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Double deuil




Comme redouté, les cas de Covid-19, avec la chute des températures, sont repartis à la hausse, obligeant les autorités à reconfiner notre pays pour au moins un mois. Le dispositif, moins contraignant cette fois-ci, vise à ralentir drastiquement la transmission du virus tout en pénalisant le moins possible l’économie comme l’a annoncé le chef de l’État. L’accueil des élèves dans les écoles, collèges et lycées est assuré mais les cultes publics, notamment les offices religieux dans les mosquées, ne peuvent plus se tenir. Si les visites dans les Ehpad sont autorisées, c’est une nouvelle épreuve pour de nombreux seniors, parmi lesquels les chibanis à l’état de santé préoccupant qui ne se trouvent pas dans des résidences médicalisées mais plutôt dans des foyers.

L’émotion qu’a suscité  l’assassinat  de l’enseignant Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine n’a pas eu le temps de retomber qu’un nouvel attentat islamiste dans la basilique de Notre-Dame de Nice emporta trois autres personnes près de deux semaines plus tard. A l’heure du confinement, c’est un double deuil que nous partageons avec la communauté éducative de notre pays et les catholiques de France.

Il est certain que les jihadistes se servent des caricatures du Prophète pour amplifier leur propagande et ainsi recruter des candidats au terrorisme.  Pour autant, la France ne doit pas renoncer à défendre la liberté d’expression qui se trouve au fondement même de son histoire politique. Les musulmans de France, très attachés à cette valeur, savent bien que les caricatures publiées n’ont rien à voir avec l’image du Prophète qu’ils s’en font. ils ne se laisseront pas duper par les manipulations comme c’est le cas dans des pays musulmans avec les appels au boycott et aux manifestations.

Mohammed Colin le Lundi 9 Novembre 2020


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Edito

Le temps de la justice

Mohammed Colin - 18/11/2021
Par un hasard du calendrier, les commémorations des attentats du 11 septembre 2001 ont coïncidé avec le début du procès hors norme des attaques du 13 novembre 2015. Deux traumatismes provoqués par la même idéologie mortifère, le jihadisme, mais qui font appel à deux visions différentes pour répandre la justice. Si les profils et les modes d’actions changent avec le temps, le terrorisme islamiste s’inscrit dans le temps long en mettant au défi l’État de droit de nos sociétés. Chaque attentat coche à deux objectifs simultanés tels le fameux effet « kiss-cool ». Outre le fait de semer l’effroi auprès des populations conformément à la nature intrinsèque du terrorisme, le but est aussi de prendre en défaut nos systèmes démocratiques en les conduisant à renier leurs valeurs. La suspicion généralisée, la production de lois et de tribunaux d’exception sont des dommages qui font partie intégrante de leur stratégie. Le second effet serait donc une sorte de pousse à la faute qui soutiendrait l’idée que notre système démocratique n’est pas si vertueux qu’il n’y parait. C’est dans ce sens que la réponse va-t-en-guerre de Bush au Moyen-Orient après le 11-Septembre et son incapacité à traduire, 20 ans après, les inculpés devant un tribunal digne des standards de justice d’un État démocratique constituent de graves erreurs qui profitent aux jihadistes. En France, six ans après l’horreur du 13-Novembre, c’est une autre approche qui nous guide. Celle de la justice encadrée par notre État de droit. Face au déchaînement de violence qui a fait 131 morts, nous répondons par neuf mois d’un procès historique minutieusement préparé dans lequel sont jugés 20 accusés. Il représente une étape importante dans le processus de résilience des victimes directes mais aussi pour la communauté nationale. La captation vidéo entière du procès constituera un matériau d’importance pour la postérité. Une leçon pour les futures générations que le respect de l’Etat de droit doit demeurer notre boussole.