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Recette




Recette
Nous vivons dans un monde globalisé. Pour s’en convaincre, il suffit de voir en France comment les populations – et pas seulement les élites – suivent avec un intérêt croissant les élections de nos voisins européens. Même les tweets de Trump sont suivis et commentés. Pourtant, c’est l’isolationnisme qui emporte les suffrages aux élections alors que les peuples n’ont jamais été aussi interdépendants.
Car il s’agit bien là de dynamiques de fond : interconnexion de personnes de cultures différentes grâce aux technologies de l’information et de la communication ; migrations de masse comme phénomène durable ; stratégies d’entreprises emportées par la révolution numérique qui poussent les startups à penser « monde ». Mais il y a un puissant déni de réalité de la part des électeurs travaillés par les populismes.
En France, les leaders politiques dénués de vision positive face aux changements de notre monde usent de vieilles recettes, en brandissant un « danger communautaire islamique » pour divertir et égarer les électeurs. Fillon devra à nouveau se servir de cette recette pour se hisser dans les sondages.
La mise en scène d’une prétendue menace de l’intérieur évite de s’attarder sur les enjeux extérieurs. La supercherie devient grotesque lorsque l’on voit dans le même temps des candidats qui, eux, semblent porter une vision optimiste et tournée vers la jeunesse. C’est très significatif chez Hamon et Macron, dont les propositions sont certes éloignées mais ont en commun d’essayer de tirer avantage des changements qui caractérisent notre époque. Comme par enchantement, les musulmans ne sont plus au centre des discours politiques de ces deux candidats à la présidentielle. Les musulmans de France leur en savent gré.

Mohammed Colin le Lundi 20 Février 2017


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Edito

L’arroseur arrosé !

Mohammed Colin - 28/06/2022
Dans ce numéro estival, nous abordons deux sujets d’importance qui n’ont strictement rien à voir l’un et l’autre : l’audiovisuel et le pèlerinage à La Mecque. Deux secteurs si éloignés, si différents, mais confrontés à la même problématique, celle de la transformation numérique de nos sociétés. Par le passé, la filière du pèlerinage était structurée par des intermédiaires. Dans l’organisation du hajj, les voyagistes captaient jusque-là la valeur, non sans défaillances pour certains sur la qualité et les engagements dus aux pèlerins. Saphirnews.com fut dès 2004 le premier site d’information à alerter sur ces dysfonctionnements. Des organisations se sont alors créées, œuvrant à éduquer les pèlerins sur leurs droits et les voyagistes sur leurs devoirs. Depuis peu, l’Arabie Saoudite a lancé sa plateforme numérique pour se lier directement aux pèlerins, suscitant de terribles inquiétudes chez les voyagistes, exclus de fait de la chaine de valeur. Ils n’ont pas manqué de se plaindre au nom des intérêts du pèlerin. Le plus comique, c’est que les griefs formulés sont les mêmes que ceux exprimés par les pèlerins à leur encontre en 2004. Dans le milieu du cinéma, le schéma est identique. Les plateformes de streaming, devenus aussi producteurs, ont accès directement au public et sont en mesure de se passer des exploitants de cinéma. Maintenant en position de faiblesse, ces derniers larmoient à leur tour sur le danger de la suprématie des « affreuses » plateformes avec, pour risque principal selon eux, de porter atteinte à la diversité du cinéma alors qu’eux-mêmes bloquaient la production de certains films pour éviter les publics ne consommant ni sodas ni pop-corn, dixit « les têtes à capuche ». Les séries type Lupin de Netflix et Oussekine de Disney+ nous démontrent l’inverse. Ceux qui ont largement profité des situations de rente auraient pu investir en créant des écosystèmes vertueux. Finalement, dans le business comme dans la foi, il y a divers degrés d’élévation. Il faut croire que celui qui domine chez les intermédiaires, c’est celui de la « foi du commerçant ». L’étage le plus bas.