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Un coup de génie




La journée du lundi 15 juin 2015 qui a lancé l’instance de dialogue avec l’islam constitue un jalon de taille dans l’historiographie de l’islam de France. 

Il aura fallu beaucoup de conviction teintée d’idéal républicain et de courage face à la montée de tous les populismes qui vient renforcer les préjugés antimusulmans. 

En effet, la démagogie est désormais partout. Dans les discours électoralistes tenus par les candidats permanents mais aussi dans certains recoins de la muslimsphère où l’on prêche l’entre-soi musulman.

Alors, oui, l’instance de dialogue avec l’islam est une heureuse initiative. Elle est couronnée de succès pour une raison très simple : l’État, sous l’impulsion du ministre Bernard Cazeneuve, n’a pas cherché, contrairement à ses prédécesseurs, à s’ingérer dans la désignation des représentants musulmans dans l’optique de désigner un islam de France idéal à ses yeux. Au contraire, il a composé avec la réalité, avec les hommes et les femmes (encore insuffisamment représentées) qui font vivre au quotidien l’islam de France. Du plus libéral au plus fondamentaliste tant que la pratique prônée n’entrave pas les lois républicaines. C’est donc une forme de reconnaissance bienveillante à l’égard de ces acteurs en lien permanent avec les musulmans de France. 

C’est aussi la mise en oeuvre d’une laïcité inclusive dans la droite ligne de Jean Jaurès et d’Aristide Briand à l’origine de la loi de séparation des Églises et de l’État. Et c’est surtout un coup de génie qui a permis de légitimer à nouveau le CFCM tant décrié. L’institution, que l’on croyait expirée, est en bonne voie de survivre à ses hommes. 


Mohammed Colin le Lundi 13 Juillet 2015


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Edito

Une drôle de campagne

Mohammed Colin - 24/03/2022
On se souvient de la mise en garde d’Emmanuel Macron adressée en 2017 à Vladimir Poutine contre les actions russes de déstabilisation des élections françaises. Seulement 15 jours après son entrée en fonction à l’Élysée, Macron avait invité le président russe au château de Versailles sous le prétexte d’une exposition consacrée à Pierre le Grand afin d’amorcer une forme de détente tout en y abordant les sujets qui fâchent dont l’ingérence russe, la Syrie et l’Ukraine. Cinq ans plus tard, c’est encore la Russie qui vient semer la zizanie dans la campagne présidentielle, non pas cette fois-ci, sauf révélation ultérieure, par des « organes d’influence » et des cyberattaques mais par la guerre sur un Vieux continent marqué par les affres de deux guerres mondiales. Mais avant que la guerre en Ukraine ne vienne « percuter notre vie démocratique et la campagne électorale » selon les mots du chef de l’État, on voyait bien que depuis des mois, dans le contexte de crise sanitaire, la campagne était embourbée. De nombreux sondages montrent le désintérêt des Français. La présidentielle arrive seulement en 5e position des sujets abordés par les Français avec leurs proches, à domicile ou au travail ; une chute de 26 points par rapport à 2017 où l’on se remémore très bien les grands thèmes débattus comme la moralisation de la vie politique, le pouvoir d’achat, le Frexit. Là, rien ne semble imprimer dans l’opinion publique, pas même les propositions d’Eric Zemmour. Il aura peut-être fallu la guerre et son cortège de folies pour réveiller les Français et la vieille Europe. Ce qui est sûr, c’est que le prochain président français devra avoir le cuir suffisamment épais pour faire face aux brutalités croissantes de cette nouvelle époque.