Connectez-vous S'inscrire
Salamnews

« The Great Replacement »




ça claque comme le titre d’un film à grand budget. Les éléments dramaturgiques ne sont pas en reste non plus : invasion, résistance, complot… C’est tout sauf de la fi ction. En l’occurrence, c’est le titre du manifeste par lequel le terroriste d’extrême droite justifi e la tuerie de masse islamophobe en Nouvelle-Zélande. Mais c’est avant tout la traduction du « grand remplacement », théorie d’extrême droite popularisé par l’essayiste français Renaud Camus. Une théorie racialiste qui valide l’existence de races humaines.
En outre, l’essayiste encourage vivement la préservation de ces races et s’oppose fermement à toute forme de métissage !
Pour autant, il n’introduit pas de hiérarchie et d’inégalité entre les « races ». On ne peut donc scientifiquement qualifier de racisme la théorie. Le « chacun chez soi » et le rejet de tout type de diaspora sont, en revanche, ardemment défendus. La pensée du grand remplacement est traversée par deux grandes obsessions : le taux de natalité des populations extra-europeéennes et le reniement de la culture d’origine des populations dites autochtones. C’est donc une théorie à rebours des évolutions sociales et technologiques de notre époque qui encouragent la rencontre et le mélange des peuples. Il est troublant de voir que les terroristes de l’extrême droite ont beaucoup en commun avec les terroristes islamistes.
Outre l’usage de la violence et des procédés de tueries de masse, chacun promeut à sa manière une société de clôture. Plus inquiétant encore, les opérations terroristes des uns renforcent les positions des autres. Et nous sommes qu’au début du problème... 

Mohammed Colin le Lundi 29 Avril 2019


Dans la même rubrique :
< >

Jeudi 18 Novembre 2021 - 18:19 Le temps de la justice

Jeudi 8 Juillet 2021 - 17:02 Interdépendance

Edito | Tête d'affiche | Une Ville, une mosquée | Beauté | Business | Sport | De vous à nous





Edito

Le temps de la justice

Mohammed Colin - 18/11/2021
Par un hasard du calendrier, les commémorations des attentats du 11 septembre 2001 ont coïncidé avec le début du procès hors norme des attaques du 13 novembre 2015. Deux traumatismes provoqués par la même idéologie mortifère, le jihadisme, mais qui font appel à deux visions différentes pour répandre la justice. Si les profils et les modes d’actions changent avec le temps, le terrorisme islamiste s’inscrit dans le temps long en mettant au défi l’État de droit de nos sociétés. Chaque attentat coche à deux objectifs simultanés tels le fameux effet « kiss-cool ». Outre le fait de semer l’effroi auprès des populations conformément à la nature intrinsèque du terrorisme, le but est aussi de prendre en défaut nos systèmes démocratiques en les conduisant à renier leurs valeurs. La suspicion généralisée, la production de lois et de tribunaux d’exception sont des dommages qui font partie intégrante de leur stratégie. Le second effet serait donc une sorte de pousse à la faute qui soutiendrait l’idée que notre système démocratique n’est pas si vertueux qu’il n’y parait. C’est dans ce sens que la réponse va-t-en-guerre de Bush au Moyen-Orient après le 11-Septembre et son incapacité à traduire, 20 ans après, les inculpés devant un tribunal digne des standards de justice d’un État démocratique constituent de graves erreurs qui profitent aux jihadistes. En France, six ans après l’horreur du 13-Novembre, c’est une autre approche qui nous guide. Celle de la justice encadrée par notre État de droit. Face au déchaînement de violence qui a fait 131 morts, nous répondons par neuf mois d’un procès historique minutieusement préparé dans lequel sont jugés 20 accusés. Il représente une étape importante dans le processus de résilience des victimes directes mais aussi pour la communauté nationale. La captation vidéo entière du procès constituera un matériau d’importance pour la postérité. Une leçon pour les futures générations que le respect de l’Etat de droit doit demeurer notre boussole.