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« The Great Replacement »




ça claque comme le titre d’un film à grand budget. Les éléments dramaturgiques ne sont pas en reste non plus : invasion, résistance, complot… C’est tout sauf de la fi ction. En l’occurrence, c’est le titre du manifeste par lequel le terroriste d’extrême droite justifi e la tuerie de masse islamophobe en Nouvelle-Zélande. Mais c’est avant tout la traduction du « grand remplacement », théorie d’extrême droite popularisé par l’essayiste français Renaud Camus. Une théorie racialiste qui valide l’existence de races humaines.
En outre, l’essayiste encourage vivement la préservation de ces races et s’oppose fermement à toute forme de métissage !
Pour autant, il n’introduit pas de hiérarchie et d’inégalité entre les « races ». On ne peut donc scientifiquement qualifier de racisme la théorie. Le « chacun chez soi » et le rejet de tout type de diaspora sont, en revanche, ardemment défendus. La pensée du grand remplacement est traversée par deux grandes obsessions : le taux de natalité des populations extra-europeéennes et le reniement de la culture d’origine des populations dites autochtones. C’est donc une théorie à rebours des évolutions sociales et technologiques de notre époque qui encouragent la rencontre et le mélange des peuples. Il est troublant de voir que les terroristes de l’extrême droite ont beaucoup en commun avec les terroristes islamistes.
Outre l’usage de la violence et des procédés de tueries de masse, chacun promeut à sa manière une société de clôture. Plus inquiétant encore, les opérations terroristes des uns renforcent les positions des autres. Et nous sommes qu’au début du problème... 

Mohammed Colin le Lundi 29 Avril 2019


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Edito

Stop à la confusion

Mohammed Colin - 28/10/2019
Trente années de débats sur la laïcité qui semblent jamais n’en finir. Tel le serpent de mer, le voile alimente très régulièrement les débats dans les colonnes de nos journaux, sur nos écrans de télévision et nos dîners en ville. Pourtant, l’architecture de la laïcité repose sur deux principes simples rappelés très justement par le Premier ministre Edouard Philippe : « la liberté de croire ou de ne pas croire » et « la neutralité absolue des pouvoirs publics s’agissant de faits religieux ». Le reste ne serait que nuances d’interprétation et elles ont parfois tendance à faire dire tout et son contraire aux fameux principes cités plus haut. Ceux et celles qui, aujourd’hui, font valoir de nouvelles lois d’interdiction des signes religieux établissent délibérément des confusions sur le principe de séparation des Eglises et de l’Etat inscrit dans notre Constitution. Raison pour laquelle il est nécessaire de marteler que la laïcité est avant tout un principe de liberté, du culte et de la conscience pour chaque citoyen. Confondre l’Etat et ses fonctionnaires avec la société et les usagers des services publics, ce n’est plus possible. Ces confusions instrumentalisées à des fins politiques désignent le mouton noir : une femme (encore une femme) qui, en portant un voile, refuserait les règles du jeu commun. Faux si nous nous contentons de la simple lecture des deux principes. L’Etat autorise une maman voilée à accompagner ses enfants lors d’une sortie de classe, comme le stipule un arrêt du Conseil d’Etat en 2013. Le plus grave, c’est que ces confusions, qui entrainent de sempiternelles polémiques, produisent de la toxicité au sein de notre tissu social en dressant les gens les uns contre les autres et, au final, renforcent les éléments les plus archaïques au sein de notre société, c’est-à-dire les agents du communautarisme de tout bord, qu’ils soient d’extrême droite ou issus du rang des musulmans identitaires. Totalement contre-productif.