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De Maurice Béjart à Diam’s, en passant par Éva de Vitray-Meyerovitch, Cat Stevens, Olivier Saint-Jean (1er basketteur français à être drafté en NBA), sans oublier René Guénon et tant d’autres célébrités mais aussi des anonymes, les chemins menant à l’islam sont multiples. Si le ticket pour embarquer est très facile à se procurer – quelques mots à prononcer suffisent pour attester de sa foi musulmane –, le voyage, lui, est très complexe, parfois même périlleux. Car la voie est jonchée d’épreuves aussi bien sociales qu’intimes, qui transforment ces êtres à jamais.
 
Longtemps ces convertis à l’islam étaient des intellectuels. Les petites gens ont suivi. Il y a chez eux moins de réserve, peut-être plus de spontanéité, et même de décisions, disons-le, impulsives. Il y a aussi beaucoup de sincérité, même s’il y a toujours la phase de vouloir « être plus musulman que les musulmans »... Néanmoins, il reste difficile de dresser un portait des convertis tant les visages sont pluriels. Et ce n’est surtout pas le portrait morbide que certaines émissions télévisées tentent depuis quelques mois de nous imposer.
 
Comparé aux autres religions, l’islam de France est pour le moment un islam indigent du point de vue tant matériel qu’éducatif. L’accueil des convertis est plein de bonnes intentions avec une volonté forte de bien les intégrer. Hélas, ce n’est pas suffisant. Tant les difficultés auxquelles sont confrontés les convertis peuvent parfois être nombreuses. C’est pourquoi les espaces de parole, les oeuvres de témoignages de 10, 20, 30 années, voire de toute une vie de cheminement, sont absolument nécessaires. Les références sont encore rares. Mais la prise de conscience est bien là. 
 

Mohammed Colin le Jeudi 6 Décembre 2012


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L’arroseur arrosé !

Mohammed Colin - 28/06/2022
Dans ce numéro estival, nous abordons deux sujets d’importance qui n’ont strictement rien à voir l’un et l’autre : l’audiovisuel et le pèlerinage à La Mecque. Deux secteurs si éloignés, si différents, mais confrontés à la même problématique, celle de la transformation numérique de nos sociétés. Par le passé, la filière du pèlerinage était structurée par des intermédiaires. Dans l’organisation du hajj, les voyagistes captaient jusque-là la valeur, non sans défaillances pour certains sur la qualité et les engagements dus aux pèlerins. Saphirnews.com fut dès 2004 le premier site d’information à alerter sur ces dysfonctionnements. Des organisations se sont alors créées, œuvrant à éduquer les pèlerins sur leurs droits et les voyagistes sur leurs devoirs. Depuis peu, l’Arabie Saoudite a lancé sa plateforme numérique pour se lier directement aux pèlerins, suscitant de terribles inquiétudes chez les voyagistes, exclus de fait de la chaine de valeur. Ils n’ont pas manqué de se plaindre au nom des intérêts du pèlerin. Le plus comique, c’est que les griefs formulés sont les mêmes que ceux exprimés par les pèlerins à leur encontre en 2004. Dans le milieu du cinéma, le schéma est identique. Les plateformes de streaming, devenus aussi producteurs, ont accès directement au public et sont en mesure de se passer des exploitants de cinéma. Maintenant en position de faiblesse, ces derniers larmoient à leur tour sur le danger de la suprématie des « affreuses » plateformes avec, pour risque principal selon eux, de porter atteinte à la diversité du cinéma alors qu’eux-mêmes bloquaient la production de certains films pour éviter les publics ne consommant ni sodas ni pop-corn, dixit « les têtes à capuche ». Les séries type Lupin de Netflix et Oussekine de Disney+ nous démontrent l’inverse. Ceux qui ont largement profité des situations de rente auraient pu investir en créant des écosystèmes vertueux. Finalement, dans le business comme dans la foi, il y a divers degrés d’élévation. Il faut croire que celui qui domine chez les intermédiaires, c’est celui de la « foi du commerçant ». L’étage le plus bas.