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Le maire de Londres




Le maire de Londres

Londres a un nouveau maire. Et il n’a échappé à personne qu’il est musulman tant les médias français et internationaux n’ont cessé de le marteler. Le premier maire musulman d’une grande capitale occidentale, pratiquant sa religion et ne buvant pas d’alcool, avons-nous pu lire ici et là…

La plupart des musulmans de France en ont tiré une certaine fierté, car cette surexposition du qualificatif « musulman » fut associée à un évènement positif, d’autant que ces occasions sont, hélas, bien rares ces derniers temps.

Certains, en revanche, sont restés circonspects quand d’autres ont ouvertement manifesté leur désapprobation en jetant en pâture l’identité

religieuse de ce nouveau maire. Pour eux, c’est suspect ! Une démarche hostile de médias et de politiques visant à faire abstraction du programme et des qualités personnelles de Sadiq Khan. Quoi que l’on fasse, sera-t-on toujours perçu comme musulman et non comme un citoyen à part entière ?

En somme, tout l’inverse de la démarche initiée par Sadiq Khan, maire de tous les Lon doniens, quelles que soient leurs convictions politiques, religieuses, philosophiques ou leurs orientations sexuelles. Sa pratique religieuse, par exemple, ne l’a pas empêché de s’engager en faveur du mariage gay. La liberté individuelle doit être défendue auprès de tous les groupes sociaux. Pas uniquement pour le compte des femmes voilées. Un tel homme, en France, serait vilipendé par une bonne partie des musulmans militant contre l’islamophobie tant ils sont arc-boutés sur des représentations sociales stéréotypées. Il est rageant de voir que ce nouveau maire de Londres révèle en négatif le retard et l’immaturité politique de bon nombre d’acteurs musulmans de France. Excellent mois de Ramadan.


Mohammed Colin le Mardi 7 Juin 2016


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Edito

Interdépendance

Mohammed Colin - 08/07/2021
Avec le reflux de l’épidémie, le déconfinement, les départs en vacances, c’est l’après-Covid qui s’annonce ! Un vague sentiment d’après-guerre semble se propager dans l’air. On prophétise l’arrivée de nouvelles années folles. On annonce un rugissement de l’économie. On parle même depuis quelques temps de « Covida », néologisme qui associe Covid et Movida, le nom donné au mouvement culturel espagnol qui a suivi les années d’émancipation de l’après-franquisme. Toutes ces espérances démontrent que le moral est au beau fixe. Elles sont aussi le signe de la résilience face à la crise sanitaire. Et c’est tant mieux, tant que nous n’oublions pas que cette terrible épreuve n’est pas terminée et qu’il nous faut demeurer vigilants comme en témoigne la propagation des variants, mais aussi qu’il nous faut en tirer des leçons. Se recaler avec la nature semble un enseignement indispensable pour le monde d’après. Nous avons bien vu que le virus empruntait les routes de la mondialisation sans avoir besoin de passeport pour passer les frontières. Le renforcement des organisations multilatérales est aussi indispensable. La solidarité envers les pays les moins dotés financièrement est une nécessité absolue, d’autant que leurs systèmes de santé défaillants entraînent des répercussions sur les pays les plus riches. Nous sommes donc interdépendants ! Il faut bien garder cela en tête au moment où les rivalités entre les superpuissances risquent de nous entraîner dans une variante de guerre froide, cette fois entre les États-Unis et la Chine. Le monde d’après a en réalité déjà commencé et le relâchement aussi.