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Sauvegarder le patrimoine




Sauvegarder le patrimoine
On se souvient de la destruction des Bouddhas de Bâmiyân, à coup de roquettes et d’explosifs, par les talibans d’Afghanistan, en 2001. Ont suivi les destructions de mausolées à Tombouctou, foyer civilisationnel durant l’heure de gloire de l’empire du Mali. Ensuite l’organisation État Islamique a pris le relais en pillant et en détruisant systématiquement le patrimoine culturel des territoires occupés.

Bien au-delà de la fallacieuse justification théologique, la destruction du patrimoine culturel opéré par Daesh s’inscrit dans une stratégie de guerre où il faut avant tout choquer, créer l’effroi, la consternation auprès de l’opinion publique. Et encore plus pernicieux, juxtaposer les réactions d’indignation des peuples occidentaux aux réactions d’indifférence de ceux qui vivent dans les pays du Sud avec le ventre vide.

Les grilles de lectures et d’interprétations ne sont donc pas les mêmes, selon que l’on se situe sur le globe et surtout selon le niveau culturel. Pourtant, comme le souligne la directrice générale de l’Unesco, il s’agit bien d’un génocide culturel qui affecte toute l’humanité. Outre la valeur sociale, culturelle et économique pour les pays où sont localisés ces patrimoines, ceux-ci sont le seul moyen de pouvoir traverser les âges et de dialoguer avec les hommes qui nous ont précédés.

Au moment où nous mettons sous presse, c’est avec une pensée émue que nous apprenons la disparition de l’anthropologue Malek Chebel. Ce fervent défenseur de la beauté en islam n’a eu de cesse de rappeler comment ce saccage des patrimoines est un dévoiement profond du Coran, alors même que la diversité et la pluralité sont constitutives de l’humanité.

Mohammed Colin le Lundi 21 Novembre 2016


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Edito

L’épreuve

Mohammed Colin - 24/04/2020
Lors des vœux de l’année 2020, aucun chef d’État n’aurait imaginé devoir faire face à une crise sanitaire hors norme et à une paralysie de l’économie mondiale du fait d’un simple micro-organisme. Pourtant, tel est le scénario, digne d’un film catastrophe, qui se produit sous nos yeux en raison du Covid-19. Pourtant, des alertes ont été lancées ces dernières années. En 2015, Bill Gates disait, au cours d’une conférence TED, que l’origine d’une possible catastrophe mondiale ne serait pas nucléaire mais biologique, provoquée par un virus hautement contagieux. Plus tôt encore, la CIA avait pointé, dans un rapport prospectif publié en 2009, le danger d’une pandémie mondiale décrite en ces termes : « L’apparition d’une nouvelle maladie respiratoire humaine virulente, extrêmement contagieuse, pour laquelle il n’existe pas de traitement adéquat. » A l’heure du Covid-19, ces mises en garde apparaissent comme des prophéties, qui sont d’ailleurs très bien exploitées par les complotistes de tous bords. Mais dans un contexte où les principales menaces étaient incarnées par le terrorisme islamiste et la prolifération des armes nucléaires, la mise en garde ne fut absolument pas considérée. Impréparés, les Etats et les populations s’adaptent comme ils peuvent à cette nouvelle réalité. Même les religions, caractérisées par des rituels immuables, ont dû tenir compte du nouveau coronavirus. Nul n’oubliera de sitôt les images impressionnantes de la Mosquée sacrée de La Mecque totalement...