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Le CFCM est mort




Vive le CFCM ! Ce n’est pas par ce hourra que les musulmans ont accueilli les résultats du vote du CFCM. Loin s’en faut. Les campagnes électorales du CFCM et des CRCM se sont déroulées dans la plus grande indifférence. On pourrait donc conclure à un désastre. D’autant que les divisions n’ont jamais été aussi grandes face à des enjeux si lilliputiens.

L’espace cultuel est ainsi devenu le principal lieu d’affrontement des antagonismes algéro-marocains. En lieu et place du tapis, nous aurions préféré le gazon vert comme terrain de compétition. Et à l’ombre des minarets de France, nous aurions souhaité l’entraide maghrébine, que même les musulmans les plus franchouillards ne sauraient refuser tant est profonde l’indigence de l’islam de France.

Parce que pour bâtir cet islam européen nous ne saurions nous couper de l’héritage araba-andalou que renferment encore des villes comme Fès, Tlemcen ou Constantine. Cet héritage culturel est indispensable pour que s’épanouisse l’islam populaire des cités de France et offrir un rempart solide contre l’islam fantasmé et acculturé, l’islam du vide propagé par le Web, qui, l’exclusion sociale aidant, rencontre des fidèles de plus en plus disposés à entendre les discours normatifs porteurs d’une spiritualité consumériste réduite à la longueur de la barbe et du voile.

Mais, pour l’heure, le CFCM hérite d’un bilan épouvantable et d’une crise de représentativité grave. Une seule chose lui a réussi : se maintenir en vie. Mieux encore, son pourfendeur le plus hostile, l’UAM 93, y siège désormais. Qui sait, le CFCM trouvera des leaders musulmans qui sauront un jour dépasser les intérêts partisans. Vous le savez bien, les hommes passent et l’institution demeure.

Mohammed Colin le Vendredi 1 Juillet 2011


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Edito

Le temps de la justice

Mohammed Colin - 18/11/2021
Par un hasard du calendrier, les commémorations des attentats du 11 septembre 2001 ont coïncidé avec le début du procès hors norme des attaques du 13 novembre 2015. Deux traumatismes provoqués par la même idéologie mortifère, le jihadisme, mais qui font appel à deux visions différentes pour répandre la justice. Si les profils et les modes d’actions changent avec le temps, le terrorisme islamiste s’inscrit dans le temps long en mettant au défi l’État de droit de nos sociétés. Chaque attentat coche à deux objectifs simultanés tels le fameux effet « kiss-cool ». Outre le fait de semer l’effroi auprès des populations conformément à la nature intrinsèque du terrorisme, le but est aussi de prendre en défaut nos systèmes démocratiques en les conduisant à renier leurs valeurs. La suspicion généralisée, la production de lois et de tribunaux d’exception sont des dommages qui font partie intégrante de leur stratégie. Le second effet serait donc une sorte de pousse à la faute qui soutiendrait l’idée que notre système démocratique n’est pas si vertueux qu’il n’y parait. C’est dans ce sens que la réponse va-t-en-guerre de Bush au Moyen-Orient après le 11-Septembre et son incapacité à traduire, 20 ans après, les inculpés devant un tribunal digne des standards de justice d’un État démocratique constituent de graves erreurs qui profitent aux jihadistes. En France, six ans après l’horreur du 13-Novembre, c’est une autre approche qui nous guide. Celle de la justice encadrée par notre État de droit. Face au déchaînement de violence qui a fait 131 morts, nous répondons par neuf mois d’un procès historique minutieusement préparé dans lequel sont jugés 20 accusés. Il représente une étape importante dans le processus de résilience des victimes directes mais aussi pour la communauté nationale. La captation vidéo entière du procès constituera un matériau d’importance pour la postérité. Une leçon pour les futures générations que le respect de l’Etat de droit doit demeurer notre boussole.