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Perturbations




« JE SUIS MAMAN DE DEUX ADOLESCENTS, UN GARÇON DE 13 ANS ET UNE FILLE DE 15. Je vous avoue que je craque.Ils sont très agressifs avec mon mari et moi, ils s’enferment chacun dans un silence plein de sous-entendus dès que je leur adresse la parole ou pose une question. Ils exigent, font du chantage, n’hésitent pas à menacer d’une fugue ou pire si je leur refuse quelque chose, bref, ils me font tourner en bourrique. Je me demande si c’est normal, je suis inquiète pour eux et leur avenir. »
 
Fatima Zohra, 36 ans

 

Chams en Nour. Je vous comprends, c’est une période difficile mais, rassurez-vous, elle n’est pas faite pour durer. L’adolescence d’un être humain marque  son incarnation, une étape essentielle de son évolution. Quelque chose s’achève du long processus de constitution du « moi », la fameuse nafs et cela ne se passe pas sans casse.
Pour s’individualiser, trouver ses propres repères, s’inventer soi-même en quelque sorte, l’adolescent a besoin de s’affronter à ses parents, jusque-là ses principaux points de repère dans la vie. Je trouve au contraire très rassurant que vos enfants se sentent suffisamment aimés pour pouvoir vous défier sans craindre la rupture. Tenez ferme, car ils vont finir par se trouver, s’apaiser et vous dire gentiment qu’ils vous aiment. Juste une question de patience…

 

Chams en Nour, psychanalyste le Lundi 3 Décembre 2012


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Edito

Stop à la confusion

Mohammed Colin - 28/10/2019
Trente années de débats sur la laïcité qui semblent jamais n’en finir. Tel le serpent de mer, le voile alimente très régulièrement les débats dans les colonnes de nos journaux, sur nos écrans de télévision et nos dîners en ville. Pourtant, l’architecture de la laïcité repose sur deux principes simples rappelés très justement par le Premier ministre Edouard Philippe : « la liberté de croire ou de ne pas croire » et « la neutralité absolue des pouvoirs publics s’agissant de faits religieux ». Le reste ne serait que nuances d’interprétation et elles ont parfois tendance à faire dire tout et son contraire aux fameux principes cités plus haut. Ceux et celles qui, aujourd’hui, font valoir de nouvelles lois d’interdiction des signes religieux établissent délibérément des confusions sur le principe de séparation des Eglises et de l’Etat inscrit dans notre Constitution. Raison pour laquelle il est nécessaire de marteler que la laïcité est avant tout un principe de liberté, du culte et de la conscience pour chaque citoyen. Confondre l’Etat et ses fonctionnaires avec la société et les usagers des services publics, ce n’est plus possible. Ces confusions instrumentalisées à des fins politiques désignent le mouton noir : une femme (encore une femme) qui, en portant un voile, refuserait les règles du jeu commun. Faux si nous nous contentons de la simple lecture des deux principes. L’Etat autorise une maman voilée à accompagner ses enfants lors d’une sortie de classe, comme le stipule un arrêt du Conseil d’Etat en 2013. Le plus grave, c’est que ces confusions, qui entrainent de sempiternelles polémiques, produisent de la toxicité au sein de notre tissu social en dressant les gens les uns contre les autres et, au final, renforcent les éléments les plus archaïques au sein de notre société, c’est-à-dire les agents du communautarisme de tout bord, qu’ils soient d’extrême droite ou issus du rang des musulmans identitaires. Totalement contre-productif.