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Éviter le séisme présidentiel




Les apparences sont sauves. Nous avons échappé à la prise par le Front national de plusieurs de nos départements. Désemparés, beaucoup de nos concitoyens au 1er tour des départementales s’étaient livrés à ce parti. D’autres n’ont pas daigné se déplacer mais n’en pensaient pas moins. Cette secousse de grande ampleur annonce pour la prochaine présidentielle la menace d’un séisme politique. 
En effet, avec amertume, il faut reconnaître que la montée de l’extrême droite, depuis sa qualification au 2e tour de l’élection présidentielle de 2002, atteint aujourd’hui un stade de maturité qui reconfigure l’espace politique et met le parti de la famille Le Pen en situation d’exercer le pouvoir. Si cela devait arriver, ce serait une tragédie sans précédent pour le vivre-ensemble depuis Vichy. Nous pouvons éviter une telle situation en nous mobilisant. Il ne s’agit pas de résister ni de se contenter d’une posture défensive. Il faut bel et bien passer à l’offensive.
Il existe des réservoirs immenses de voix qui peuvent se mobiliser en faveur des partis et des candidats républicains. À condition de ne pas monter une partie des citoyens contre une autre sur des questions ethnico-religieuses. Au contraire, nos concitoyens ont besoin de se sentir rassurés face aux défis économiques à l’heure de la mondialisation
et aux bouleversements inédits de leur quotidien. À charge aux politiques d’incarner ce destin collectif et non celui du délitement social. La France de sang et de culture mêlés doit s’assumer comme telle pour se positionner au meilleur dans la
compétition mondiale.


Mohammed Colin le Dimanche 10 Mai 2015


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Edito

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Mohammed Colin - 28/06/2022
Dans ce numéro estival, nous abordons deux sujets d’importance qui n’ont strictement rien à voir l’un et l’autre : l’audiovisuel et le pèlerinage à La Mecque. Deux secteurs si éloignés, si différents, mais confrontés à la même problématique, celle de la transformation numérique de nos sociétés. Par le passé, la filière du pèlerinage était structurée par des intermédiaires. Dans l’organisation du hajj, les voyagistes captaient jusque-là la valeur, non sans défaillances pour certains sur la qualité et les engagements dus aux pèlerins. Saphirnews.com fut dès 2004 le premier site d’information à alerter sur ces dysfonctionnements. Des organisations se sont alors créées, œuvrant à éduquer les pèlerins sur leurs droits et les voyagistes sur leurs devoirs. Depuis peu, l’Arabie Saoudite a lancé sa plateforme numérique pour se lier directement aux pèlerins, suscitant de terribles inquiétudes chez les voyagistes, exclus de fait de la chaine de valeur. Ils n’ont pas manqué de se plaindre au nom des intérêts du pèlerin. Le plus comique, c’est que les griefs formulés sont les mêmes que ceux exprimés par les pèlerins à leur encontre en 2004. Dans le milieu du cinéma, le schéma est identique. Les plateformes de streaming, devenus aussi producteurs, ont accès directement au public et sont en mesure de se passer des exploitants de cinéma. Maintenant en position de faiblesse, ces derniers larmoient à leur tour sur le danger de la suprématie des « affreuses » plateformes avec, pour risque principal selon eux, de porter atteinte à la diversité du cinéma alors qu’eux-mêmes bloquaient la production de certains films pour éviter les publics ne consommant ni sodas ni pop-corn, dixit « les têtes à capuche ». Les séries type Lupin de Netflix et Oussekine de Disney+ nous démontrent l’inverse. Ceux qui ont largement profité des situations de rente auraient pu investir en créant des écosystèmes vertueux. Finalement, dans le business comme dans la foi, il y a divers degrés d’élévation. Il faut croire que celui qui domine chez les intermédiaires, c’est celui de la « foi du commerçant ». L’étage le plus bas.