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Un passé qui devra passer



Un passé qui devra passer
Le 5 juillet prochain, les Algériens et les amis de l’Algérie fêteront le cinquantenaire de l’Algérie indépendante. C’est l’occasion pour Salamnews de dresser un bilan.
La guerre d’Algérie tient en effet une place encore très importante dans la mémoire collective de notre France contemporaine. Les événements dramatiques, qui ont ponctué cette difficile décolonisation, constituent des points de mémoire auxquels s’identifient tous les Franco-Maghrébins, qu’ils soient d’origine marocaine, tunisienne ou algérienne, sans oublier les pieds-noirs et les harkis.
C’est dire l’importance de cette tragédie historique, qui, il faut le reconnaître, selon l’expression d’Henry Rousso, est « un passé qui ne passe pas ». D’ailleurs, ce passé ne passe pas des deux côtés de la Méditerranée. Sur la rive nord, il y a les porteurs de valises et les rapatriés à perpétuité qui n’ont su se  parler ; et sur la rive sud, on y trouve tout un peuple prisonnier depuis 50 ans d’une nomenklatura ayant fondé sa légitimité sur un récit mythifié de la libération.
Le discours de Bouteflika du 8 mai dernier, que l’on qualifie d’adieu, prend ici tout son sens. C’est le passage de témoin et l’annonce d’une génération nouvelle : les enfants de l’indépendance qui arrivent au pouvoir. On peut se prêter à espérer une relation nouvelle entre la France et l’Algérie : moins obsessionnelle, moins affective ; osons le dire : plus adulte. Car l’avenir de la France et de l’Europe se joue avec le Maghreb. La réciproque est vraie aussi. L’une des clés de cet enjeu est le dépassement des guerres mémorielles pour que ce passé douloureux puisse enfin passer.

Mohammed Colin le Lundi 11 Juin 2012


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