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Perturbations 2




« J’AI PAS MAL HÉSITÉ À VOUS ÉCRIRE, MAIS JE ME SENS MAL et j’ai besoin d’un avis extérieur.

Deux amis de ma cité évoluent d’une façon bizarre : quand  on est en groupe, ils donnent des leçons de bon comportement, nous reprochent d’écouter certaines musiques, ont des avis sur tout et s’abritent derrière une attitude supérieure, sûrs qu’ils sont dans le vrai. Seulement, quand je les vois dans l’intimité, je m’aperçois qu’ils ne font pas ce qu’ils disent. Cela me choque et  j’aimerai leur parler, mais j’ai peur des représailles. Que feriez-vous ? »

Habib, 23 ans
 
 

Chams en Nour

À votre place, je me tairais. Je ne suis pas sûre qu’ils soient disposés à écouter un autre avis et être mis devant la réalité : ce sont des hypocrites. Une attitude
que le vrai islam ne peut tolérer. Il leur reste du chemin à faire, cela s’appelle le grand jihâd, comme vous le savez certainement, c’est-à-dire travailler sur ses défauts et apprendre à se connaître pour évoluer, améliorer son comportement, lutter contre les tendances tyranniques du moi : l’envie, la jalousie, le mensonge, les pulsions non maîtrisées.
 
Un sage a dit à ce propos : « Le recueillement de l’extérieur accompagné de la perversion du coeur ne génère que l’ostentation. » Le fait que vous vous sentiez mal à cause de cela prouve que votre âme a soif de sincérité. C’est vous qui êtes dans le vrai. 

Chams en Nour, psychanalyste le Lundi 1 Octobre 2012


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Edito

Stop à la confusion

Mohammed Colin - 28/10/2019
Trente années de débats sur la laïcité qui semblent jamais n’en finir. Tel le serpent de mer, le voile alimente très régulièrement les débats dans les colonnes de nos journaux, sur nos écrans de télévision et nos dîners en ville. Pourtant, l’architecture de la laïcité repose sur deux principes simples rappelés très justement par le Premier ministre Edouard Philippe : « la liberté de croire ou de ne pas croire » et « la neutralité absolue des pouvoirs publics s’agissant de faits religieux ». Le reste ne serait que nuances d’interprétation et elles ont parfois tendance à faire dire tout et son contraire aux fameux principes cités plus haut. Ceux et celles qui, aujourd’hui, font valoir de nouvelles lois d’interdiction des signes religieux établissent délibérément des confusions sur le principe de séparation des Eglises et de l’Etat inscrit dans notre Constitution. Raison pour laquelle il est nécessaire de marteler que la laïcité est avant tout un principe de liberté, du culte et de la conscience pour chaque citoyen. Confondre l’Etat et ses fonctionnaires avec la société et les usagers des services publics, ce n’est plus possible. Ces confusions instrumentalisées à des fins politiques désignent le mouton noir : une femme (encore une femme) qui, en portant un voile, refuserait les règles du jeu commun. Faux si nous nous contentons de la simple lecture des deux principes. L’Etat autorise une maman voilée à accompagner ses enfants lors d’une sortie de classe, comme le stipule un arrêt du Conseil d’Etat en 2013. Le plus grave, c’est que ces confusions, qui entrainent de sempiternelles polémiques, produisent de la toxicité au sein de notre tissu social en dressant les gens les uns contre les autres et, au final, renforcent les éléments les plus archaïques au sein de notre société, c’est-à-dire les agents du communautarisme de tout bord, qu’ils soient d’extrême droite ou issus du rang des musulmans identitaires. Totalement contre-productif.