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En cette période trouble où des actes effroyables sont commis au nom de l’islam, il n’est plus possible pour les musulmans de rester muets. Le silence n’est jamais neutre, contrairement à ce que pensent de nombreux cadres associatifs. Il est un acte du langage soumis au couple signifiant/ signifié et sujet donc à de multiples interprétations. Or, dans le contexte sociétal qui est le nôtre, l’interprétation qui en est faite n’est jamais favorable aux musulmans.
Dans la mesure où il n’y a pas de prise de parole collective, ce silence aurait pu battre en brèche l’accusation de « communautarisme musulman ». Pourtant, c’est tout l’inverse qui se produit.
Il est donc salutaire que les cadres associatifs et les responsables religieux puissent se faire entendre auprès de la communauté nationale. Maintenant que la crainte d’assignation communautaire est dissipée, progressivement les voix se libèrent et condamnent fermement et sans aucun complexe l’usurpation de la religion islamique. Les femmes d’abord, puis un collectif de musulmans issus des catégories socioprofessionnelles supérieures et, enfin, la tribune des 30 imams indignés avec pour chef de file Tareq Oubrou, le recteur de la Grande Mosquée de Bordeaux.
Cette prise de parole ne s’arrêtera par là. Elle témoigne de la maturation des musulmans de France et constitue un tison d’espoir dans cette période tourmentée.

Mohammed Colin le Vendredi 25 Mai 2018


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Mohammed Colin - 16/09/2019
SMS, notifications diverses et variées de Snapchat, Instagram, WhatsApp, capsules vidéo sur Facebook... Plus que jamais, nous sommes quotidiennement submergés de vérités toutes faites. Des messages souvent courts mais chargés en émotion, qui ont pour but de capter notre attention. Ces sollicitations, qui se renouvellent à une vitesse affolante, peuvent avoir des conséquences redoutables sur la consommation de l’information. Les esprits les moins structurés sont davantage perméables aux infox et aux manipulations en tous genres. Dans ce contexte, se méfier des fausses évidences en matière religieuse est une attitude indispensable pour se prémunir contre l’embrigadement de la pensée. C’est l’objectif assigné au nouveau programme « La Casa del Hikma », produit par et diffusé sur Saphirnews.com. Il faut restituer la complexité aux discours afférents au religieux. Mais surtout, il faut accompagner l’effort théologique par une pédagogie qui puisse toucher les masses, créer l’interface entre les intellectuels de l’islam et les jeunes musulmans en quête de sens. Car il est nécessaire que ces deux mondes aujourd’hui totalement parallèles puissent se rencontrer et se nourrir l’un de l’autre. Ainsi, nous pourrons battre en brèche les préjugés qui obscurcissent la compréhension des textes. L’islamologue Michaël Privot souligne, à juste titre, les sacrifices réalisés par de nombreux musulmans au nom d’une certaine compréhension de l’islam aux coûts humains, psychologiques et sociales faramineux. Quel gâchis !