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Salamnews

Salamnews n° 75 - OCTOBRE-NOVEMBRE-DECEMBRE 2020




Salamnews N°75
Salamnews N°75

 ACTUALITÉ 

- Le confinement national de retour en France
- Du rififi entre la France et les pays musulmans autour des caricatures
- Attentat à la basilique Notre-Dame de Nice
 
 HORIZONS 

- De l’éthique de la responsabilité contre l’esprit victimaire


FOCUS :  SPÉCIAL SENIORS À L’ÈRE DE LA COVID-19 

- Repenser les relations avec les seniors à l’ère de la Covid-19
- Rompre l’isolement des séniors : un champ d’action aux solutions multiples

 
  TÊTE D’AFFICHE 

- YOUSSEF HAJDI : « Nous, les hommes, avons la responsabilité de changer cette société fabriquée par notre regard patriarcal »


 DE VOUS A NOUS 
 
- Jalousie et rupture

Mohammed Colin le Lundi 9 Novembre 2020


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Edito

Le temps de la justice

Mohammed Colin - 18/11/2021
Par un hasard du calendrier, les commémorations des attentats du 11 septembre 2001 ont coïncidé avec le début du procès hors norme des attaques du 13 novembre 2015. Deux traumatismes provoqués par la même idéologie mortifère, le jihadisme, mais qui font appel à deux visions différentes pour répandre la justice. Si les profils et les modes d’actions changent avec le temps, le terrorisme islamiste s’inscrit dans le temps long en mettant au défi l’État de droit de nos sociétés. Chaque attentat coche à deux objectifs simultanés tels le fameux effet « kiss-cool ». Outre le fait de semer l’effroi auprès des populations conformément à la nature intrinsèque du terrorisme, le but est aussi de prendre en défaut nos systèmes démocratiques en les conduisant à renier leurs valeurs. La suspicion généralisée, la production de lois et de tribunaux d’exception sont des dommages qui font partie intégrante de leur stratégie. Le second effet serait donc une sorte de pousse à la faute qui soutiendrait l’idée que notre système démocratique n’est pas si vertueux qu’il n’y parait. C’est dans ce sens que la réponse va-t-en-guerre de Bush au Moyen-Orient après le 11-Septembre et son incapacité à traduire, 20 ans après, les inculpés devant un tribunal digne des standards de justice d’un État démocratique constituent de graves erreurs qui profitent aux jihadistes. En France, six ans après l’horreur du 13-Novembre, c’est une autre approche qui nous guide. Celle de la justice encadrée par notre État de droit. Face au déchaînement de violence qui a fait 131 morts, nous répondons par neuf mois d’un procès historique minutieusement préparé dans lequel sont jugés 20 accusés. Il représente une étape importante dans le processus de résilience des victimes directes mais aussi pour la communauté nationale. La captation vidéo entière du procès constituera un matériau d’importance pour la postérité. Une leçon pour les futures générations que le respect de l’Etat de droit doit demeurer notre boussole.