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Islamophobie




Islamophobie
Depuis une décennie, nous assistons à une lente mais véritable progression de l’islamophobie. De nombreuses études indépendantes ne cessent de mettre au jour ce fléau qui ronge notre pays et fragilise sa cohésion sociale. Mais, depuis quelque temps, l’islamophobie a franchi un cran supérieur. Hier, l’islamophobie semblait être circonscrite à la parole. Aujourd’hui, elle est passée au stade de la violence physique, comme en témoignent les agressions d’Argenteuil et d’Orléans. Pas besoin d’être devin pour prévoir l’accroissement de cette violence : il suffit de se rappeler comment l’antisémitisme a prospéré durant l’entre-deuxguerres.Le chemin est tout tracé.
 
Chez nos voisins belges, des sénateurs n’ont pas attendu et ont déposé une résolution pour lutter contre l’islamophobie. La Belgique semble donc plus en avance sur la France, qui, elle, accuse un sérieux retard, comme l’a souligné le Réseau européen contre le racisme (ENAR). Selon une enquête qualitative menée à l’échelle européenne dans 26 nations, l’ENAR montre que les femmes et les mosquées sont les cibles favorites des islamophobes ; les femmes musulmanes étant doublement victimes car stigmatisées du fait à la fois de leur croyance religieuse et de leur sexe. L’enquête précise que le discours islamophobe en France, contrairement aux autres pays européens, n’est pas propulsé uniquement par les partis de l’extrême droite mais qu’il est relayé par une grande partie de la classe politique de droite comme de gauche.

Cela étant dit, les citoyens de cultures musulmanes doivent éviter de s’enfermer dans un rôle victimaire, qui freine leurs participations sociales et économiques. Le combat contre l’islamophobie est celui de toute la société. Excellent Ramadan.

Mohammed Colin le Lundi 15 Juillet 2013


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Edito

Le temps de la justice

Mohammed Colin - 18/11/2021
Par un hasard du calendrier, les commémorations des attentats du 11 septembre 2001 ont coïncidé avec le début du procès hors norme des attaques du 13 novembre 2015. Deux traumatismes provoqués par la même idéologie mortifère, le jihadisme, mais qui font appel à deux visions différentes pour répandre la justice. Si les profils et les modes d’actions changent avec le temps, le terrorisme islamiste s’inscrit dans le temps long en mettant au défi l’État de droit de nos sociétés. Chaque attentat coche à deux objectifs simultanés tels le fameux effet « kiss-cool ». Outre le fait de semer l’effroi auprès des populations conformément à la nature intrinsèque du terrorisme, le but est aussi de prendre en défaut nos systèmes démocratiques en les conduisant à renier leurs valeurs. La suspicion généralisée, la production de lois et de tribunaux d’exception sont des dommages qui font partie intégrante de leur stratégie. Le second effet serait donc une sorte de pousse à la faute qui soutiendrait l’idée que notre système démocratique n’est pas si vertueux qu’il n’y parait. C’est dans ce sens que la réponse va-t-en-guerre de Bush au Moyen-Orient après le 11-Septembre et son incapacité à traduire, 20 ans après, les inculpés devant un tribunal digne des standards de justice d’un État démocratique constituent de graves erreurs qui profitent aux jihadistes. En France, six ans après l’horreur du 13-Novembre, c’est une autre approche qui nous guide. Celle de la justice encadrée par notre État de droit. Face au déchaînement de violence qui a fait 131 morts, nous répondons par neuf mois d’un procès historique minutieusement préparé dans lequel sont jugés 20 accusés. Il représente une étape importante dans le processus de résilience des victimes directes mais aussi pour la communauté nationale. La captation vidéo entière du procès constituera un matériau d’importance pour la postérité. Une leçon pour les futures générations que le respect de l’Etat de droit doit demeurer notre boussole.