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Indigence




Indigence

 

Le Premier ministre Manuel Valls déclarait sur un ton alarmiste : « Il y a une forme de minorité agissante, des groupes (salafistes) sont en train de gagner la bataille idéologique et culturelle de l’islam en France. »

Ajoutant : « Le débat ne (doit) pas seu lement se faire entre l’islam et la société, mais bien au sein même de l’islam. »

D’abord, rappelons que le niveau de « menace » évoqué est surestimé. Les musul mans de France dans leur majorité ont plutôt tendance à évoluer vers un syncrétisme des courants islamiques, passé au mixeur des convenances personnelles.

Ensuite, reconnaissons que l’influence d’un islam codifié et normatif est bien réelle auprès de nombre de jeunes musulmans, qu’ils soient fragilisés socialement ou en situation de réussite professionnelle. Fort heureusement, le salafisme n’a pas encore remporté la bataille au sein de l’islam de France.

Mais nous devons rester vigilants. Car le plus grand danger est l’état d’indigence dans lequel évolue l’islam de France. Les structures éducatives et religieuses animées par des imams importés mais ne connaissant pas le contexte sociologique de la France ou par des imams français mais payés au lancepierre ne peuvent résister longtemps à l’idéologie du salafisme qui, elle, est financée par les pétrodollars et relayée par la puissance d’Internet.

Pourtant, les initiatives culturelles qui encouragent le débat au sein de l’islam sont bien là. Salamnews, qui a fait du plu ralisme sa ligne éditoriale, est un bel exemple.

Mais, là aussi, l’indigence de l’État fran çais aux innombrables conseillers et consultants bombardés spécialistes de l’islam est patente. Tant est son incapacité à iden tifier et à encourager les acteurs d’une réelle contreoffensive


Mohammed Colin le Vendredi 29 Avril 2016


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Edito

Le temps de la justice

Mohammed Colin - 18/11/2021
Par un hasard du calendrier, les commémorations des attentats du 11 septembre 2001 ont coïncidé avec le début du procès hors norme des attaques du 13 novembre 2015. Deux traumatismes provoqués par la même idéologie mortifère, le jihadisme, mais qui font appel à deux visions différentes pour répandre la justice. Si les profils et les modes d’actions changent avec le temps, le terrorisme islamiste s’inscrit dans le temps long en mettant au défi l’État de droit de nos sociétés. Chaque attentat coche à deux objectifs simultanés tels le fameux effet « kiss-cool ». Outre le fait de semer l’effroi auprès des populations conformément à la nature intrinsèque du terrorisme, le but est aussi de prendre en défaut nos systèmes démocratiques en les conduisant à renier leurs valeurs. La suspicion généralisée, la production de lois et de tribunaux d’exception sont des dommages qui font partie intégrante de leur stratégie. Le second effet serait donc une sorte de pousse à la faute qui soutiendrait l’idée que notre système démocratique n’est pas si vertueux qu’il n’y parait. C’est dans ce sens que la réponse va-t-en-guerre de Bush au Moyen-Orient après le 11-Septembre et son incapacité à traduire, 20 ans après, les inculpés devant un tribunal digne des standards de justice d’un État démocratique constituent de graves erreurs qui profitent aux jihadistes. En France, six ans après l’horreur du 13-Novembre, c’est une autre approche qui nous guide. Celle de la justice encadrée par notre État de droit. Face au déchaînement de violence qui a fait 131 morts, nous répondons par neuf mois d’un procès historique minutieusement préparé dans lequel sont jugés 20 accusés. Il représente une étape importante dans le processus de résilience des victimes directes mais aussi pour la communauté nationale. La captation vidéo entière du procès constituera un matériau d’importance pour la postérité. Une leçon pour les futures générations que le respect de l’Etat de droit doit demeurer notre boussole.