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« The Great Replacement »




ça claque comme le titre d’un film à grand budget. Les éléments dramaturgiques ne sont pas en reste non plus : invasion, résistance, complot… C’est tout sauf de la fi ction. En l’occurrence, c’est le titre du manifeste par lequel le terroriste d’extrême droite justifi e la tuerie de masse islamophobe en Nouvelle-Zélande. Mais c’est avant tout la traduction du « grand remplacement », théorie d’extrême droite popularisé par l’essayiste français Renaud Camus. Une théorie racialiste qui valide l’existence de races humaines.
En outre, l’essayiste encourage vivement la préservation de ces races et s’oppose fermement à toute forme de métissage !
Pour autant, il n’introduit pas de hiérarchie et d’inégalité entre les « races ». On ne peut donc scientifiquement qualifier de racisme la théorie. Le « chacun chez soi » et le rejet de tout type de diaspora sont, en revanche, ardemment défendus. La pensée du grand remplacement est traversée par deux grandes obsessions : le taux de natalité des populations extra-europeéennes et le reniement de la culture d’origine des populations dites autochtones. C’est donc une théorie à rebours des évolutions sociales et technologiques de notre époque qui encouragent la rencontre et le mélange des peuples. Il est troublant de voir que les terroristes de l’extrême droite ont beaucoup en commun avec les terroristes islamistes.
Outre l’usage de la violence et des procédés de tueries de masse, chacun promeut à sa manière une société de clôture. Plus inquiétant encore, les opérations terroristes des uns renforcent les positions des autres. Et nous sommes qu’au début du problème... 

Mohammed Colin le Lundi 29 Avril 2019


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Edito

Notre humanité entre l’IA et le carbone

Mohammed Colin - 12/06/2023
Pierre Boulle, auteur de La planète des singes, n’a pas eu le loisir de pianoter sur les smartphones mais sa vision d'une humanité qui régresse au stade de l’animal illustre bien les inquiétudes que génèrent aujourd’hui les technologies. Avec ChatGPT, c’est qu’à force de tout déléguer, en particulier notre réflexion, on peut craindre de s’affaiblir cérébralement. Bien sûr, certains diront que c’est une vieille rengaine dans l’histoire des technologies de l’information et de la communication. Des débats similaires sur le passage des cultures orales aux cultures écrites animèrent les échanges des élites d’autrefois. Socrate attribuait la primauté au propos oral sur l’écrit par exemple. Se questionner ne signifie pas refouler les évolutions techniques. C’est au contraire aider à penser le cadre pour une bonne intégration des outils. Dans le cas des IA, la venue de ChatGPT offre une nouvelle perspective pour réfléchir collectivement sur ce qui fonde notre humanité.  Au moment où sont écrites ces lignes, Paris accueille les nations du monde pour trouver des solutions contre la pollution des matières plastiques. La conception d’un traité juridique est à l’ordre du jour. « Si nous n'agissons pas, il y aura en 2050 plus de plastique que de poissons dans les océans », alerte la ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna. Une calamité telle qu'elle fait émerger un septième continent en plein océan Pacifique que pourrait observer la Saoudienne Rayyanah Barnawi, première femme arabe à aller dans l’espace et à réaliser que cette matière « miracle »  issue des industries pétrolières de l’après-Seconde Guerre Mondiale est devenue, 70 ans après, un fléau planétaire. N’attendons pas ce temps pour faire cet horrible constat avec l’industrie du numérique. Vitalik Buterin, fondateur de la blockchain d'Ethereum, seconde cryptomonnaie après le Bitcoin, annonce vouloir réduire de 99 % sa production énergique. C’est un très bon signal.