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Folie Meurtrière




Folie Meurtrière
En écrivant ces lignes, il était impossible de ne pas revenir sur la tuerie qui a entraîné la mort de sept personnes : trois militaires français de confession musulmane, trois enfants et un enseignant de confession juive.

Même si le train de l’info passe à grande vitesse, il faut nous arrêter pour une pause réflexion. Surtout lorsque l’on est submergé par une émotion collective, en l’occurrence l’effroi. L’enchaînement de scènes d’une violence insoutenable, auxquelles nous avons assisté durant plus d’une semaine, ne nous a pas permis d’en mesurer toute l’horreur. Une question lancinante que les médias n’ont pas manqué de poser : comment parvient-on à engendrer ce type de monstre ? Évidemment, l’angoisse monte rapidement, car il est difficile de savoir. Le monstrueux reste inexplicable.

Alors, pour soulager cette angoisse collective il faut un début de réponse. On soupçonne très vite l’islam de produire un tel désordre. Il faut dire que nous sommes tristement habitués à voir les musulmans de France pris en otages par n’importe quel détraqué. Bien sûr, Mohamed Merah a fréquenté un jour la mosquée, la prison. Un parcours aux similitudes troublantes avec celui de Khaled Kelkal, il y a de cela 17 ans. La même pulsion meurtrière, le même ressentiment, la même issue tragique… Mais à y regarder de plus près, ces pulsions de mort, ces passages à l’acte morbide sont aussi très proches d’un certain Anders Behring Breivik, auteur des massacres d’Oslo et de l’île d’Utøya en juillet 2011, dont l’expertise médicale a révélé récemment le dérangement mental.

Les monstres missionnaires ne doivent jamais être confondus avec les populations et les religions dont ils se réclament. Ce serait leur faire trop d’honneur.


Mohammed Colin le Jeudi 12 Avril 2012


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Edito

Le temps de la justice

Mohammed Colin - 18/11/2021
Par un hasard du calendrier, les commémorations des attentats du 11 septembre 2001 ont coïncidé avec le début du procès hors norme des attaques du 13 novembre 2015. Deux traumatismes provoqués par la même idéologie mortifère, le jihadisme, mais qui font appel à deux visions différentes pour répandre la justice. Si les profils et les modes d’actions changent avec le temps, le terrorisme islamiste s’inscrit dans le temps long en mettant au défi l’État de droit de nos sociétés. Chaque attentat coche à deux objectifs simultanés tels le fameux effet « kiss-cool ». Outre le fait de semer l’effroi auprès des populations conformément à la nature intrinsèque du terrorisme, le but est aussi de prendre en défaut nos systèmes démocratiques en les conduisant à renier leurs valeurs. La suspicion généralisée, la production de lois et de tribunaux d’exception sont des dommages qui font partie intégrante de leur stratégie. Le second effet serait donc une sorte de pousse à la faute qui soutiendrait l’idée que notre système démocratique n’est pas si vertueux qu’il n’y parait. C’est dans ce sens que la réponse va-t-en-guerre de Bush au Moyen-Orient après le 11-Septembre et son incapacité à traduire, 20 ans après, les inculpés devant un tribunal digne des standards de justice d’un État démocratique constituent de graves erreurs qui profitent aux jihadistes. En France, six ans après l’horreur du 13-Novembre, c’est une autre approche qui nous guide. Celle de la justice encadrée par notre État de droit. Face au déchaînement de violence qui a fait 131 morts, nous répondons par neuf mois d’un procès historique minutieusement préparé dans lequel sont jugés 20 accusés. Il représente une étape importante dans le processus de résilience des victimes directes mais aussi pour la communauté nationale. La captation vidéo entière du procès constituera un matériau d’importance pour la postérité. Une leçon pour les futures générations que le respect de l’Etat de droit doit demeurer notre boussole.