous pu lire ici et là…

La plupart des musulmans de France en ont tiré une certaine fierté, car cette surexposition du qualificatif « musulman » fut associée à un évènement positif, d’autant que ces occasions sont, hélas, bien rares ces derniers temps.

Certains, en revanche, sont restés circonspects quand d’autres ont ouvertement manifesté leur désapprobation en jetant en pâture l’identité

religieuse de ce nouveau maire. Pour eux, c’est suspect ! Une démarche hostile de médias et de politiques visant à faire abstraction du programme et des qualités personnelles de Sadiq Khan. Quoi que l’on fasse, sera-t-on toujours perçu comme musulman et non comme un citoyen à part entière ?

En somme, tout l’inverse de la démarche initiée par Sadiq Khan, maire de tous les Lon doniens, quelles que soient leurs convictions politiques, religieuses, philosophiques ou leurs orientations sexuelles. Sa pratique religieuse, par exemple, ne l’a pas empêché de s’engager en faveur du mariage gay. La liberté individuelle doit être défendue auprès de tous les groupes sociaux. Pas uniquement pour le compte des femmes voilées. Un tel homme, en France, serait vilipendé par une bonne partie des musulmans militant contre l’islamophobie tant ils sont arc-boutés sur des représentations sociales stéréotypées. Il est rageant de voir que ce nouveau maire de Londres révèle en négatif le retard et l’immaturité politique de bon nombre d’acteurs musulmans de France. Excellent mois de Ramadan.


Mohammed Colin le Mardi 7 Juin 2016


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Dans ce numéro estival, nous abordons deux sujets d’importance qui n’ont strictement rien à voir l’un et l’autre : l’audiovisuel et le pèlerinage à La Mecque. Deux secteurs si éloignés, si différents, mais confrontés à la même problématique, celle de la transformation numérique de nos sociétés. Par le passé, la filière du pèlerinage était structurée par des intermédiaires. Dans l’organisation du hajj, les voyagistes captaient jusque-là la valeur, non sans défaillances pour certains sur la qualité et les engagements dus aux pèlerins. Saphirnews.com fut dès 2004 le premier site d’information à alerter sur ces dysfonctionnements. Des organisations se sont alors créées, œuvrant à éduquer les pèlerins sur leurs droits et les voyagistes sur leurs devoirs. Depuis peu, l’Arabie Saoudite a lancé sa plateforme numérique pour se lier directement aux pèlerins, suscitant de terribles inquiétudes chez les voyagistes, exclus de fait de la chaine de valeur. Ils n’ont pas manqué de se plaindre au nom des intérêts du pèlerin. Le plus comique, c’est que les griefs formulés sont les mêmes que ceux exprimés par les pèlerins à leur encontre en 2004. Dans le milieu du cinéma, le schéma est identique. Les plateformes de streaming, devenus aussi producteurs, ont accès directement au public et sont en mesure de se passer des exploitants de cinéma. Maintenant en position de faiblesse, ces derniers larmoient à leur tour sur le danger de la suprématie des « affreuses » plateformes avec, pour risque principal selon eux, de porter atteinte à la diversité du cinéma alors qu’eux-mêmes bloquaient la production de certains films pour éviter les publics ne consommant ni sodas ni pop-corn, dixit « les têtes à capuche ». Les séries type Lupin de Netflix et Oussekine de Disney+ nous démontrent l’inverse. Ceux qui ont largement profité des situations de rente auraient pu investir en créant des écosystèmes vertueux. Finalement, dans le business comme dans la foi, il y a divers degrés d’élévation. Il faut croire que celui qui domine chez les intermédiaires, c’est celui de la « foi du commerçant ». L’étage le plus bas.