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L’inverse de Ménard




La dernière sortie de Robert Ménard, maire de Béziers, sur l’usage des statistiques ethniques révèle une fois encore l’obsession de la « question musulmane » en France. Si on fait abstraction des idées frontistes que porte ce maire, sa naïveté déconcertante de croire qu’un prénom arabe peut être le marqueur de la confession musulmane nous a quelque peu fait sourire. Seulement, voilà que le fichage municipal de citoyens sur des critères religieux et ethniques nous renvoie à une histoire douloureuse, celle des juifs raflés sous Vichy. D’où la stupeur générale et la condamnation unanime.

Ce sont d’ailleurs ces dérives qui sont avancées pour contrecarrer ceux qui demandent pour la bonne cause l’usage de catégories ethniques afin de tracer les discriminations à l’oeuvre. Concernant l’accès à l’emploi, par exemple, l’appartenance religieuse peut être discriminante. Une étude (French-American Foundation, 2010) menée sur la base de testing de CV a montré qu’un musulman a 2,5 fois moins de chances d’être convoqué à un entretien de recrutement qu’un camarade chrétien. L’étude, outre le prénom musulman, a eu la précaution d’ajouter d’autres signaux (notamment les expériences bénévoles) pour identifier plus objectivement le marqueur musulman.

Face à une telle réalité où l’égalité républicaine est dangereusement piétinée, on devrait être plus pragmatique. Des préconisations destinées à encadrer ce type d’outils ont déjà été faites tels l’anonymat des échantillons, le volontariat ou même le fait de s’assurer que l’organisme en charge de l’étude ne soit jamais rattaché à l’administration publique, à l’entreprise, à la collectivité qui en fait la demande. Tout l’inverse de Ménard tant dans la méthode que dans ses intentions.


Mohammed Colin le Mardi 16 Juin 2015


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Edito

L’épreuve

Mohammed Colin - 24/04/2020
Lors des vœux de l’année 2020, aucun chef d’État n’aurait imaginé devoir faire face à une crise sanitaire hors norme et à une paralysie de l’économie mondiale du fait d’un simple micro-organisme. Pourtant, tel est le scénario, digne d’un film catastrophe, qui se produit sous nos yeux en raison du Covid-19. Pourtant, des alertes ont été lancées ces dernières années. En 2015, Bill Gates disait, au cours d’une conférence TED, que l’origine d’une possible catastrophe mondiale ne serait pas nucléaire mais biologique, provoquée par un virus hautement contagieux. Plus tôt encore, la CIA avait pointé, dans un rapport prospectif publié en 2009, le danger d’une pandémie mondiale décrite en ces termes : « L’apparition d’une nouvelle maladie respiratoire humaine virulente, extrêmement contagieuse, pour laquelle il n’existe pas de traitement adéquat. » A l’heure du Covid-19, ces mises en garde apparaissent comme des prophéties, qui sont d’ailleurs très bien exploitées par les complotistes de tous bords. Mais dans un contexte où les principales menaces étaient incarnées par le terrorisme islamiste et la prolifération des armes nucléaires, la mise en garde ne fut absolument pas considérée. Impréparés, les Etats et les populations s’adaptent comme ils peuvent à cette nouvelle réalité. Même les religions, caractérisées par des rituels immuables, ont dû tenir compte du nouveau coronavirus. Nul n’oubliera de sitôt les images impressionnantes de la Mosquée sacrée de La Mecque totalement...