Connectez-vous S'inscrire
Salamnews

Dépasser la peur




Ce vendredi 13 novembre 2015, la folie meurtrière a de nouveau frappé. Tuant à Paris et à Saint-Denis 130 personnes de 19 nationalités différentes. À travers ces personnes innocentes venues se divertir après une semaine de labeur, ce n’est pas seulement l’engagement militaire de la France qu’on a prétendument voulu condamner, c’est aussi notre modèle du vivre-ensemble, notre mode de convivialité que l’on a souhaité ébranler. 

Alors, oui, nous avons été durement secoués ! Y compris les citoyens de culture musulmane. En premier lieu, parce qu’ils font bel et bien partie intégrante de la communauté nationale et subissent profondément la douleur infligée par ces barbares fanatiques. En second lieu, parce qu’ils se sentent les otages de ces imposteurs qui brandissent l’islam comme porte-étendard de leur horrible entreprise.

Face à cette tragédie, des réactions porteuses d’espoir émanent de partout, que l’on soit croyant ou pas. L’élan de solidarité a pris le pas sur la peur. Au niveau international, il a été réconfortant de voir se répandre cette prière sur les réseaux sociaux autour du hashtag #prayforparis repris d’ailleurs par les musulmans du monde entier. 

Enfin, chez les cadres associatifs musulmans, face à leur embarras causé par ces atrocités commises au nom de leur religion, commence à émerger une ferme volonté commune de trouver des solutions pour lutter contre la radicalisation des plus jeunes et refonder une théologie contextualisée. Le CFCM a su diffuser auprès des mosquées de France, à l’occasion du sermon du vendredi qui a suivi les attentats, un appel au rejet catégorique et sans ambiguïté du terrorisme. Restons unis. Dépassons nos peurs. 


Mohammed Colin le Vendredi 4 Décembre 2015


Dans la même rubrique :
< >

Lundi 28 Octobre 2019 - 16:39 Stop à la confusion

Lundi 15 Juillet 2019 - 19:50 Pédagogie

Edito | Tête d'affiche | Une Ville, une mosquée | Beauté | Business | Sport | De vous à nous




Edito

Stop à la confusion

Mohammed Colin - 28/10/2019
Trente années de débats sur la laïcité qui semblent jamais n’en finir. Tel le serpent de mer, le voile alimente très régulièrement les débats dans les colonnes de nos journaux, sur nos écrans de télévision et nos dîners en ville. Pourtant, l’architecture de la laïcité repose sur deux principes simples rappelés très justement par le Premier ministre Edouard Philippe : « la liberté de croire ou de ne pas croire » et « la neutralité absolue des pouvoirs publics s’agissant de faits religieux ». Le reste ne serait que nuances d’interprétation et elles ont parfois tendance à faire dire tout et son contraire aux fameux principes cités plus haut. Ceux et celles qui, aujourd’hui, font valoir de nouvelles lois d’interdiction des signes religieux établissent délibérément des confusions sur le principe de séparation des Eglises et de l’Etat inscrit dans notre Constitution. Raison pour laquelle il est nécessaire de marteler que la laïcité est avant tout un principe de liberté, du culte et de la conscience pour chaque citoyen. Confondre l’Etat et ses fonctionnaires avec la société et les usagers des services publics, ce n’est plus possible. Ces confusions instrumentalisées à des fins politiques désignent le mouton noir : une femme (encore une femme) qui, en portant un voile, refuserait les règles du jeu commun. Faux si nous nous contentons de la simple lecture des deux principes. L’Etat autorise une maman voilée à accompagner ses enfants lors d’une sortie de classe, comme le stipule un arrêt du Conseil d’Etat en 2013. Le plus grave, c’est que ces confusions, qui entrainent de sempiternelles polémiques, produisent de la toxicité au sein de notre tissu social en dressant les gens les uns contre les autres et, au final, renforcent les éléments les plus archaïques au sein de notre société, c’est-à-dire les agents du communautarisme de tout bord, qu’ils soient d’extrême droite ou issus du rang des musulmans identitaires. Totalement contre-productif.