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Indigence




Indigence

 

Le Premier ministre Manuel Valls déclarait sur un ton alarmiste : « Il y a une forme de minorité agissante, des groupes (salafistes) sont en train de gagner la bataille idéologique et culturelle de l’islam en France. »

Ajoutant : « Le débat ne (doit) pas seu lement se faire entre l’islam et la société, mais bien au sein même de l’islam. »

D’abord, rappelons que le niveau de « menace » évoqué est surestimé. Les musul mans de France dans leur majorité ont plutôt tendance à évoluer vers un syncrétisme des courants islamiques, passé au mixeur des convenances personnelles.

Ensuite, reconnaissons que l’influence d’un islam codifié et normatif est bien réelle auprès de nombre de jeunes musulmans, qu’ils soient fragilisés socialement ou en situation de réussite professionnelle. Fort heureusement, le salafisme n’a pas encore remporté la bataille au sein de l’islam de France.

Mais nous devons rester vigilants. Car le plus grand danger est l’état d’indigence dans lequel évolue l’islam de France. Les structures éducatives et religieuses animées par des imams importés mais ne connaissant pas le contexte sociologique de la France ou par des imams français mais payés au lancepierre ne peuvent résister longtemps à l’idéologie du salafisme qui, elle, est financée par les pétrodollars et relayée par la puissance d’Internet.

Pourtant, les initiatives culturelles qui encouragent le débat au sein de l’islam sont bien là. Salamnews, qui a fait du plu ralisme sa ligne éditoriale, est un bel exemple.

Mais, là aussi, l’indigence de l’État fran çais aux innombrables conseillers et consultants bombardés spécialistes de l’islam est patente. Tant est son incapacité à iden tifier et à encourager les acteurs d’une réelle contreoffensive


Mohammed Colin le Vendredi 29 Avril 2016


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Edito

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Mohammed Colin - 28/10/2019
Trente années de débats sur la laïcité qui semblent jamais n’en finir. Tel le serpent de mer, le voile alimente très régulièrement les débats dans les colonnes de nos journaux, sur nos écrans de télévision et nos dîners en ville. Pourtant, l’architecture de la laïcité repose sur deux principes simples rappelés très justement par le Premier ministre Edouard Philippe : « la liberté de croire ou de ne pas croire » et « la neutralité absolue des pouvoirs publics s’agissant de faits religieux ». Le reste ne serait que nuances d’interprétation et elles ont parfois tendance à faire dire tout et son contraire aux fameux principes cités plus haut. Ceux et celles qui, aujourd’hui, font valoir de nouvelles lois d’interdiction des signes religieux établissent délibérément des confusions sur le principe de séparation des Eglises et de l’Etat inscrit dans notre Constitution. Raison pour laquelle il est nécessaire de marteler que la laïcité est avant tout un principe de liberté, du culte et de la conscience pour chaque citoyen. Confondre l’Etat et ses fonctionnaires avec la société et les usagers des services publics, ce n’est plus possible. Ces confusions instrumentalisées à des fins politiques désignent le mouton noir : une femme (encore une femme) qui, en portant un voile, refuserait les règles du jeu commun. Faux si nous nous contentons de la simple lecture des deux principes. L’Etat autorise une maman voilée à accompagner ses enfants lors d’une sortie de classe, comme le stipule un arrêt du Conseil d’Etat en 2013. Le plus grave, c’est que ces confusions, qui entrainent de sempiternelles polémiques, produisent de la toxicité au sein de notre tissu social en dressant les gens les uns contre les autres et, au final, renforcent les éléments les plus archaïques au sein de notre société, c’est-à-dire les agents du communautarisme de tout bord, qu’ils soient d’extrême droite ou issus du rang des musulmans identitaires. Totalement contre-productif.