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Le maire de Londres




Le maire de Londres

Londres a un nouveau maire. Et il n’a échappé à personne qu’il est musulman tant les médias français et internationaux n’ont cessé de le marteler. Le premier maire musulman d’une grande capitale occidentale, pratiquant sa religion et ne buvant pas d’alcool, avons-nous pu lire ici et là…

La plupart des musulmans de France en ont tiré une certaine fierté, car cette surexposition du qualificatif « musulman » fut associée à un évènement positif, d’autant que ces occasions sont, hélas, bien rares ces derniers temps.

Certains, en revanche, sont restés circonspects quand d’autres ont ouvertement manifesté leur désapprobation en jetant en pâture l’identité

religieuse de ce nouveau maire. Pour eux, c’est suspect ! Une démarche hostile de médias et de politiques visant à faire abstraction du programme et des qualités personnelles de Sadiq Khan. Quoi que l’on fasse, sera-t-on toujours perçu comme musulman et non comme un citoyen à part entière ?

En somme, tout l’inverse de la démarche initiée par Sadiq Khan, maire de tous les Lon doniens, quelles que soient leurs convictions politiques, religieuses, philosophiques ou leurs orientations sexuelles. Sa pratique religieuse, par exemple, ne l’a pas empêché de s’engager en faveur du mariage gay. La liberté individuelle doit être défendue auprès de tous les groupes sociaux. Pas uniquement pour le compte des femmes voilées. Un tel homme, en France, serait vilipendé par une bonne partie des musulmans militant contre l’islamophobie tant ils sont arc-boutés sur des représentations sociales stéréotypées. Il est rageant de voir que ce nouveau maire de Londres révèle en négatif le retard et l’immaturité politique de bon nombre d’acteurs musulmans de France. Excellent mois de Ramadan.


Mohammed Colin le Mardi 7 Juin 2016


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Edito

Une drôle de campagne

Mohammed Colin - 24/03/2022
On se souvient de la mise en garde d’Emmanuel Macron adressée en 2017 à Vladimir Poutine contre les actions russes de déstabilisation des élections françaises. Seulement 15 jours après son entrée en fonction à l’Élysée, Macron avait invité le président russe au château de Versailles sous le prétexte d’une exposition consacrée à Pierre le Grand afin d’amorcer une forme de détente tout en y abordant les sujets qui fâchent dont l’ingérence russe, la Syrie et l’Ukraine. Cinq ans plus tard, c’est encore la Russie qui vient semer la zizanie dans la campagne présidentielle, non pas cette fois-ci, sauf révélation ultérieure, par des « organes d’influence » et des cyberattaques mais par la guerre sur un Vieux continent marqué par les affres de deux guerres mondiales. Mais avant que la guerre en Ukraine ne vienne « percuter notre vie démocratique et la campagne électorale » selon les mots du chef de l’État, on voyait bien que depuis des mois, dans le contexte de crise sanitaire, la campagne était embourbée. De nombreux sondages montrent le désintérêt des Français. La présidentielle arrive seulement en 5e position des sujets abordés par les Français avec leurs proches, à domicile ou au travail ; une chute de 26 points par rapport à 2017 où l’on se remémore très bien les grands thèmes débattus comme la moralisation de la vie politique, le pouvoir d’achat, le Frexit. Là, rien ne semble imprimer dans l’opinion publique, pas même les propositions d’Eric Zemmour. Il aura peut-être fallu la guerre et son cortège de folies pour réveiller les Français et la vieille Europe. Ce qui est sûr, c’est que le prochain président français devra avoir le cuir suffisamment épais pour faire face aux brutalités croissantes de cette nouvelle époque.