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Une occasion ratée




Une occasion ratée
Oussama Ben Laden est mort. C’est un soulagement pour le monde entier et pour la majorité des musulmans. Depuis le 11-Septembre 2001, où des avions détournés par des membres d’Al-Qaïda ont percuté les deux tours jumelles du World Trade Center, coûtant la vie à près de 3 000 victimes – parmi elles, de nombreux musulmans, on l’oublie souvent –, le soupçon généralisé s’était abattu sur tous les enfants d’Ismaël.
Le terrorisme est en réalité une notion très éloignée de l’esprit de l’islam. Le Coran dit en substance que « quiconque enlève une vie, c’est comme s’il avait tué toute l’humanité ; et quiconque fait don de la vie, c’est comme s’il avait sauvé toute l’humanité ».
C’est toujours selon cet esprit qu’en 2004 feu Mansour Escudero, personnalité très influente de l’islam espagnol et responsable de la principale organisation musulmane d’Espagne, écrivit une fatwa de cinq pages très argumentée qui décréta : « Hors de l’islam Oussama Ben Laden, Al-Qaïda et tous ceux qui prétendent justifier le terrorisme en se fondant sur le Coran. » Une excommunication – très rare en islam – qui condamne sans appel le terrorisme.
Pour autant, la mort d’Oussama Ben Laden n’appelle pas à des réjouissances. Les conditions de sa découverte et de son exécution recèlent de nombreuses zones d’ombre. Son immersion en mer, prétendument en respect du rite islamique, est une farce politique de mauvais goût. Plutôt que de passer l’homme à la trappe, nous aurions souhaité que cet assassin et instigateur de mouvements terroristes puisse publiquement rendre des comptes devant la justice des hommes avant que de s’expliquer devant celle du Très-Haut.

Mohammed Colin le Dimanche 15 Mai 2011


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Edito

Une drôle de campagne

Mohammed Colin - 24/03/2022
On se souvient de la mise en garde d’Emmanuel Macron adressée en 2017 à Vladimir Poutine contre les actions russes de déstabilisation des élections françaises. Seulement 15 jours après son entrée en fonction à l’Élysée, Macron avait invité le président russe au château de Versailles sous le prétexte d’une exposition consacrée à Pierre le Grand afin d’amorcer une forme de détente tout en y abordant les sujets qui fâchent dont l’ingérence russe, la Syrie et l’Ukraine. Cinq ans plus tard, c’est encore la Russie qui vient semer la zizanie dans la campagne présidentielle, non pas cette fois-ci, sauf révélation ultérieure, par des « organes d’influence » et des cyberattaques mais par la guerre sur un Vieux continent marqué par les affres de deux guerres mondiales. Mais avant que la guerre en Ukraine ne vienne « percuter notre vie démocratique et la campagne électorale » selon les mots du chef de l’État, on voyait bien que depuis des mois, dans le contexte de crise sanitaire, la campagne était embourbée. De nombreux sondages montrent le désintérêt des Français. La présidentielle arrive seulement en 5e position des sujets abordés par les Français avec leurs proches, à domicile ou au travail ; une chute de 26 points par rapport à 2017 où l’on se remémore très bien les grands thèmes débattus comme la moralisation de la vie politique, le pouvoir d’achat, le Frexit. Là, rien ne semble imprimer dans l’opinion publique, pas même les propositions d’Eric Zemmour. Il aura peut-être fallu la guerre et son cortège de folies pour réveiller les Français et la vieille Europe. Ce qui est sûr, c’est que le prochain président français devra avoir le cuir suffisamment épais pour faire face aux brutalités croissantes de cette nouvelle époque.