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Au sud, il fait chaud…




Au sud, il fait chaud…
Commençons par l’affaire DSK, dont la seule certitude que nous avons à l’instant où sont écrites ces lignes est que deux vies humaines sont brisées. Le propos ici n’est pas de deviser sur les culpabilités. Laissons faire la justice américaine. Le seul fait intéressant, c’est la levée d’un coin du voile sur l’existence de relations machistes d’une violence insoupçonnée au sein de nos classes dirigeantes. Des années durant, des associations dites féministes nous expliquaient que le machisme vaincu partout ailleurs (sic) trouvait refuge dans les quartiers populaires (c’est un peu le sud des pays développés) sous les auspices de petits mecs devenus ayatollah. C’est donc un cinglant démenti à tous ceux et celles qui ont voulu culturaliser la question du genre. Le machisme gangrène tous les milieux sociaux.

Un peu plus au sud s’est levé depuis le 15 mai, à la Puerta del Sol, un mouvement de protestation porté par les jeunes Espagnols victimes principalement du mal-logement et du chômage de masse qui n’épargnent personne, y compris les plus diplômés. Ils ont vite été rejoints par la jeunesse grecque et portugaise en proie aux mêmes maux. Ce mouvement nommé « Démocratie réelle maintenant » dit s’être inspiré du Printemps arabe qui a libéré les peuples – situés encore plus au Sud – de leurs autocrates, soutenus hier par les pays du Nord. Ils ont en commun une exigence morale d’enrayer la corruption des gouvernants ; vient ensuite l’exigence sociale d’une répartition plus égalitaire des richesses nationales.

Vous aurez remarqué qu’il fait très chaud au Sud, mais qu’on respire un air tout aussi caniculaire au Nord.

Mohammed Colin le Lundi 13 Juin 2011


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Edito

L’arroseur arrosé !

Mohammed Colin - 28/06/2022
Dans ce numéro estival, nous abordons deux sujets d’importance qui n’ont strictement rien à voir l’un et l’autre : l’audiovisuel et le pèlerinage à La Mecque. Deux secteurs si éloignés, si différents, mais confrontés à la même problématique, celle de la transformation numérique de nos sociétés. Par le passé, la filière du pèlerinage était structurée par des intermédiaires. Dans l’organisation du hajj, les voyagistes captaient jusque-là la valeur, non sans défaillances pour certains sur la qualité et les engagements dus aux pèlerins. Saphirnews.com fut dès 2004 le premier site d’information à alerter sur ces dysfonctionnements. Des organisations se sont alors créées, œuvrant à éduquer les pèlerins sur leurs droits et les voyagistes sur leurs devoirs. Depuis peu, l’Arabie Saoudite a lancé sa plateforme numérique pour se lier directement aux pèlerins, suscitant de terribles inquiétudes chez les voyagistes, exclus de fait de la chaine de valeur. Ils n’ont pas manqué de se plaindre au nom des intérêts du pèlerin. Le plus comique, c’est que les griefs formulés sont les mêmes que ceux exprimés par les pèlerins à leur encontre en 2004. Dans le milieu du cinéma, le schéma est identique. Les plateformes de streaming, devenus aussi producteurs, ont accès directement au public et sont en mesure de se passer des exploitants de cinéma. Maintenant en position de faiblesse, ces derniers larmoient à leur tour sur le danger de la suprématie des « affreuses » plateformes avec, pour risque principal selon eux, de porter atteinte à la diversité du cinéma alors qu’eux-mêmes bloquaient la production de certains films pour éviter les publics ne consommant ni sodas ni pop-corn, dixit « les têtes à capuche ». Les séries type Lupin de Netflix et Oussekine de Disney+ nous démontrent l’inverse. Ceux qui ont largement profité des situations de rente auraient pu investir en créant des écosystèmes vertueux. Finalement, dans le business comme dans la foi, il y a divers degrés d’élévation. Il faut croire que celui qui domine chez les intermédiaires, c’est celui de la « foi du commerçant ». L’étage le plus bas.