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Avec le sou




Avec le sou
L’été 2016 fut terrible. Le sang de nos concitoyens a coulé sur l’autel du fanatisme religieux. Personne ne fut épargné à Nice, femmes, enfants, hommes de tous horizons, jusqu’au prêtre lâchement exécuté à Saint-Étienne-du-Rouvray. Notre fête nationale fut endeuillée. Outre les vies volées, les corps meurtris, l’ennemi a souhaité atteindre les symboles de notre vivre-ensemble. Et par-dessus tout à nous diviser.

La polémique du burkini qui a mis mal à l’aise les Français de culture musulmane, y compris ceux qui l’abhorrent, a dû réjouir au plus haut point les stratèges de Daesh. Rien de mieux que de scinder la société française et de générer de la frustration et de la colère pour enrôler des esprits faibles. Nous devons faire preuve d’intelligence et de discernement pour lutter contre le terrorisme d’un genre nouveau et ne pas, au contraire, l’alimenter indirectement.

La réactivation de la Fondation des œuvres de l’islam de France est en ce sens une bonne nouvelle. Annoncée en grande pompe en 2005 par Dominique de Villepin alors Premier ministre, elle n’a jamais pu fonctionner pour finir par tomber aux oubliettes. Il aura fallu ce contexte d’urgence pour prendre conscience du danger que représente un islam uniquement dépendant du financement étranger. Et encore pire : un islam de France sans le sou.

Alors faisons fi de la polémique à propos de la nomination de Jean-Pierre Chevènement à la présidence de cette fondation. Il n’est pas illégitime, à moins de vouloir à tout prix un musulman. Tirons-en une opportunité ! Cette personnalité apparait, en réalité, comme étant un véritable atout de confiance auprès des bailleurs de fond face à une opinion publique toujours plus suspicieuse à l’égard du fait musulman.

Mohammed Colin le Mardi 13 Septembre 2016


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Edito

Stop à la confusion

Mohammed Colin - 28/10/2019
Trente années de débats sur la laïcité qui semblent jamais n’en finir. Tel le serpent de mer, le voile alimente très régulièrement les débats dans les colonnes de nos journaux, sur nos écrans de télévision et nos dîners en ville. Pourtant, l’architecture de la laïcité repose sur deux principes simples rappelés très justement par le Premier ministre Edouard Philippe : « la liberté de croire ou de ne pas croire » et « la neutralité absolue des pouvoirs publics s’agissant de faits religieux ». Le reste ne serait que nuances d’interprétation et elles ont parfois tendance à faire dire tout et son contraire aux fameux principes cités plus haut. Ceux et celles qui, aujourd’hui, font valoir de nouvelles lois d’interdiction des signes religieux établissent délibérément des confusions sur le principe de séparation des Eglises et de l’Etat inscrit dans notre Constitution. Raison pour laquelle il est nécessaire de marteler que la laïcité est avant tout un principe de liberté, du culte et de la conscience pour chaque citoyen. Confondre l’Etat et ses fonctionnaires avec la société et les usagers des services publics, ce n’est plus possible. Ces confusions instrumentalisées à des fins politiques désignent le mouton noir : une femme (encore une femme) qui, en portant un voile, refuserait les règles du jeu commun. Faux si nous nous contentons de la simple lecture des deux principes. L’Etat autorise une maman voilée à accompagner ses enfants lors d’une sortie de classe, comme le stipule un arrêt du Conseil d’Etat en 2013. Le plus grave, c’est que ces confusions, qui entrainent de sempiternelles polémiques, produisent de la toxicité au sein de notre tissu social en dressant les gens les uns contre les autres et, au final, renforcent les éléments les plus archaïques au sein de notre société, c’est-à-dire les agents du communautarisme de tout bord, qu’ils soient d’extrême droite ou issus du rang des musulmans identitaires. Totalement contre-productif.