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Salamnews

La crise n’explique pas tout




La crise n’explique pas tout
C’est avec grand plaisir que nous vous retrouvons après ces quelques mois d’absence. Vous le savez bien, la presse écrite se porte aujourd’hui fort mal. Il suffit de constater, depuis plusieurs années, la restructuration des titres ou tout bonnement leur disparition tels La Tribune, Bakchich, etc. Alors, oui, la crise économique en est la grande fautive. Mais pas seulement.
 
Outre le pouvoir d’achat en nette diminution, les investissements publicitaires ont tendance à privilégier le hors-médias et les panneaux d’affichage. Cette tendance générale est encore plus sévère pour les titres dits affinitaires. Car, pour certains annonceurs, directeurs marketing et médiaplanneurs, « les Noirs, les Arabes, les musulmans ne lisent pas » (sic). Au mieux, ils regardent les images sur les panneaux d’affichage ou captent les messages dans les contextes seulement de divertissement. Les préjugés vont bon train, bien que Salamnews soit diffusé à plus de 100 000 exemplaires, témoignant ainsi du large lectorat que nous touchons.
 
Fort heureusement, d’autres annonceurs ont compris que ces publics ont les mêmes modes de consommation des médias, qu’ils soient généralistes ou affinitaires. Nous tenons une nouvelle fois à les remercier pour leur confiance.
 
Enfin, nous souhaitons rendre un dernier hommage à Stéphane Hessel, à qui toute la rédaction porte une très grande admiration. Il nous avait rédigé un article lors du cinquantenaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Et nous lui avions consacré notre tête d’affiche en avril 2011. Nous nous joignons aux nombreuses demandes qui affluent pour que la dépouille de ce grand homme ayant contribué à l’aura de la France figure au Panthéon.


Mohammed Colin le Vendredi 1 Mars 2013


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Mohammed Colin - 28/06/2022
Dans ce numéro estival, nous abordons deux sujets d’importance qui n’ont strictement rien à voir l’un et l’autre : l’audiovisuel et le pèlerinage à La Mecque. Deux secteurs si éloignés, si différents, mais confrontés à la même problématique, celle de la transformation numérique de nos sociétés. Par le passé, la filière du pèlerinage était structurée par des intermédiaires. Dans l’organisation du hajj, les voyagistes captaient jusque-là la valeur, non sans défaillances pour certains sur la qualité et les engagements dus aux pèlerins. Saphirnews.com fut dès 2004 le premier site d’information à alerter sur ces dysfonctionnements. Des organisations se sont alors créées, œuvrant à éduquer les pèlerins sur leurs droits et les voyagistes sur leurs devoirs. Depuis peu, l’Arabie Saoudite a lancé sa plateforme numérique pour se lier directement aux pèlerins, suscitant de terribles inquiétudes chez les voyagistes, exclus de fait de la chaine de valeur. Ils n’ont pas manqué de se plaindre au nom des intérêts du pèlerin. Le plus comique, c’est que les griefs formulés sont les mêmes que ceux exprimés par les pèlerins à leur encontre en 2004. Dans le milieu du cinéma, le schéma est identique. Les plateformes de streaming, devenus aussi producteurs, ont accès directement au public et sont en mesure de se passer des exploitants de cinéma. Maintenant en position de faiblesse, ces derniers larmoient à leur tour sur le danger de la suprématie des « affreuses » plateformes avec, pour risque principal selon eux, de porter atteinte à la diversité du cinéma alors qu’eux-mêmes bloquaient la production de certains films pour éviter les publics ne consommant ni sodas ni pop-corn, dixit « les têtes à capuche ». Les séries type Lupin de Netflix et Oussekine de Disney+ nous démontrent l’inverse. Ceux qui ont largement profité des situations de rente auraient pu investir en créant des écosystèmes vertueux. Finalement, dans le business comme dans la foi, il y a divers degrés d’élévation. Il faut croire que celui qui domine chez les intermédiaires, c’est celui de la « foi du commerçant ». L’étage le plus bas.