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Salamnews

70 ans




Les 70 années de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Celle-ci reste cet horizon moral de notre temps, comme le dit si bien Robert Badinter, l’ancien ministre de la Justice.
Mais, dans la réalité, ces valeurs sont quotidiennement soumises à rude épreuve. Les politiques de plus en plus répressives, sous couvert de lutte contre le terrorisme, l’utilisation des armes de guerre contre les populations civiles, les camps d’internement comme ceux des Ouighours, en Chine, ou la persécution des Rohingyas, en Birmanie, illustrent l’affaiblissement croissant des droits humains à travers le monde.
La montée des extrêmes droites et autres partis populistes dans les principales démocraties risque, hélas, d’amplifi er le mouvement. Sans parler du dérèglement climatique, qui pousse des millions d’individus sur les dangereuses routes de l’exil, où la vie humaine ne vaut pas grand-chose.
D’ailleurs, le regretté Stéphane Hessel, celui qui participa comme témoin privilégié à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme, confi a il y a quelques années à Salamnews, avec un certain réalisme : « Le merveilleux programme de 1948 n’est encore qu’un programme… Faute de ressources financières pour certains pays et faute de soutiens politiques des gouvernements pour d’autres. » Il faudra donc à ce réalisme de la raison y associer l’optimisme de la volonté pour tenter
d’inverser la tendance.

Mohammed Colin le Lundi 12 Novembre 2018


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Edito

L’arroseur arrosé !

Mohammed Colin - 28/06/2022
Dans ce numéro estival, nous abordons deux sujets d’importance qui n’ont strictement rien à voir l’un et l’autre : l’audiovisuel et le pèlerinage à La Mecque. Deux secteurs si éloignés, si différents, mais confrontés à la même problématique, celle de la transformation numérique de nos sociétés. Par le passé, la filière du pèlerinage était structurée par des intermédiaires. Dans l’organisation du hajj, les voyagistes captaient jusque-là la valeur, non sans défaillances pour certains sur la qualité et les engagements dus aux pèlerins. Saphirnews.com fut dès 2004 le premier site d’information à alerter sur ces dysfonctionnements. Des organisations se sont alors créées, œuvrant à éduquer les pèlerins sur leurs droits et les voyagistes sur leurs devoirs. Depuis peu, l’Arabie Saoudite a lancé sa plateforme numérique pour se lier directement aux pèlerins, suscitant de terribles inquiétudes chez les voyagistes, exclus de fait de la chaine de valeur. Ils n’ont pas manqué de se plaindre au nom des intérêts du pèlerin. Le plus comique, c’est que les griefs formulés sont les mêmes que ceux exprimés par les pèlerins à leur encontre en 2004. Dans le milieu du cinéma, le schéma est identique. Les plateformes de streaming, devenus aussi producteurs, ont accès directement au public et sont en mesure de se passer des exploitants de cinéma. Maintenant en position de faiblesse, ces derniers larmoient à leur tour sur le danger de la suprématie des « affreuses » plateformes avec, pour risque principal selon eux, de porter atteinte à la diversité du cinéma alors qu’eux-mêmes bloquaient la production de certains films pour éviter les publics ne consommant ni sodas ni pop-corn, dixit « les têtes à capuche ». Les séries type Lupin de Netflix et Oussekine de Disney+ nous démontrent l’inverse. Ceux qui ont largement profité des situations de rente auraient pu investir en créant des écosystèmes vertueux. Finalement, dans le business comme dans la foi, il y a divers degrés d’élévation. Il faut croire que celui qui domine chez les intermédiaires, c’est celui de la « foi du commerçant ». L’étage le plus bas.