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Crise de valeurs




Crise de valeurs

L'euroscepticisme l’a finalement emporté lors des derniers suffrages européens et a consacré le Front natio­nal premier parti de France avec 25% des voix. Un coup de tonnerre dans le paysage politique qui n’émeut hélas plus grand monde.
Cette résignation est inquiétante. Sur­tout si l’on tient compte du contexte médiatico-politique national depuis quelques années, miné par les affaires Tapie, Cahuzac («Je vous mens les yeux dans les yeux»), l’affaire Bygmalion aux enjeux financiers dissimulés qui vient de faire voler en éclats le principal parti d’opposition, sans évoquer la vie privée des hommes politiques scénarisée telle une production de téléréalité…
C’est dire que les politiques sont jugés ne pasêtre à la hauteur des préoccupations des Français.
Face à l’insécurité matérielle à laquelle beaucoup de concitoyens sont confrontés et à des lendemains qui s’annoncent plus durs encore, les Français n’ont plus confiance dans les partis républicains qui ont exercé à tour de rôle le pouvoir.
Alors nombreux sont ceux qui ont estimé vain de se déplacer à l’isoloir pour y poser une voix parmi tant d’autres qui, au final, ne sera pas prise en compte et n’améliorera pas leur quotidien…
L’Europe, perçue à tort comme le fossoyeur du bien-être français, devient prétendument la prin­cipale responsable du déclin hexagonal. Nos politiques de piètre envergure n’ont pas hésité à l’incriminer, masquant ainsi leurs propres défaillances.
La classe politique irrespectueuse de ses devoirs à l’égard des citoyens à travers ses affaires financières et ses scandales à répétition a fait le lit de l’abstention − le véritable premier parti de France −, ayant rendu possible cette ascension fulgurante du Front national. Très bon mois de Ramadan. 


Mohammed Colin le Jeudi 10 Juillet 2014


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Edito

Le temps de la justice

Mohammed Colin - 18/11/2021
Par un hasard du calendrier, les commémorations des attentats du 11 septembre 2001 ont coïncidé avec le début du procès hors norme des attaques du 13 novembre 2015. Deux traumatismes provoqués par la même idéologie mortifère, le jihadisme, mais qui font appel à deux visions différentes pour répandre la justice. Si les profils et les modes d’actions changent avec le temps, le terrorisme islamiste s’inscrit dans le temps long en mettant au défi l’État de droit de nos sociétés. Chaque attentat coche à deux objectifs simultanés tels le fameux effet « kiss-cool ». Outre le fait de semer l’effroi auprès des populations conformément à la nature intrinsèque du terrorisme, le but est aussi de prendre en défaut nos systèmes démocratiques en les conduisant à renier leurs valeurs. La suspicion généralisée, la production de lois et de tribunaux d’exception sont des dommages qui font partie intégrante de leur stratégie. Le second effet serait donc une sorte de pousse à la faute qui soutiendrait l’idée que notre système démocratique n’est pas si vertueux qu’il n’y parait. C’est dans ce sens que la réponse va-t-en-guerre de Bush au Moyen-Orient après le 11-Septembre et son incapacité à traduire, 20 ans après, les inculpés devant un tribunal digne des standards de justice d’un État démocratique constituent de graves erreurs qui profitent aux jihadistes. En France, six ans après l’horreur du 13-Novembre, c’est une autre approche qui nous guide. Celle de la justice encadrée par notre État de droit. Face au déchaînement de violence qui a fait 131 morts, nous répondons par neuf mois d’un procès historique minutieusement préparé dans lequel sont jugés 20 accusés. Il représente une étape importante dans le processus de résilience des victimes directes mais aussi pour la communauté nationale. La captation vidéo entière du procès constituera un matériau d’importance pour la postérité. Une leçon pour les futures générations que le respect de l’Etat de droit doit demeurer notre boussole.