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 Au risque de paraître naïfs auprès de nos plus anciens, nous n’avions pas vu venir le coup. Oui, parce qu’ingénus que nous sommes, ce tir a été porté d’un endroit – en l’occurrence le Sénat fraîchement élu et passé à gauche –, sur lequel on ne portait aucun soupçon. Nous pensions, au contraire, que cette  honorable assemblée allait apaiser les humeurs. Alors, de là à imaginer que des sénateurs de gauche – en soumettant les assistantes maternelles  accueillant des enfants chez elles à « une obligation de neutralité en matière religieuse dans le cours de son activité d’accueil d’enfant » – surenchérirait une laïcité culturelle et identitaire, davantage à droite même que l’UMP…, il y avait de quoi fumer des produits plus ou moins illicites ! Mais ce qui est à souligner,  c’est la motivation affichée, prétendument pour éviter l’endoctrinement des jeunes esprits, qui a conduit au vote de cette loi, car elle en dit long sur le climat  ambiant. Nous sommes désormais pleinement dans l’ère du soupçon permanent envers celles et ceux qui ont un lien, proche ou lointain, avec l’islam. Si  nous n’y prenons pas garde, ce lien deviendra bientôt un délit en France. Pour le moment, le soupçon est tenace puisqu’il se poursuit jusque dans la sphère privée. Et c’est là une très grande nouveauté que de vouloir instaurer une neutralité dans le foyer familial, dont l’espace de vie est tout sauf neutre. Avec cette loi, on pourrait alors exiger de décrocher la photo de la figure paternelle en voyage à La Mecque ou celle de la communion du petit dernier, et, pourquoi pas,
de les remplacer par un portrait de Marianne pour s’assurer d’une loyauté 100 % républicaine ! 

Mohammed Colin le Mardi 7 Février 2012


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Edito

Le temps de la justice

Mohammed Colin - 18/11/2021
Par un hasard du calendrier, les commémorations des attentats du 11 septembre 2001 ont coïncidé avec le début du procès hors norme des attaques du 13 novembre 2015. Deux traumatismes provoqués par la même idéologie mortifère, le jihadisme, mais qui font appel à deux visions différentes pour répandre la justice. Si les profils et les modes d’actions changent avec le temps, le terrorisme islamiste s’inscrit dans le temps long en mettant au défi l’État de droit de nos sociétés. Chaque attentat coche à deux objectifs simultanés tels le fameux effet « kiss-cool ». Outre le fait de semer l’effroi auprès des populations conformément à la nature intrinsèque du terrorisme, le but est aussi de prendre en défaut nos systèmes démocratiques en les conduisant à renier leurs valeurs. La suspicion généralisée, la production de lois et de tribunaux d’exception sont des dommages qui font partie intégrante de leur stratégie. Le second effet serait donc une sorte de pousse à la faute qui soutiendrait l’idée que notre système démocratique n’est pas si vertueux qu’il n’y parait. C’est dans ce sens que la réponse va-t-en-guerre de Bush au Moyen-Orient après le 11-Septembre et son incapacité à traduire, 20 ans après, les inculpés devant un tribunal digne des standards de justice d’un État démocratique constituent de graves erreurs qui profitent aux jihadistes. En France, six ans après l’horreur du 13-Novembre, c’est une autre approche qui nous guide. Celle de la justice encadrée par notre État de droit. Face au déchaînement de violence qui a fait 131 morts, nous répondons par neuf mois d’un procès historique minutieusement préparé dans lequel sont jugés 20 accusés. Il représente une étape importante dans le processus de résilience des victimes directes mais aussi pour la communauté nationale. La captation vidéo entière du procès constituera un matériau d’importance pour la postérité. Une leçon pour les futures générations que le respect de l’Etat de droit doit demeurer notre boussole.