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Salamnews

Un coup de génie




La journée du lundi 15 juin 2015 qui a lancé l’instance de dialogue avec l’islam constitue un jalon de taille dans l’historiographie de l’islam de France. 

Il aura fallu beaucoup de conviction teintée d’idéal républicain et de courage face à la montée de tous les populismes qui vient renforcer les préjugés antimusulmans. 

En effet, la démagogie est désormais partout. Dans les discours électoralistes tenus par les candidats permanents mais aussi dans certains recoins de la muslimsphère où l’on prêche l’entre-soi musulman.

Alors, oui, l’instance de dialogue avec l’islam est une heureuse initiative. Elle est couronnée de succès pour une raison très simple : l’État, sous l’impulsion du ministre Bernard Cazeneuve, n’a pas cherché, contrairement à ses prédécesseurs, à s’ingérer dans la désignation des représentants musulmans dans l’optique de désigner un islam de France idéal à ses yeux. Au contraire, il a composé avec la réalité, avec les hommes et les femmes (encore insuffisamment représentées) qui font vivre au quotidien l’islam de France. Du plus libéral au plus fondamentaliste tant que la pratique prônée n’entrave pas les lois républicaines. C’est donc une forme de reconnaissance bienveillante à l’égard de ces acteurs en lien permanent avec les musulmans de France. 

C’est aussi la mise en oeuvre d’une laïcité inclusive dans la droite ligne de Jean Jaurès et d’Aristide Briand à l’origine de la loi de séparation des Églises et de l’État. Et c’est surtout un coup de génie qui a permis de légitimer à nouveau le CFCM tant décrié. L’institution, que l’on croyait expirée, est en bonne voie de survivre à ses hommes. 


Mohammed Colin le Lundi 13 Juillet 2015


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Edito

L’arroseur arrosé !

Mohammed Colin - 28/06/2022
Dans ce numéro estival, nous abordons deux sujets d’importance qui n’ont strictement rien à voir l’un et l’autre : l’audiovisuel et le pèlerinage à La Mecque. Deux secteurs si éloignés, si différents, mais confrontés à la même problématique, celle de la transformation numérique de nos sociétés. Par le passé, la filière du pèlerinage était structurée par des intermédiaires. Dans l’organisation du hajj, les voyagistes captaient jusque-là la valeur, non sans défaillances pour certains sur la qualité et les engagements dus aux pèlerins. Saphirnews.com fut dès 2004 le premier site d’information à alerter sur ces dysfonctionnements. Des organisations se sont alors créées, œuvrant à éduquer les pèlerins sur leurs droits et les voyagistes sur leurs devoirs. Depuis peu, l’Arabie Saoudite a lancé sa plateforme numérique pour se lier directement aux pèlerins, suscitant de terribles inquiétudes chez les voyagistes, exclus de fait de la chaine de valeur. Ils n’ont pas manqué de se plaindre au nom des intérêts du pèlerin. Le plus comique, c’est que les griefs formulés sont les mêmes que ceux exprimés par les pèlerins à leur encontre en 2004. Dans le milieu du cinéma, le schéma est identique. Les plateformes de streaming, devenus aussi producteurs, ont accès directement au public et sont en mesure de se passer des exploitants de cinéma. Maintenant en position de faiblesse, ces derniers larmoient à leur tour sur le danger de la suprématie des « affreuses » plateformes avec, pour risque principal selon eux, de porter atteinte à la diversité du cinéma alors qu’eux-mêmes bloquaient la production de certains films pour éviter les publics ne consommant ni sodas ni pop-corn, dixit « les têtes à capuche ». Les séries type Lupin de Netflix et Oussekine de Disney+ nous démontrent l’inverse. Ceux qui ont largement profité des situations de rente auraient pu investir en créant des écosystèmes vertueux. Finalement, dans le business comme dans la foi, il y a divers degrés d’élévation. Il faut croire que celui qui domine chez les intermédiaires, c’est celui de la « foi du commerçant ». L’étage le plus bas.