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Le CFCM est mort




Vive le CFCM ! Ce n’est pas par ce hourra que les musulmans ont accueilli les résultats du vote du CFCM. Loin s’en faut. Les campagnes électorales du CFCM et des CRCM se sont déroulées dans la plus grande indifférence. On pourrait donc conclure à un désastre. D’autant que les divisions n’ont jamais été aussi grandes face à des enjeux si lilliputiens.

L’espace cultuel est ainsi devenu le principal lieu d’affrontement des antagonismes algéro-marocains. En lieu et place du tapis, nous aurions préféré le gazon vert comme terrain de compétition. Et à l’ombre des minarets de France, nous aurions souhaité l’entraide maghrébine, que même les musulmans les plus franchouillards ne sauraient refuser tant est profonde l’indigence de l’islam de France.

Parce que pour bâtir cet islam européen nous ne saurions nous couper de l’héritage araba-andalou que renferment encore des villes comme Fès, Tlemcen ou Constantine. Cet héritage culturel est indispensable pour que s’épanouisse l’islam populaire des cités de France et offrir un rempart solide contre l’islam fantasmé et acculturé, l’islam du vide propagé par le Web, qui, l’exclusion sociale aidant, rencontre des fidèles de plus en plus disposés à entendre les discours normatifs porteurs d’une spiritualité consumériste réduite à la longueur de la barbe et du voile.

Mais, pour l’heure, le CFCM hérite d’un bilan épouvantable et d’une crise de représentativité grave. Une seule chose lui a réussi : se maintenir en vie. Mieux encore, son pourfendeur le plus hostile, l’UAM 93, y siège désormais. Qui sait, le CFCM trouvera des leaders musulmans qui sauront un jour dépasser les intérêts partisans. Vous le savez bien, les hommes passent et l’institution demeure.

Mohammed Colin le Vendredi 1 Juillet 2011


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Edito

L’arroseur arrosé !

Mohammed Colin - 28/06/2022
Dans ce numéro estival, nous abordons deux sujets d’importance qui n’ont strictement rien à voir l’un et l’autre : l’audiovisuel et le pèlerinage à La Mecque. Deux secteurs si éloignés, si différents, mais confrontés à la même problématique, celle de la transformation numérique de nos sociétés. Par le passé, la filière du pèlerinage était structurée par des intermédiaires. Dans l’organisation du hajj, les voyagistes captaient jusque-là la valeur, non sans défaillances pour certains sur la qualité et les engagements dus aux pèlerins. Saphirnews.com fut dès 2004 le premier site d’information à alerter sur ces dysfonctionnements. Des organisations se sont alors créées, œuvrant à éduquer les pèlerins sur leurs droits et les voyagistes sur leurs devoirs. Depuis peu, l’Arabie Saoudite a lancé sa plateforme numérique pour se lier directement aux pèlerins, suscitant de terribles inquiétudes chez les voyagistes, exclus de fait de la chaine de valeur. Ils n’ont pas manqué de se plaindre au nom des intérêts du pèlerin. Le plus comique, c’est que les griefs formulés sont les mêmes que ceux exprimés par les pèlerins à leur encontre en 2004. Dans le milieu du cinéma, le schéma est identique. Les plateformes de streaming, devenus aussi producteurs, ont accès directement au public et sont en mesure de se passer des exploitants de cinéma. Maintenant en position de faiblesse, ces derniers larmoient à leur tour sur le danger de la suprématie des « affreuses » plateformes avec, pour risque principal selon eux, de porter atteinte à la diversité du cinéma alors qu’eux-mêmes bloquaient la production de certains films pour éviter les publics ne consommant ni sodas ni pop-corn, dixit « les têtes à capuche ». Les séries type Lupin de Netflix et Oussekine de Disney+ nous démontrent l’inverse. Ceux qui ont largement profité des situations de rente auraient pu investir en créant des écosystèmes vertueux. Finalement, dans le business comme dans la foi, il y a divers degrés d’élévation. Il faut croire que celui qui domine chez les intermédiaires, c’est celui de la « foi du commerçant ». L’étage le plus bas.