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Salamnews

Dépasser la peur




Ce vendredi 13 novembre 2015, la folie meurtrière a de nouveau frappé. Tuant à Paris et à Saint-Denis 130 personnes de 19 nationalités différentes. À travers ces personnes innocentes venues se divertir après une semaine de labeur, ce n’est pas seulement l’engagement militaire de la France qu’on a prétendument voulu condamner, c’est aussi notre modèle du vivre-ensemble, notre mode de convivialité que l’on a souhaité ébranler. 

Alors, oui, nous avons été durement secoués ! Y compris les citoyens de culture musulmane. En premier lieu, parce qu’ils font bel et bien partie intégrante de la communauté nationale et subissent profondément la douleur infligée par ces barbares fanatiques. En second lieu, parce qu’ils se sentent les otages de ces imposteurs qui brandissent l’islam comme porte-étendard de leur horrible entreprise.

Face à cette tragédie, des réactions porteuses d’espoir émanent de partout, que l’on soit croyant ou pas. L’élan de solidarité a pris le pas sur la peur. Au niveau international, il a été réconfortant de voir se répandre cette prière sur les réseaux sociaux autour du hashtag #prayforparis repris d’ailleurs par les musulmans du monde entier. 

Enfin, chez les cadres associatifs musulmans, face à leur embarras causé par ces atrocités commises au nom de leur religion, commence à émerger une ferme volonté commune de trouver des solutions pour lutter contre la radicalisation des plus jeunes et refonder une théologie contextualisée. Le CFCM a su diffuser auprès des mosquées de France, à l’occasion du sermon du vendredi qui a suivi les attentats, un appel au rejet catégorique et sans ambiguïté du terrorisme. Restons unis. Dépassons nos peurs. 


Mohammed Colin le Vendredi 4 Décembre 2015


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Edito

L’arroseur arrosé !

Mohammed Colin - 28/06/2022
Dans ce numéro estival, nous abordons deux sujets d’importance qui n’ont strictement rien à voir l’un et l’autre : l’audiovisuel et le pèlerinage à La Mecque. Deux secteurs si éloignés, si différents, mais confrontés à la même problématique, celle de la transformation numérique de nos sociétés. Par le passé, la filière du pèlerinage était structurée par des intermédiaires. Dans l’organisation du hajj, les voyagistes captaient jusque-là la valeur, non sans défaillances pour certains sur la qualité et les engagements dus aux pèlerins. Saphirnews.com fut dès 2004 le premier site d’information à alerter sur ces dysfonctionnements. Des organisations se sont alors créées, œuvrant à éduquer les pèlerins sur leurs droits et les voyagistes sur leurs devoirs. Depuis peu, l’Arabie Saoudite a lancé sa plateforme numérique pour se lier directement aux pèlerins, suscitant de terribles inquiétudes chez les voyagistes, exclus de fait de la chaine de valeur. Ils n’ont pas manqué de se plaindre au nom des intérêts du pèlerin. Le plus comique, c’est que les griefs formulés sont les mêmes que ceux exprimés par les pèlerins à leur encontre en 2004. Dans le milieu du cinéma, le schéma est identique. Les plateformes de streaming, devenus aussi producteurs, ont accès directement au public et sont en mesure de se passer des exploitants de cinéma. Maintenant en position de faiblesse, ces derniers larmoient à leur tour sur le danger de la suprématie des « affreuses » plateformes avec, pour risque principal selon eux, de porter atteinte à la diversité du cinéma alors qu’eux-mêmes bloquaient la production de certains films pour éviter les publics ne consommant ni sodas ni pop-corn, dixit « les têtes à capuche ». Les séries type Lupin de Netflix et Oussekine de Disney+ nous démontrent l’inverse. Ceux qui ont largement profité des situations de rente auraient pu investir en créant des écosystèmes vertueux. Finalement, dans le business comme dans la foi, il y a divers degrés d’élévation. Il faut croire que celui qui domine chez les intermédiaires, c’est celui de la « foi du commerçant ». L’étage le plus bas.