Connectez-vous S'inscrire
Salamnews

To BeIN or not to BeIN Sport



Le Qatar aime le sport. Après avoir investi des millions d’euros dans le Paris-Saint-Germain (PSG), le puissant émirat, à travers son bras « armé » Al-Jazeera, vient de créer une chaîne sportive en France : BeIN Sport. Explications.


© D. R.
© D. R.
Télévision « La Ligue des champions, c’est en direct sur BeIN Sport ». Par la magie de la télé et… de l’argent, ces mots sont prononcés en boucle sur les écrans de BeIN Sport 1 et 2 par la superstar du PSG, le Suédois Zlatan Ibrahimovic. Arrivé au PSG avec un salaire record (15 millions d’euros annuels), l’attaquant est une petite partie de l’investissement réalisé par le Qatar en France. 

Avec plus de 200 millions d’euros dépensés pour renforcer le PSG en deux ans sur le marché des transferts, les Qataris ont transformé le football français. Et pour le valoriser, ils ont même décidé de le diffuser. Avec la création de BeIN Sport 1 et 2, ils ont radicalement bousculé le paysage audiovisuel national. Avec une puissance de feu incomparable, les dirigeants d’Al-Jazeera Sport ont, en quelques mois, réussi à avoir une grille des programmes très attractive. Profitant du savoir-faire de Nasser al-Khelaïfi qui porte la double casquette deprésident du PSG et de BeIN Sport, les Qataris ont dépensé plus de 330 millions d’euros en droits TV.
 
Cette année, le fameux « Barça-Real », c’est sur… BeIN Sport. Une révolution et même un séisme pour Canal+, qui était jusque-là en position quasi monopolistique sur les images de football en France. La chaîne cryptée a même vu son avantage fondre comme neige au soleil. Si le média conserve encore une offre attractive, il a perdu une partie de la Ligue 1, ne reçoit plus aucune image d’Espagne. Dépouillé d’une partie de ses consultants, dont le très British Darren Tulett, parti chez BeIN Sport, Canal+ conserve toutefois encore le Championnat d’Angleterre pour une année… 

Le sport, une arme diplomatique

Après avoir décroché l’organisation du Mondial 2022, le Qatar continue ses offensives tous azimuts dans le domaine de la diplomatie sportive. Mais attention à ceux qui croient que les Qataris dépensent sans compter et sans réfléchir. « Pour eux, l’important ce n’est pas le montant de l’opération, c’est la valeur de ce que l’on paye », explique Philippe Troussier, ancien sélectionneur du Qatar, avant d’ajouter : « Les princes ont été élevés dans cet état d’esprit : ce n’est pas parce qu’on a de l’argent qu’on peut faire n’importe quoi. » 

ET LES AUTRES …

Concurrence. Alors que beIN Sport et Canal+ se sont livré une course effrénée aux acquisitions des droits de diffusion des programmes sportifs, Ma Chaîne Sport (MCS), en plein développement, préfère cultiver sa différence. La chaîne a mis la main sur les Championnats… russes et ukrainiens. Des produits de diversification qui viennent s’ajouter au produit phare de la chaîne : le Championnat portugais. Avec Raymond Domenech comme consultant dans « Tribune foot », talk-show animé par Nicolas Vilas, MCS a réussi un bon coup en profitant des analyses et du verbe de l’ancien sélectionneur des Bleus.
 
« Tous les sports, toutes les émotions », c’est le leitmotiv d’Eurosport. Lancée en 1989, la chaîne continue à faire fructifier une recette qui marche. En retrait sur le football, elle mise sur les autres sports : vélo, tennis ou sports automobiles. Consultant pour Eurosport, Dave Appadoo s’en explique : « Historiquement, la chaîne est présente sur plusieurs fronts. Le football reste important. Nous avons réussi à créer des rendez-vous pour les passionnés. À chaque rendez-vous important pour les Bleus, on anime des émissions sur l’actualité de l’équipe de France. Plus régulièrement, le lundi soir, c’est l’un des rendez-vous phares pour  nos téléspectateurs avec le grand match de la journée en Ligue 2 ainsi que tous les tours de Coupe de France. » 

 

Nabil Djellit le Lundi 1 Octobre 2012


Dans la même rubrique :
< >

Lundi 15 Juillet 2013 - 10:56 Samir Khiat : « Le mercato est un jeu »

Edito | Tête d'affiche | Une Ville, une mosquée | Beauté | Business | Sport | De vous à nous





Edito

L’arroseur arrosé !

Mohammed Colin - 28/06/2022
Dans ce numéro estival, nous abordons deux sujets d’importance qui n’ont strictement rien à voir l’un et l’autre : l’audiovisuel et le pèlerinage à La Mecque. Deux secteurs si éloignés, si différents, mais confrontés à la même problématique, celle de la transformation numérique de nos sociétés. Par le passé, la filière du pèlerinage était structurée par des intermédiaires. Dans l’organisation du hajj, les voyagistes captaient jusque-là la valeur, non sans défaillances pour certains sur la qualité et les engagements dus aux pèlerins. Saphirnews.com fut dès 2004 le premier site d’information à alerter sur ces dysfonctionnements. Des organisations se sont alors créées, œuvrant à éduquer les pèlerins sur leurs droits et les voyagistes sur leurs devoirs. Depuis peu, l’Arabie Saoudite a lancé sa plateforme numérique pour se lier directement aux pèlerins, suscitant de terribles inquiétudes chez les voyagistes, exclus de fait de la chaine de valeur. Ils n’ont pas manqué de se plaindre au nom des intérêts du pèlerin. Le plus comique, c’est que les griefs formulés sont les mêmes que ceux exprimés par les pèlerins à leur encontre en 2004. Dans le milieu du cinéma, le schéma est identique. Les plateformes de streaming, devenus aussi producteurs, ont accès directement au public et sont en mesure de se passer des exploitants de cinéma. Maintenant en position de faiblesse, ces derniers larmoient à leur tour sur le danger de la suprématie des « affreuses » plateformes avec, pour risque principal selon eux, de porter atteinte à la diversité du cinéma alors qu’eux-mêmes bloquaient la production de certains films pour éviter les publics ne consommant ni sodas ni pop-corn, dixit « les têtes à capuche ». Les séries type Lupin de Netflix et Oussekine de Disney+ nous démontrent l’inverse. Ceux qui ont largement profité des situations de rente auraient pu investir en créant des écosystèmes vertueux. Finalement, dans le business comme dans la foi, il y a divers degrés d’élévation. Il faut croire que celui qui domine chez les intermédiaires, c’est celui de la « foi du commerçant ». L’étage le plus bas.