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La page du sarkozysme est tournée




La page du sarkozysme est tournée
Cinq ans de présidence, mais aussi dix ans de relations avec le culte musulman. Arrivé en 2002 au gouvernement Raffarin sous Jacques Chirac comme ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy aura une approche proactive sur le chantier du CFCM et sera le ministre qui aura signé l’acte de naissance de cette institution.

Son style fait de pragmatisme et de rupture avec les pratiques policées de ses prédécesseurs de la place Beauvau l’amènera à nouer des relations étroites avec l’UOIF, que certains observateurs qualifieront de « lune de miel ». Sarkozy disait ne pas craindre l’islam épicé et qu’il était normal que la République puisse dialoguer avec les néoconservateurs légalistes. Le point culminant aura été sa visite et sa prise de parole au congrès de l’UOIF de 2003. Lors des révoltes urbaines de 2005, Sarkozy ira même chercher une fatwa auprès de l’UOIF pour calmer les tensions sociales dans les quartiers. C’est la  phase où le ministre, pas encore tout à fait candidat à la présidentielle, parle de laïcité ouverte, se prononce en faveur du vote des étrangers aux municipales et reconnaît la dimension multiculturelle de la société française.

Mais, très vite, il constate que le vote communautaire reste insignifiant et que, surtout, les voix favorisant sa conquête de l’Élysée sont à prendre sur le terrain de l’extrême droite. Alors Sarkozy ne cessera d’agiter l’épouvantail musulman pour semer la peur et le sentiment d’une islamisation rampante. Le sarkozysme n’aura de cesse de diviser les fédérations musulmanes, comme il sut si bien opposer les Français entre eux. On retiendra donc du sarkozysme l’utilisation de l’islam comme instrument électoral.

Mohammed Colin le Lundi 14 Mai 2012


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Edito

Une drôle de campagne

Mohammed Colin - 24/03/2022
On se souvient de la mise en garde d’Emmanuel Macron adressée en 2017 à Vladimir Poutine contre les actions russes de déstabilisation des élections françaises. Seulement 15 jours après son entrée en fonction à l’Élysée, Macron avait invité le président russe au château de Versailles sous le prétexte d’une exposition consacrée à Pierre le Grand afin d’amorcer une forme de détente tout en y abordant les sujets qui fâchent dont l’ingérence russe, la Syrie et l’Ukraine. Cinq ans plus tard, c’est encore la Russie qui vient semer la zizanie dans la campagne présidentielle, non pas cette fois-ci, sauf révélation ultérieure, par des « organes d’influence » et des cyberattaques mais par la guerre sur un Vieux continent marqué par les affres de deux guerres mondiales. Mais avant que la guerre en Ukraine ne vienne « percuter notre vie démocratique et la campagne électorale » selon les mots du chef de l’État, on voyait bien que depuis des mois, dans le contexte de crise sanitaire, la campagne était embourbée. De nombreux sondages montrent le désintérêt des Français. La présidentielle arrive seulement en 5e position des sujets abordés par les Français avec leurs proches, à domicile ou au travail ; une chute de 26 points par rapport à 2017 où l’on se remémore très bien les grands thèmes débattus comme la moralisation de la vie politique, le pouvoir d’achat, le Frexit. Là, rien ne semble imprimer dans l’opinion publique, pas même les propositions d’Eric Zemmour. Il aura peut-être fallu la guerre et son cortège de folies pour réveiller les Français et la vieille Europe. Ce qui est sûr, c’est que le prochain président français devra avoir le cuir suffisamment épais pour faire face aux brutalités croissantes de cette nouvelle époque.