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10 ans après




Une décennie déjà s’est écoulée depuis l’effroyable événement du 11 septembre 2001, et a fait entrer dans le XXIe siècle toute une humanité, dont certains essayistes n’avaient cessé de dire, depuis la chute du mur de Berlin, qu’elle était sortie de l’Histoire.

Mais la fulgurance de l’événement a ruiné cette vision du monde au profit de leurs contradicteurs, qui au vieil affrontement du bloc Est-Ouest ont substitué le choc des civilisations. Les conflits entre les aires culturelles (bloc occidental, bloc arabo-musulman, bloc asiatique…) étaient désormais devenus le moteur de l’Histoire. Et Samuel Huntington, le principal fondateur de cette théorie, ne pouvait souhaiter meilleur événement (mettant en scène le bloc musulman contre le bloc occidental) pour en tirer une puissante illustration de sa lecture des relations internationales.

Rappelons que ce fut le premier événement à avoir été médiatisé à 360 degrés (TV, radio, presse, Web), sans oublier le rôle de la téléphonie mobile qui, en enregistrant les dernières minutes de conversations des victimes avec leurs proches, a eu pour rôle d’accentuer une dramaturgie vécue planétairement.

Passés le moment de stupeur et le choc émotionnel de ces attaques sur le sol américain, nous nous sommes progressivement rendu compte qu’Al Qaida n’avait jamais représenté un bloc culturel dans lequel se référaient les musulmans de toutes les contrées du monde. L’idée était d’autant plus saugrenue que, comme le rappelle Gilles Kepel, Al Qaida a peu à peu non seulement perdu les masses arabes mais surtout incarné l’échec de l’islam politique. Les révolutions arabes du printemps 2011 ont confirmé ces analyses.

Mohammed Colin le Jeudi 1 Septembre 2011


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Edito

Le temps de la justice

Mohammed Colin - 18/11/2021
Par un hasard du calendrier, les commémorations des attentats du 11 septembre 2001 ont coïncidé avec le début du procès hors norme des attaques du 13 novembre 2015. Deux traumatismes provoqués par la même idéologie mortifère, le jihadisme, mais qui font appel à deux visions différentes pour répandre la justice. Si les profils et les modes d’actions changent avec le temps, le terrorisme islamiste s’inscrit dans le temps long en mettant au défi l’État de droit de nos sociétés. Chaque attentat coche à deux objectifs simultanés tels le fameux effet « kiss-cool ». Outre le fait de semer l’effroi auprès des populations conformément à la nature intrinsèque du terrorisme, le but est aussi de prendre en défaut nos systèmes démocratiques en les conduisant à renier leurs valeurs. La suspicion généralisée, la production de lois et de tribunaux d’exception sont des dommages qui font partie intégrante de leur stratégie. Le second effet serait donc une sorte de pousse à la faute qui soutiendrait l’idée que notre système démocratique n’est pas si vertueux qu’il n’y parait. C’est dans ce sens que la réponse va-t-en-guerre de Bush au Moyen-Orient après le 11-Septembre et son incapacité à traduire, 20 ans après, les inculpés devant un tribunal digne des standards de justice d’un État démocratique constituent de graves erreurs qui profitent aux jihadistes. En France, six ans après l’horreur du 13-Novembre, c’est une autre approche qui nous guide. Celle de la justice encadrée par notre État de droit. Face au déchaînement de violence qui a fait 131 morts, nous répondons par neuf mois d’un procès historique minutieusement préparé dans lequel sont jugés 20 accusés. Il représente une étape importante dans le processus de résilience des victimes directes mais aussi pour la communauté nationale. La captation vidéo entière du procès constituera un matériau d’importance pour la postérité. Une leçon pour les futures générations que le respect de l’Etat de droit doit demeurer notre boussole.