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En cette période trouble où des actes effroyables sont commis au nom de l’islam, il n’est plus possible pour les musulmans de rester muets. Le silence n’est jamais neutre, contrairement à ce que pensent de nombreux cadres associatifs. Il est un acte du langage soumis au couple signifiant/ signifié et sujet donc à de multiples interprétations. Or, dans le contexte sociétal qui est le nôtre, l’interprétation qui en est faite n’est jamais favorable aux musulmans.
Dans la mesure où il n’y a pas de prise de parole collective, ce silence aurait pu battre en brèche l’accusation de « communautarisme musulman ». Pourtant, c’est tout l’inverse qui se produit.
Il est donc salutaire que les cadres associatifs et les responsables religieux puissent se faire entendre auprès de la communauté nationale. Maintenant que la crainte d’assignation communautaire est dissipée, progressivement les voix se libèrent et condamnent fermement et sans aucun complexe l’usurpation de la religion islamique. Les femmes d’abord, puis un collectif de musulmans issus des catégories socioprofessionnelles supérieures et, enfin, la tribune des 30 imams indignés avec pour chef de file Tareq Oubrou, le recteur de la Grande Mosquée de Bordeaux.
Cette prise de parole ne s’arrêtera par là. Elle témoigne de la maturation des musulmans de France et constitue un tison d’espoir dans cette période tourmentée.

Mohammed Colin le Vendredi 25 Mai 2018


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Edito

L’arroseur arrosé !

Mohammed Colin - 28/06/2022
Dans ce numéro estival, nous abordons deux sujets d’importance qui n’ont strictement rien à voir l’un et l’autre : l’audiovisuel et le pèlerinage à La Mecque. Deux secteurs si éloignés, si différents, mais confrontés à la même problématique, celle de la transformation numérique de nos sociétés. Par le passé, la filière du pèlerinage était structurée par des intermédiaires. Dans l’organisation du hajj, les voyagistes captaient jusque-là la valeur, non sans défaillances pour certains sur la qualité et les engagements dus aux pèlerins. Saphirnews.com fut dès 2004 le premier site d’information à alerter sur ces dysfonctionnements. Des organisations se sont alors créées, œuvrant à éduquer les pèlerins sur leurs droits et les voyagistes sur leurs devoirs. Depuis peu, l’Arabie Saoudite a lancé sa plateforme numérique pour se lier directement aux pèlerins, suscitant de terribles inquiétudes chez les voyagistes, exclus de fait de la chaine de valeur. Ils n’ont pas manqué de se plaindre au nom des intérêts du pèlerin. Le plus comique, c’est que les griefs formulés sont les mêmes que ceux exprimés par les pèlerins à leur encontre en 2004. Dans le milieu du cinéma, le schéma est identique. Les plateformes de streaming, devenus aussi producteurs, ont accès directement au public et sont en mesure de se passer des exploitants de cinéma. Maintenant en position de faiblesse, ces derniers larmoient à leur tour sur le danger de la suprématie des « affreuses » plateformes avec, pour risque principal selon eux, de porter atteinte à la diversité du cinéma alors qu’eux-mêmes bloquaient la production de certains films pour éviter les publics ne consommant ni sodas ni pop-corn, dixit « les têtes à capuche ». Les séries type Lupin de Netflix et Oussekine de Disney+ nous démontrent l’inverse. Ceux qui ont largement profité des situations de rente auraient pu investir en créant des écosystèmes vertueux. Finalement, dans le business comme dans la foi, il y a divers degrés d’élévation. Il faut croire que celui qui domine chez les intermédiaires, c’est celui de la « foi du commerçant ». L’étage le plus bas.