Connectez-vous S'inscrire
Salamnews

Samir Khiat : « Le mercato est un jeu »



FOOTBALL. Quel joueur le Paris-Saint-Germain va-t-il recruter ? Ou alors Cristiano Ronaldo va-t-il quitter le Real Madrid ?... Le marché des transferts, ou plus communément le mercato, embrase le football. S’agissant des transactions entre les clubs, les agents des joueurs sont au coeur du système. Reconnu dans la profession, Samir Khiat, agent agréé par la FIFA, nous éclaire sur les coulisses d’un univers très particulier. Entretien.


© D. R.
© D. R.


Samir, en quoi consiste le métier d’agent de joueur professionnel ?

Samir Khiat : Notre mission est de mettre en relation deux parties qui sont les joueurs et les clubs afin que la transaction soit possible pendant la période du mercato. Mais, au-delà de cet aspect opérationnel, notre job débute bien avant. Dans un premier temps, je repère les talents sur les terrains d’Île-de-France et à l’étranger.

Et comment nouez-vous une relation de travail avec un joueur ?

S. M. : Je suis exigeant, je supervise les joueurs à plusieurs reprises. Puis j’entre en relation avec eux ou les parents lorsque le joueur est mineur. Nous essayons ensemble de définir le meilleur projet sportif. Ils sont jeunes, Il faut les aider au mieux à appréhender un milieu difficile, où il y a beaucoup d’intérêts financiers en jeu. Je leur donne des conseils ; je joue parfois le rôle de papa ou de grand frère. Avec les plus mûrs, je suis plutôt présent quand ils ont besoin de moi, et aussi pour les aider à progresser dans leur performance. 

Comment définiriez-vous cette période du mercato (du 11 juin au 4 septembre) ?

S. M. : C’est la période où les joueurs peuvent changer de clubs. Pour certains qui font des belles saisons, ils peuvent viser des clubs plus huppés moyennant une indemnité de transfert versée au club vendeur.

La saison dernière, l’arrivée de Zlatan Ibrahimovic au Paris-Saint-Germain a ressemblé à un feuilleton. Que se passe-t-il en coulisses ?

S. M. : Il y a des négociations parfois serrées. Le mercato est un jeu. Ce n’est pas anodin, car cela permet aussi aux médias de pouvoir vendre. Il y a tellement de paramètres qui entrent en ligne de compte, avec des clauses sur l’image comme pour Ibrahimovic. C’est pour cela que ce genre de transfert ne se fait pas en une semaine.

Comment êtes-vous devenu agent ?

S. M. : Avant toute chose, c’est une passion pour le football. Auparavant, j’étais joueur professionnel. Ce qui m’a permis d’avoir des contacts et de constituer un réseau. Dans ce milieu j’ai eu des mésaventures avec certains agents, cela m’a fait prendre conscience de leur incompétence. Ils ne pensaient qu’à l’argent. Pour le coup, quand j’ai arrêté le football, j’ai voulu accompagner les joueurs. Car je sais ce que sont réellement les besoins et ce qu’il faut faire pour parvenir au plus haut niveau. 

Comment êtes-vous payé ?

S. M. : C’est sur la base du contrat du joueur. Il y a un pourcentage entre 3 et 10 % sur le salaire annuel brut du joueur. Ce pourcentage est négocié avec le club. 

Beaucoup d’argent… Cela peut-il faire perdre la raison ?

S. M. : Il y a des sommes astronomiques qui peuvent faire perdre la tête à tout le monde ; et notre rôle, c’est aussi d’être le plus rationnel possible. Nous sommes là également pour remonter les bretelles à nos joueurs car, dans le football, tout va très vite dans les deux sens. Vous pouvez être au top, comme très rapidement retomber dans l’anonymat. 

Des agents très spéciaux

PUISSANCE. Mino Raiola, d’un côté, Jorge Mendes, de l’autre : le choc annoncé entre le Paris-Saint-Germain et Monaco, les deux nouvelles superpuissances de la Ligue 1, est aussi celui de deux des hommes les plus influents du football mondial. L’agent le plus influent du monde est en train de devenir l’homme le plus puissant de Monaco et donc un peu du football français. Jorge Mendes, conseiller des stars (José Mourinho, Cristiano Ronaldo…), a placé notamment quatre joueurs sur le Rocher pour 130 M€ : Radamel Falcao, João Moutinho, James Rodriguez et Ricardo Carvalho. Mino Raiola, son alter ego, s’est implanté, lui, sur le marché français depuis plus d’un an, dans le sillage de Maxwell, puis de Zlatan Ibrahimovic au PSG.
 

Par Nabil Djellit le Lundi 15 Juillet 2013


Dans la même rubrique :
< >

Lundi 10 Juin 2013 - 16:00 Les vies de Noah

Edito | Tête d'affiche | Une Ville, une mosquée | Beauté | Business | Sport | De vous à nous




Edito

Pédagogie

Mohammed Colin - 16/09/2019
SMS, notifications diverses et variées de Snapchat, Instagram, WhatsApp, capsules vidéo sur Facebook... Plus que jamais, nous sommes quotidiennement submergés de vérités toutes faites. Des messages souvent courts mais chargés en émotion, qui ont pour but de capter notre attention. Ces sollicitations, qui se renouvellent à une vitesse affolante, peuvent avoir des conséquences redoutables sur la consommation de l’information. Les esprits les moins structurés sont davantage perméables aux infox et aux manipulations en tous genres. Dans ce contexte, se méfier des fausses évidences en matière religieuse est une attitude indispensable pour se prémunir contre l’embrigadement de la pensée. C’est l’objectif assigné au nouveau programme « La Casa del Hikma », produit par et diffusé sur Saphirnews.com. Il faut restituer la complexité aux discours afférents au religieux. Mais surtout, il faut accompagner l’effort théologique par une pédagogie qui puisse toucher les masses, créer l’interface entre les intellectuels de l’islam et les jeunes musulmans en quête de sens. Car il est nécessaire que ces deux mondes aujourd’hui totalement parallèles puissent se rencontrer et se nourrir l’un de l’autre. Ainsi, nous pourrons battre en brèche les préjugés qui obscurcissent la compréhension des textes. L’islamologue Michaël Privot souligne, à juste titre, les sacrifices réalisés par de nombreux musulmans au nom d’une certaine compréhension de l’islam aux coûts humains, psychologiques et sociales faramineux. Quel gâchis !