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Indigence




Indigence

 

Le Premier ministre Manuel Valls déclarait sur un ton alarmiste : « Il y a une forme de minorité agissante, des groupes (salafistes) sont en train de gagner la bataille idéologique et culturelle de l’islam en France. »

Ajoutant : « Le débat ne (doit) pas seu lement se faire entre l’islam et la société, mais bien au sein même de l’islam. »

D’abord, rappelons que le niveau de « menace » évoqué est surestimé. Les musul mans de France dans leur majorité ont plutôt tendance à évoluer vers un syncrétisme des courants islamiques, passé au mixeur des convenances personnelles.

Ensuite, reconnaissons que l’influence d’un islam codifié et normatif est bien réelle auprès de nombre de jeunes musulmans, qu’ils soient fragilisés socialement ou en situation de réussite professionnelle. Fort heureusement, le salafisme n’a pas encore remporté la bataille au sein de l’islam de France.

Mais nous devons rester vigilants. Car le plus grand danger est l’état d’indigence dans lequel évolue l’islam de France. Les structures éducatives et religieuses animées par des imams importés mais ne connaissant pas le contexte sociologique de la France ou par des imams français mais payés au lancepierre ne peuvent résister longtemps à l’idéologie du salafisme qui, elle, est financée par les pétrodollars et relayée par la puissance d’Internet.

Pourtant, les initiatives culturelles qui encouragent le débat au sein de l’islam sont bien là. Salamnews, qui a fait du plu ralisme sa ligne éditoriale, est un bel exemple.

Mais, là aussi, l’indigence de l’État fran çais aux innombrables conseillers et consultants bombardés spécialistes de l’islam est patente. Tant est son incapacité à iden tifier et à encourager les acteurs d’une réelle contreoffensive


Mohammed Colin le Vendredi 29 Avril 2016


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Edito

L’épreuve

Mohammed Colin - 24/04/2020
Lors des vœux de l’année 2020, aucun chef d’État n’aurait imaginé devoir faire face à une crise sanitaire hors norme et à une paralysie de l’économie mondiale du fait d’un simple micro-organisme. Pourtant, tel est le scénario, digne d’un film catastrophe, qui se produit sous nos yeux en raison du Covid-19. Pourtant, des alertes ont été lancées ces dernières années. En 2015, Bill Gates disait, au cours d’une conférence TED, que l’origine d’une possible catastrophe mondiale ne serait pas nucléaire mais biologique, provoquée par un virus hautement contagieux. Plus tôt encore, la CIA avait pointé, dans un rapport prospectif publié en 2009, le danger d’une pandémie mondiale décrite en ces termes : « L’apparition d’une nouvelle maladie respiratoire humaine virulente, extrêmement contagieuse, pour laquelle il n’existe pas de traitement adéquat. » A l’heure du Covid-19, ces mises en garde apparaissent comme des prophéties, qui sont d’ailleurs très bien exploitées par les complotistes de tous bords. Mais dans un contexte où les principales menaces étaient incarnées par le terrorisme islamiste et la prolifération des armes nucléaires, la mise en garde ne fut absolument pas considérée. Impréparés, les Etats et les populations s’adaptent comme ils peuvent à cette nouvelle réalité. Même les religions, caractérisées par des rituels immuables, ont dû tenir compte du nouveau coronavirus. Nul n’oubliera de sitôt les images impressionnantes de la Mosquée sacrée de La Mecque totalement...