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La page du sarkozysme est tournée



La page du sarkozysme est tournée
Cinq ans de présidence, mais aussi dix ans de relations avec le culte musulman. Arrivé en 2002 au gouvernement Raffarin sous Jacques Chirac comme ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy aura une approche proactive sur le chantier du CFCM et sera le ministre qui aura signé l’acte de naissance de cette institution.

Son style fait de pragmatisme et de rupture avec les pratiques policées de ses prédécesseurs de la place Beauvau l’amènera à nouer des relations étroites avec l’UOIF, que certains observateurs qualifieront de « lune de miel ». Sarkozy disait ne pas craindre l’islam épicé et qu’il était normal que la République puisse dialoguer avec les néoconservateurs légalistes. Le point culminant aura été sa visite et sa prise de parole au congrès de l’UOIF de 2003. Lors des révoltes urbaines de 2005, Sarkozy ira même chercher une fatwa auprès de l’UOIF pour calmer les tensions sociales dans les quartiers. C’est la  phase où le ministre, pas encore tout à fait candidat à la présidentielle, parle de laïcité ouverte, se prononce en faveur du vote des étrangers aux municipales et reconnaît la dimension multiculturelle de la société française.

Mais, très vite, il constate que le vote communautaire reste insignifiant et que, surtout, les voix favorisant sa conquête de l’Élysée sont à prendre sur le terrain de l’extrême droite. Alors Sarkozy ne cessera d’agiter l’épouvantail musulman pour semer la peur et le sentiment d’une islamisation rampante. Le sarkozysme n’aura de cesse de diviser les fédérations musulmanes, comme il sut si bien opposer les Français entre eux. On retiendra donc du sarkozysme l’utilisation de l’islam comme instrument électoral.

Mohammed Colin le Lundi 14 Mai 2012


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