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Misère du monde, notre part




Comme souvent, il aura fallu la photo choc, celle qui figera toutes les émotions d’une situation dramatique pour faire basculer l’opinion publique. Ce fut, hélas, l’image d’un corps sans vie d’un petit garçon rejeté par la mer qui est venue de plein fouet percuter nos esprits confortablement installés devant nos multitudes d’écrans. Avant cela, l’opinion publique européenne ne voulait ni voir ni entendre.

Le peuple de France a compris qu’il devait prendre sa partface à cet exode le plus important depuis la Seconde Guerre mondiale. La France a su naguère intégrer 120 000 réfugiés arméniens et plus de 400 000 réfugiés républicains espagnols, alors qu’elle comptait 41 millions d’habitants en 1939.

Mais nous faisons face à un débat byzantin sur le statut des migrants, incongru au regard de l’urgence du drame humain. L’on voudrait distinguer les migrants économiques qui ont saisi l’opportunité de fuir la misère et les migrants politiques qui ont voulu échapper aux pires atrocités des pouvoirs en place. Bagatelle !


Les mosquées de France, tout comme les églises, ont manifesté leur solidarité et le souhait d’accueillir les réfugiés, quels qu’ils soient.

Mais nous ne pouvons sous-estimer leurs difficultés car elles butent sur ce statut des migrants pour des raisons de sécurité. Beaucoup de ces hommes et de ces femmes en attente du droit d’asile n’ont parfois pas de papiers qui puissent attester de leur identité et sont dans un état de précarité le plus extrême. Les responsables de mosquée savent que si quelque chose de malencontreux arrivait, on ne leur pardonnerait rien et ils seraient alors cloués au pilori par l’opinion publique. Leur marge d’action solidaire s’en trouve limitée et nécessite un encadrement des autorités.


Mohammed Colin le Vendredi 2 Octobre 2015


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Pédagogie

Mohammed Colin - 16/09/2019
SMS, notifications diverses et variées de Snapchat, Instagram, WhatsApp, capsules vidéo sur Facebook... Plus que jamais, nous sommes quotidiennement submergés de vérités toutes faites. Des messages souvent courts mais chargés en émotion, qui ont pour but de capter notre attention. Ces sollicitations, qui se renouvellent à une vitesse affolante, peuvent avoir des conséquences redoutables sur la consommation de l’information. Les esprits les moins structurés sont davantage perméables aux infox et aux manipulations en tous genres. Dans ce contexte, se méfier des fausses évidences en matière religieuse est une attitude indispensable pour se prémunir contre l’embrigadement de la pensée. C’est l’objectif assigné au nouveau programme « La Casa del Hikma », produit par et diffusé sur Saphirnews.com. Il faut restituer la complexité aux discours afférents au religieux. Mais surtout, il faut accompagner l’effort théologique par une pédagogie qui puisse toucher les masses, créer l’interface entre les intellectuels de l’islam et les jeunes musulmans en quête de sens. Car il est nécessaire que ces deux mondes aujourd’hui totalement parallèles puissent se rencontrer et se nourrir l’un de l’autre. Ainsi, nous pourrons battre en brèche les préjugés qui obscurcissent la compréhension des textes. L’islamologue Michaël Privot souligne, à juste titre, les sacrifices réalisés par de nombreux musulmans au nom d’une certaine compréhension de l’islam aux coûts humains, psychologiques et sociales faramineux. Quel gâchis !