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Salamnews

La crise n’explique pas tout




La crise n’explique pas tout
C’est avec grand plaisir que nous vous retrouvons après ces quelques mois d’absence. Vous le savez bien, la presse écrite se porte aujourd’hui fort mal. Il suffit de constater, depuis plusieurs années, la restructuration des titres ou tout bonnement leur disparition tels La Tribune, Bakchich, etc. Alors, oui, la crise économique en est la grande fautive. Mais pas seulement.
 
Outre le pouvoir d’achat en nette diminution, les investissements publicitaires ont tendance à privilégier le hors-médias et les panneaux d’affichage. Cette tendance générale est encore plus sévère pour les titres dits affinitaires. Car, pour certains annonceurs, directeurs marketing et médiaplanneurs, « les Noirs, les Arabes, les musulmans ne lisent pas » (sic). Au mieux, ils regardent les images sur les panneaux d’affichage ou captent les messages dans les contextes seulement de divertissement. Les préjugés vont bon train, bien que Salamnews soit diffusé à plus de 100 000 exemplaires, témoignant ainsi du large lectorat que nous touchons.
 
Fort heureusement, d’autres annonceurs ont compris que ces publics ont les mêmes modes de consommation des médias, qu’ils soient généralistes ou affinitaires. Nous tenons une nouvelle fois à les remercier pour leur confiance.
 
Enfin, nous souhaitons rendre un dernier hommage à Stéphane Hessel, à qui toute la rédaction porte une très grande admiration. Il nous avait rédigé un article lors du cinquantenaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Et nous lui avions consacré notre tête d’affiche en avril 2011. Nous nous joignons aux nombreuses demandes qui affluent pour que la dépouille de ce grand homme ayant contribué à l’aura de la France figure au Panthéon.


Mohammed Colin le Vendredi 1 Mars 2013


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Edito

Le temps de la justice

Mohammed Colin - 18/11/2021
Par un hasard du calendrier, les commémorations des attentats du 11 septembre 2001 ont coïncidé avec le début du procès hors norme des attaques du 13 novembre 2015. Deux traumatismes provoqués par la même idéologie mortifère, le jihadisme, mais qui font appel à deux visions différentes pour répandre la justice. Si les profils et les modes d’actions changent avec le temps, le terrorisme islamiste s’inscrit dans le temps long en mettant au défi l’État de droit de nos sociétés. Chaque attentat coche à deux objectifs simultanés tels le fameux effet « kiss-cool ». Outre le fait de semer l’effroi auprès des populations conformément à la nature intrinsèque du terrorisme, le but est aussi de prendre en défaut nos systèmes démocratiques en les conduisant à renier leurs valeurs. La suspicion généralisée, la production de lois et de tribunaux d’exception sont des dommages qui font partie intégrante de leur stratégie. Le second effet serait donc une sorte de pousse à la faute qui soutiendrait l’idée que notre système démocratique n’est pas si vertueux qu’il n’y parait. C’est dans ce sens que la réponse va-t-en-guerre de Bush au Moyen-Orient après le 11-Septembre et son incapacité à traduire, 20 ans après, les inculpés devant un tribunal digne des standards de justice d’un État démocratique constituent de graves erreurs qui profitent aux jihadistes. En France, six ans après l’horreur du 13-Novembre, c’est une autre approche qui nous guide. Celle de la justice encadrée par notre État de droit. Face au déchaînement de violence qui a fait 131 morts, nous répondons par neuf mois d’un procès historique minutieusement préparé dans lequel sont jugés 20 accusés. Il représente une étape importante dans le processus de résilience des victimes directes mais aussi pour la communauté nationale. La captation vidéo entière du procès constituera un matériau d’importance pour la postérité. Une leçon pour les futures générations que le respect de l’Etat de droit doit demeurer notre boussole.