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Détresses et questionnements 1




« JE SUIS MAROCAINE, MARIÉE avec un médecin spécialiste marocain de 32 ans. Notre fille a 18 mois. Mon mari nous a quittées il y a un an, mais ne dépense  pas pour nous. Il n’a pas fait de démarches pour le divorce et veut me laisser dans cette situation : ni mariée ni divorcée. Sans foyer ni moyens, je suis retournée vivre avec mes parents. Lui vit sa vie, il a une maîtresse. Il veut me prendre ma fille pour se venger de moi. Sa mère le monte contre moi. Qu’en pensez-vous ? Merci pour tout. »
 
Yasmine

Chams en Nour. Vous voilà dans une situation de souffrance, hélas nullement exceptionnelle. Son attitude, telle que vous la décrivez, est indigne. Non seulement  il ne vous respecte pas et vous maintient dans une dépendance qui ne résout rien, mais aussi il déserte le foyer familial en abandonnant son rôle de père, ce qui aura des conséquences très perturbantes pour votre fille. Mais vous parlez de vengeance, il vous en voudrait ? Même si les torts semblent de son côté, il est important que vous réfléchissiez à ce qui, dans votre attitude, aurait pu l’éloigner de vous. C’est la seule condition pour vous éviter de vous retrouver dans la  même situation une seconde fois. Avez-vous pris le conseil d’un avocat pour vous sortir de cet imbroglio ? Un conseil juridique vous serait nécessaire.

Chams en Nour, psychanalyste le Lundi 3 Décembre 2012


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Edito

Une drôle de campagne

Mohammed Colin - 24/03/2022
On se souvient de la mise en garde d’Emmanuel Macron adressée en 2017 à Vladimir Poutine contre les actions russes de déstabilisation des élections françaises. Seulement 15 jours après son entrée en fonction à l’Élysée, Macron avait invité le président russe au château de Versailles sous le prétexte d’une exposition consacrée à Pierre le Grand afin d’amorcer une forme de détente tout en y abordant les sujets qui fâchent dont l’ingérence russe, la Syrie et l’Ukraine. Cinq ans plus tard, c’est encore la Russie qui vient semer la zizanie dans la campagne présidentielle, non pas cette fois-ci, sauf révélation ultérieure, par des « organes d’influence » et des cyberattaques mais par la guerre sur un Vieux continent marqué par les affres de deux guerres mondiales. Mais avant que la guerre en Ukraine ne vienne « percuter notre vie démocratique et la campagne électorale » selon les mots du chef de l’État, on voyait bien que depuis des mois, dans le contexte de crise sanitaire, la campagne était embourbée. De nombreux sondages montrent le désintérêt des Français. La présidentielle arrive seulement en 5e position des sujets abordés par les Français avec leurs proches, à domicile ou au travail ; une chute de 26 points par rapport à 2017 où l’on se remémore très bien les grands thèmes débattus comme la moralisation de la vie politique, le pouvoir d’achat, le Frexit. Là, rien ne semble imprimer dans l’opinion publique, pas même les propositions d’Eric Zemmour. Il aura peut-être fallu la guerre et son cortège de folies pour réveiller les Français et la vieille Europe. Ce qui est sûr, c’est que le prochain président français devra avoir le cuir suffisamment épais pour faire face aux brutalités croissantes de cette nouvelle époque.