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Noblesse d’État




Noblesse d’État
L’Assemblée nationale s’est largement féminisée. Ce sont 150 femmes qui siègent au Palais Bourbon. Elles n’étaient que 107 dans la précédente assemblée. Même si nous n’avons pas atteint la parité, le progrès est bien présent. Nous constatons aussi un progrès notable du côté de la représentation des minorités visibles. 11 candidats d’origine extra-européenne et ultramarins ont été élus députés. Certes, c’est un record historique mais il ne constitue pas un véritable tournant. Il ne faut pas oublier que ces élus ne constituent que le frontoffice, la vitrine politique, mais que le back-office, c’est-à-dire les hauts cadres des cabinets présidentiel et ministériels, les microprocesseurs de l’exécutif où transitent, voire s’élaborent, les grandes décisions de notre pays, manque cruellement de diversité : pas assez de femmes, de responsables issus des milieux populaires, de personnes issues des minorités visibles ; en revanche, une surreprésentation du mâle blanc quinquagénaire issu des milieux aisés et des grandes écoles.
 
La gauche revenue au pouvoir avec des intentions louables n’aura donc pas échappé au recrutement de la « noblesse d’État ». Cette lenteur à réduire le décalage dans la représentation des élus nationaux et le peuple s’explique par les mécanismes d’autoreproduction sociale, où s’exercent les solidarités de formation, de corps et de réseaux.
 
Pour mettre en phase le peuple et les élites, c’est sur un double front que le gouvernement devra prendre des mesures. Il passe par un plus large accès des
classes populaires aux grandes écoles et par le renouvellement du corps des élus en limitant le temps et le cumul des mandats politiques pour faciliter l’arrivée de nouveaux visages et de nouvelles idées.

Mohammed Colin le Jeudi 19 Juillet 2012


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Edito

Une drôle de campagne

Mohammed Colin - 24/03/2022
On se souvient de la mise en garde d’Emmanuel Macron adressée en 2017 à Vladimir Poutine contre les actions russes de déstabilisation des élections françaises. Seulement 15 jours après son entrée en fonction à l’Élysée, Macron avait invité le président russe au château de Versailles sous le prétexte d’une exposition consacrée à Pierre le Grand afin d’amorcer une forme de détente tout en y abordant les sujets qui fâchent dont l’ingérence russe, la Syrie et l’Ukraine. Cinq ans plus tard, c’est encore la Russie qui vient semer la zizanie dans la campagne présidentielle, non pas cette fois-ci, sauf révélation ultérieure, par des « organes d’influence » et des cyberattaques mais par la guerre sur un Vieux continent marqué par les affres de deux guerres mondiales. Mais avant que la guerre en Ukraine ne vienne « percuter notre vie démocratique et la campagne électorale » selon les mots du chef de l’État, on voyait bien que depuis des mois, dans le contexte de crise sanitaire, la campagne était embourbée. De nombreux sondages montrent le désintérêt des Français. La présidentielle arrive seulement en 5e position des sujets abordés par les Français avec leurs proches, à domicile ou au travail ; une chute de 26 points par rapport à 2017 où l’on se remémore très bien les grands thèmes débattus comme la moralisation de la vie politique, le pouvoir d’achat, le Frexit. Là, rien ne semble imprimer dans l’opinion publique, pas même les propositions d’Eric Zemmour. Il aura peut-être fallu la guerre et son cortège de folies pour réveiller les Français et la vieille Europe. Ce qui est sûr, c’est que le prochain président français devra avoir le cuir suffisamment épais pour faire face aux brutalités croissantes de cette nouvelle époque.