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Les illusions identitaires




Sans voix nous étions lorsque nous apprîmes l’effroyable massacre d’Oslo. 76 vies ont été enlevées sous le coup de la folie. Une folie meurtrière qui se nourrissait de la haine des musulmans.

Il faut dire que nous étions très inquiets sur l’identité du coupable lors des premières minutes qui ont suivi l’annonce du drame. D’autant qu’on se laissait surprendre à penser « pourvu que ce ne soit pas un musulman ! ». Comme si tous les attentats qui éclatent sur cette terre étaient forcément commis par un individu ayant de près ou de loin un lien avec l’islam.

C’est du moins ce que nous laissent entendre les récits médiatiques depuis ces 20 dernières années. Terrible erreur ! Ainsi, comme le relève le dernier rapport d’Europol, les attentats dits islamistes représentaient 3 % des attentats commis en Europe l’an passé. C’est évidemment trop. Et il reste toujours important que les musulmans, par le biais de leurs leaders, affirment haut et fort leur condamnation de tels actes, parce que l’amalgame est malheureusement trop facile. De fait, la majeure partie des attentats en Europe est, nous apprend le rapport, perpétrée par des séparatistes de type ETA ou des anarchistes.

Cette fois-ci, le tueur présumé nous est présenté comme un fondamentaliste chrétien. Cela change… Musulmans, chrétiens, basques…, lorsque les identités sont malmenées, et du coup exacerbées, elles deviennent facilement meurtrières… Ce drame vient nous le rappeler.

Enfin, nous nous réjouissons de vous revoir avec cette édition spéciale Ramadan. Le mois du jeûne est une véritable école de la patience, de l’empathie et de la solidarité. Des valeurs nobles que nous sommes heureux de promouvoir depuis bientôt 3 ans. Excellent Ramadan !

Mohammed Colin le Vendredi 5 Août 2011


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Edito

Une drôle de campagne

Mohammed Colin - 24/03/2022
On se souvient de la mise en garde d’Emmanuel Macron adressée en 2017 à Vladimir Poutine contre les actions russes de déstabilisation des élections françaises. Seulement 15 jours après son entrée en fonction à l’Élysée, Macron avait invité le président russe au château de Versailles sous le prétexte d’une exposition consacrée à Pierre le Grand afin d’amorcer une forme de détente tout en y abordant les sujets qui fâchent dont l’ingérence russe, la Syrie et l’Ukraine. Cinq ans plus tard, c’est encore la Russie qui vient semer la zizanie dans la campagne présidentielle, non pas cette fois-ci, sauf révélation ultérieure, par des « organes d’influence » et des cyberattaques mais par la guerre sur un Vieux continent marqué par les affres de deux guerres mondiales. Mais avant que la guerre en Ukraine ne vienne « percuter notre vie démocratique et la campagne électorale » selon les mots du chef de l’État, on voyait bien que depuis des mois, dans le contexte de crise sanitaire, la campagne était embourbée. De nombreux sondages montrent le désintérêt des Français. La présidentielle arrive seulement en 5e position des sujets abordés par les Français avec leurs proches, à domicile ou au travail ; une chute de 26 points par rapport à 2017 où l’on se remémore très bien les grands thèmes débattus comme la moralisation de la vie politique, le pouvoir d’achat, le Frexit. Là, rien ne semble imprimer dans l’opinion publique, pas même les propositions d’Eric Zemmour. Il aura peut-être fallu la guerre et son cortège de folies pour réveiller les Français et la vieille Europe. Ce qui est sûr, c’est que le prochain président français devra avoir le cuir suffisamment épais pour faire face aux brutalités croissantes de cette nouvelle époque.